VÉNÉRABLE MARTHE ROBIN MYSTIQUE (1902–1981)*Jésus l’ayant placée sur sa Croix brûlante, lui dit : «Je t’appellerai ma petite crucifiée d’amour.»*

marthe1

VÉNÉRABLE MARTHE ROBIN MYSTIQUE (1902–1981)

& FONDATRICE (Foyer de Charité) 

barre rouge

Marthe Robin est née le 13 mars 1902 à Chateauneuf de Galaure dans la Drôme. Elle a été marquée de Dieu dès son enfance.

Dès sa communion privée ; elle avait dix ans ; Jésus l’a appelée à n’être qu’à Lui.

Son enfance et son adolescence ont été marquées de maladies pénibles. Elle avait dix-neuf ans lorsque la Sainte Vierge lui apparut. Peu à peu, peu à peu, elle vécut, pratiquement sans se servir de ses jambes, assises dans un fauteuil, faisant de la broderie.


En 1925, elle a écrit un acte d’offrande sans réserve à la volonté de Dieu.
C’est par Sainte Thérèse de l‘Enfant-Jésus que Marthe, très malade et presque à l’agonie, a su qu’elle avait le choix : d’aller au ciel tout de suite, ou d’accepter une mission d’expiation des péchés, mission de souffrances unies à celles du Christ pour un renouveau dans l’Église, un renouveau chrétien de la France.


LE PÈRE FINET SON

« PÈRE » SPIRITUEL, COMMENTE :

p-_finet_1954040-2-54cfc8d6

barre FLEUR-JAUNE


« Il ne manque rien, à la Passion du Christ dans l’ordre du mérite, et nul ne peut rien ajouter en ce domaine … Mais dans l’ordre de l’application de ses mérites, les membres de Son Corps mystique sont appelés à laisser faire en eux ce qu’Il a fait, le premier, Lui, la Tête.
Marthe souffre dans son corps et dans son âme pour ceux qui n’ouvrent pas leur coeur et refusent plus ou moins d’aimer, et donc de souffrir en Jésus. Aussi obtient-elle des approfondissements de vie, des conversions. C’est évidemment un mystère …

 

barre rouge

Mais vous connaissez le mot de Claudel : ―Puissante est la souffrance, quand elle est aussi volontaire que le péché.


Marthe souffre pour l’amour de ceux qui sont sans amour.
Depuis 1928, elle est paralysée, ses deux jambes repliées sous elle.
Depuis à peu près la même époque, elle ne prend plus aucune nourriture, aucun liquide. Depuis le début octobre 1930, Marthe a répondu ―oui à Jésus qui lui demandait :Veux-tu être comme moi ?

épine


Aux alentours de la fête de Sainte Thérèse le 3 octobre, le Christ lui est apparu crucifié. Et des flèches de feu partant du coeur de Jésus reproduisirent en Marthe les douleurs et des marques de la Crucifixion.

Depuis, Marthe ne dort plus, ni jour ni nuit.
Une fois par semaine, car elle entre en extase dès qu’elle a communié. Mais, comme elle ne peut plus avaler, c’est l’hostie qui, d’elle-même, quitte les mains du prêtre et est reçue par Marthe sans aucun mouvement de déglutition. »


« Marthe, après l’Armistice du 11 Novembre 1918, parlant à son curé, l’abbé Payre, tout à coup s’arrêta au milieu d’une phrase, et pendant vingt-sept mois, resta sans pouvoir presque parler, nourrie uniquement d’un peu de café et de thé. Après ces longs mois, elle reprit sa conversation avec son curé exactement là où elle l’avait laissée.
Que s’est-il passé entre Marthe et Jésus ? Certainement une très grande intimité qui lui avait fait écrire le 15 octobre 1925, en la fête de sainte Thérèse d’Avila, sa consécration de victime d’amour.

barre rouge

Dès 1926, Marthe dut s’aliter. Trois semaines durant, elle sera entre la vie et la mort, si bien que ses pauvres parents lui firent donner l’extrême-onction. Pendant ce temps, sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus lui apparut trois fois, lui disant qu’elle, Marthe, prolongerait son oeuvre dans le monde entier. Plus tard, Marthe devait me dire que ce serait par la fondation des foyers de charité dans le monde.


Au bout de trois semaines, Marthe reprit la parole. Toutefois ses parents devaient constater que ses jambes étaient complètement paralysées. Ils firent donc venir le médecin qui demanda qu‘on la fit boire. Mais Marthe n’avait plus de déglutition, l’eau ressortait par le nez, si bien que depuis cette date, elle ne put jamais ni boire, ni manger. Ses parents, voyant leur fille dans cet état, la portèrent dans un fauteuil, près de la fenêtre de la cuisine. Là, malgré ses souffrances, elle put encore tricoter et broder.


Pour la fête de la Présentation, le 2 février 1929, les deux bras de Marthe se paralysèrent à leur tour et l‘on saura par Monsieur le Curé que Marthe avait offert ses mains à Dieu. Désormais, elle ne peut plus ni écrire, ni broder. Son bras droit reste replié sur sa poitrine et le gauche le long du corps.

marthe-robin-sa-chambre


On l’étendit alors sur le divan qu’elle ne quitta plus.

À la fin du mois de septembre de la même année, Jésus lui demanda : « Veux-tu être comme moi ? » À sa réponse positive, Celui-ci lui apparut le 2 octobre suivant, lui-même en Croix. Miraculeusement, Jésus lui a étendu ses deux bras, allongé ses deux jambes ; un dard de feu jailli du Coeur de Jésus et, se divisant en deux, la frappa sur ses deux mains.

Un autre dard de feu se divisa en deux et la frappa sur ses deux pieds. Un troisième, sans se diviser, la frappa sur le côté gauche, faisant une plaie de six centimètres de longueur et assez profonde si bien que des pieds, des mains et du côté, le sang se mit à couler.


Ce n’est pas tout. Jésus lui enfonça profondément dans sa tête sa couronne d’épines, si bien qu’elle sentit même les épines contre le globe de ses yeux. De la tête, le sang s’est mis à couler et dès ce moment-là, toutes les nuits et quelquefois le jour, Marthe versait du sang par ses yeux.


Le vendredi suivant de la même semaine, Marthe commença à vivre la Passion du Seigneur. En outre, Jésus l’ayant placée sur sa Croix brûlante, lui dit : « Je t’appellerai ma petite crucifiée d’amour. »

marthe-robin-stigmata760


Quelque temps après, de nouvelles souffrances l’attendaient. Jésus lui apparut et lui dit : « C’est toi que j’ai choisie pour vivre ma Passion le plus pleinement après ma Mère. En outre, personne après toi ne la vivra aussi totalement et pour que tu souffres jour et nuit, tu ne dormiras pas, jamais plus. »


À ce niveau du récit, le Père Finet rappela que Marthe communiait une fois par semaine, mais que la douleur l‘empêchait de le faire plus souvent les autres jours. Et il ajouta encore, confirmant cette capacité de souffrir toujours davantage par amour …


« En 1940, en pleine guerre, Marthe offrit ses yeux pour le salut du monde et le Seigneur accepta. Ne pouvant pas écrire elle-même, elle dictait des prières ; entre autres à deux de ses amies. Jusqu’en 1942 elle fit ainsi, mais à ce moment-là, elle n’exprimait plus ses prières tout hautes mais elle les prononçait tout bas. »


SPIRITUALITÉ

jesus-passion

barre orange


« Si on me demandait : Que vaut-il mieux faire, l’oraison ou la communion ?Je répondrais l’oraison. Il est difficile de bien prier et de prier sans cesse si le coeur ne se remplit pas de bonnes pensées, fruits de la méditation. Il en coûte plus pour faire oraison que pour communier. L’oraison de chaque jour ne veut pas dire qu’on soit vertueux ; elle est une preuve qu’on travaille à le devenir… Elle est nécessaire pour ne pas demeurer ou devenir les pieuses nullités dont se rient les démons.


Si le monde désaxé court à la dérive, c’est en grande partie parce qu’il y a trop de mouvements, pas assez de prière, trop d’action et pas assez d’adoration, trop découvres et pas assez de vie intérieure. Toutes les oeuvres extérieures, toutes les activités ne sont efficaces que dans la mesure où Dieu en est l’animateur. Une âme ne donne que du trop-plein d’elle-même. »


« Pour vivre avec Dieu, il faut vivre au-dedans de soi, ce qui ne signifie pas vivre pour soi, renfermé, rétréci. Non. L’union à Dieu, au contraire, agrandit le coeur et dilate l’esprit. La divinisation de notre vie s’obtient en approfondissant, et non pas en s’éparpillant. Les heures ne sont sanctifiées que si nous gardons le sentiment de la présence réelle de Dieu. »


« Toute perfection est dans l‘amour, toute sainteté est dans l’humilité !

Ma vie, ou plutôt mon âme est pleine des mystères, des ravissantes merveilles de l’Amour Divin ! Tout me parle d’Infini. Ma vie est une prière, un doux rosaire d’amour et si les mystères douloureux sont les mystères de tous les jours, elle n’est pas moins divinement embaumée des mystères joyeux et glorieux.

Souffrir comme Jésus, en Jésus, pour Jésus, me consumer d’amour pour sa Gloire, c’est tout mon bonheur et ma joie de vivre, c’est aussi ma plus grande gloire ! J’ai dit gloire, parce que toute ma gloire est dans la Croix de Jésus. »


« Suivre Jésus en portant sa croix, ce n’est pas mettre des boulets à ses pieds, mais des ailes à son coeur, du ciel dans sa vie. »

« Ne nous créons pas nos souffrances, mais quand elles se présentent, comme Jésus, comme Marie, portons-les vaillamment. La souffrance prend la valeur que lui donne celui qui la porte.

 marthe-robin02-2cd2f98

De grâce, ne souffrons pas pour rien, c’est trop triste…
Ah ! si l’on savait ce que l’Esprit met de gaieté et de paix dans une âme qui s’abandonne à Dieu, et tout ce qu’Il supprime d’inutiles souffrances, on s’agenouillerait de bonheur, d’admiration, de reconnaissance. »


« Jésus nous apprend à voir plus haut, plus loin, avec plus d’amour surtout, ce que le langage humain appelle douleur et souffrance. La souffrance est en nous comme une semence divine, comme le grain de froment qui doit mourir avant de germer. Elle est la base nécessaire à une oeuvre plus pleine. »


« On apprend à aimer et on n’aime vraiment que dans la souffrance et par la souffrance, car la souffrance vraie s’édifie non dans les délices humaines de la vie présente, mais dans le dépouillement et le renoncement de soi et sur la croix. »
« C’est alors que mon père spirituel, qui va me donner Jésus, s’avance tout près de mon lit, me laissant contempler l’adorable hostie; quand il dépose sur ma bouche le divin pain des Anges, je ne sais plus ce qui se produit en moi. Il me semble que Jésus me reçoit amoureusement dans ses bras, que je m’anéantis et me fonds sur son Coeur de feu, en un ravissement et un bonheur suprême » (18 août 1930).


« Je ne vis pas de rien, je vis de Jésus. Ma nourriture, c’est de faire la volonté de mon Père. » « Il m’a rassasiée, quand j’avais faim, de choses si bonnes, si belles qu’elles dépassent toute description. »

barre orange


« Ô Père tendre et bon ! Ô Dieu unique et parfait ! Que ferez-vous de moi cette année ? Où me mènera votre Amour ? Quel délai m’imposerez-vous ? Que me demanderez-vous ? Quels imprévus demanderez-vous encore à votre pauvre petite servante, à votre pauvre petite victime ?
Je l’ignore… et ne cherche pas à savoir.
Fiat, ô mon Jésus, mon Dieu; fiat et toujours fiat, dans l’amour et le renoncement de tout.
Ô Seigneur, de moi, de tous et par tous, soyez glorifié et béni, maintenant et toujours. Amen. Magnificat anima mea Dominum ! »


« La belle mission de Marie est d’amener à Jésus tous ceux qui vont à elle. Faisons-nous bien petits dans les bras de notre mère aimée. Plaçons-nous tout près d’elle, elle nous apprendra notre devoir, elle nous dira que notre devoir et tout notre devoir de chrétien – est de ressembler à Jésus, et qu’il n’y a toujours en tout temps, en tout lieu, qu’une manière de lui ressembler : se renoncer soi-même, prendre sa croix et le suivre.
Mais elle nous dira aussi ce qu’elle sait par expérience : avec Jésus, se renoncer, prendre sa croix et le suivre en la portant, ce n’est pas mettre des boulets à ses pieds mais des ailes à son coeur, de la joie, du bonheur, du ciel dans sa vie


C’est monter, c’est se rapprocher de Dieu, pas à pas. Elle nous dira que la Croix se fait de jour en jour plus légère, plus aimée, quand on la porte en se sanctifiant. »
« Si la jeune fille savait se blottir auprès d’elle pour abriter sa pureté, le coupable se jeter dans ses bras pour chercher un refuge et échapper aux châtiments, si le malade lui apportait ses plaies à panser, l’enfant son innocence à protéger, l’indigent sa misère à secourir, l’affligé ses douleurs à consoler, le vieillard et l’orphelin leurs coeurs à réchauffer, leurs larmes à sécher, la vie serait moins triste parce que plus profondément chrétienne. »

MARIE Child Jesus & Virgin Mary

barre orange


« Essayons donc de nous faire petits, tout petits, auprès de Marie notre mère ; quand on souffre, quand on pleure, quand on est seul et bien triste, ce n’est vraiment pas difficile de se faire tout petit, on a tant besoin de secours, on a tant besoin de sentir une maman auprès de soi. Et qui donc ne souffre pas ? Qui donc ne pleure pas ? Qui donc ne tremble pas quelquefois sur la terre ?… Qui donc n’a pas besoin de se faire consoler, de se faire pardonner, de se faire aimer, de se faire guérir ? »

 « Allons donc à Marie puisqu’elle est notre mère, la nôtre à chacun ! Allons à elle puisqu’elle est l’universelle médiatrice entre Dieu et nous.

Ah ! Si nous savions nous faire bien petits ! Si nous savions tourner nos regards et nos coeurs vers celle qui nous aime tant.


Que de belles vertus, que de bons conseils cette humble Vierge, cette tendre mère, cette noble reine nous apprendrait sur les avantages de l’humilité, les exigences de la charité, la sagesse de l’obéissance, les douceurs de l’abandon à Dieu, les joies de la confiance. »


« Elle est mère, et comme mère, elle est d’autant plus empressée à voler au secours de son enfant, qu’il implore son aide avec plus de confiance et plus d’amour. »


« Suivons Jésus et suivons-le avec Marie, son incomparable mère ; attachons nos regards, non uniquement sur sa divinité, mais sur son humanité sainte, sur son humanité souffrante… Jésus, le modèle parfait, le modèle complet, le modèle de tous… »
« La maternité divine a revêtu la Sainte Vierge d’une grandeur qui ne peut avoir d’égal ni sur la terre, ni dans le ciel. Elle la place au-dessus de tout ce qui n’est pas Dieu. Elle lui donne, par participation, la puissance que Dieu a par nature, et on peut dire d’elle qu’il ne se passe rien au ciel et sur la terre sans qu’elle n’intervienne.


La maternité divine a donné à la Sainte Vierge, dans ses rapports avec nous, la tendresse bienfaisante d’une mère, l’autorité incomparable d’une reine.

 marie-nd-du-st-esprit

Marie, mère de Dieu, Marie, reine d’amour, participe à la médiation du Christ et à toutes les grâces que le Christ nous a acquises. Elle a mérité d’en devenir la distributrice. C’est elle qui distribue tous les dons, toutes les vertus, toutes les grâces à qui elle veut, quand elle veut, de la manière et dans la mesure qu’elle veut. »


MARIE, MÉDIATRICE UNIVERSELLE


« Dans l’éternité où elle règne maintenant, bienheureuse et glorieuse au centre même de la Trinité, la très sainte Vierge Marie vit et jouit ineffablement de la parfaite plénitude de son grand mystère d’amour.


L’humble ―servante du Très-Haut‖ est devenue la Reine bénie dans le Ciel, la Reine aimée sur la terre et dans l’univers tout entier !… Toutes les créatures sont à ses pieds ! Au-dessus d’elle, elle n’a que Dieu seul !… Tout ce qui obéit à la très sainte Trinité obéit à Marie!… Dans l’ordre surnaturel de la grâce et de la gloire, nul n’échappe à sa souveraine action et à son influence maternelle !… Elle est la toute puissante et aucun membre du Christ ne peut prononcer sans elle, le doux nom de Jésus.


Sans elle, personne ne peut glorifier ni dignement louer, chanter et goûter les splendeurs augustes de la très sainte et bêtifiante Trinité. Personne, hors de Marie, ne peut accéder à l’unité d’amour des trois personnes divines ! Tous les justes de l’Ancien et du Nouveau Testament lui doivent leur pardon et la vie divine qu’ils reçoivent du Christ à chaque instant ! …


Telle est la volonté souveraine de Dieu : toute grâce, tout amour, toute vie divine qui descend dans une âme est une maternelle visite de Marie ! »
« Donation totale, des pieds à la tête, avec tout ce que nous sommes et possédons, dans l’abandon total de la confiance en Marie.

marie bleu


Marie est exigeante, elle nous conduit par des chemins mystérieux, le chemin accidenté de la croix. Il faut dire oui personnellement aux appels de Marie, sur le plan personnel et mieux sur le plan de la famille.
Redonnons-nous personnellement, collectivement, sans crainte de l’avenir.
Laissons-nous guider par elle, suivons–la sans retard, sans regarder à droite et à gauche. Dans la mesure où nous disons oui, elle dira oui à tout ce que nous lui demanderons.


Renouveler cette donation, c’est se donner comme Marie elle-même s’est donnée, sans retard, sans réserve, sans retour et sans cesse. Marie fut donnée tout entière avec tout ce qu’elle avait d’être, de vie, de volonté.
Sans retour, Marie ne s’est jamais reprise, n’a jamais regardé en arrière ; sans cesse à tout instant, elle répondait de nouveau oui à Dieu qui lui envoyait toujours plus de lumière, d’amour, de force, exprimant des volontés toujours plus exigeantes. »


Ainsi nous pouvons comprendre, ajoutait Marthe, comment Marie est immaculée dans sa Conception et dans sa maternité divine.

marie magnificat

« Sa grâce de Vierge est de virginiser les âmes et de les rendre comme elle, immaculées dans l’amour. Son influence virginale, comme son privilège de mère, opère en elles des miracles de pureté, d’humilité, de chasteté, d’amour.
Tous ceux qui l’aiment reçoivent d’elle le privilège sublime de communier à sa vie divine et immaculée, elles se sentent pacifiées dans l’intimité de leur être et par le contact de sa pureté transfusive.


Elle les emporte avec elle dans une paix toute d’amour, dans les profondeurs même de Dieu, dans les splendeurs ineffables de la Trinité, loin des fluctuations et des troubles des sens ; elle les garde vierges et immaculés dans l’amour et rend aux âmes tombées qui se livrent et se consacrent à elle, une virginité nouvelle.


Alors, si vraiment Marie est cette médiatrice de toutes les grâces, allons donc à elle, et sachons nous tourner vers celles que Marie vient aider et sauver, c’est-à-dire tout être dans le monde. »


« En effet, ce n’est pas spécialement, dit encore Marthe, quelques âmes que Marie protège; elle vient au secours de tous les humains. La Sainte Vierge a tout pouvoir sur le Coeur de Dieu. C’est donc toute sa famille humaine qu’elle protège, qu’elle console, qu’elle guérit, qu’elle encourage, qu’elle éclaire, qu’elle soutient, qu’elle veut sauver. Mère de miséricorde, elle imite le Père de toute miséricorde et nous aide, même sans être priée. »



UN TÉMOIGNAGE :

 marthe-robin-stigmata760

« Nuit et jour, Marthe souffre. Même en dehors de ses extases douloureuses, elle est perpétuellement sur la Croix, sur une Croix en fil de fer, comme en équilibre, de sorte que le plus petit déplacement ou le plus petit heurt à son lit est une souffrance. Elle sent aussi matériellement comme une couronne d’épines.

Elle souffre pour toutes sortes d’intentions que lui présentent chaque jour les visiteurs qu’elle reçoit, les lettres qui lui sont envoyées. Mais elle souffre tout particulièrement pour les péchés du monde, le salut de la France et pour la sanctification des prêtres, l’une de ses préoccupations essentielles.

Elle a sans cesse présente à l’esprit et au coeur l’instauration du Christ dans l’univers et pour y arriver, elle compte sur ce qu’elle appelle, le ―grand miracle d’amour, l’intercession de Marie médiatrice, et l’action dans le monde des foyers de charité.


Et c’est parce qu’elle souffre ainsi que déjà sa souffrance est rédemptrice et salvatrice. On le voit bien au nombre des conversions opérées dans les retraites prêchées à Chateauneuf. Ce qui est vécu le plus chez Marthe, c’est l’acceptation absolue de la Volonté totale de Dieu, même lorsque cette volonté exige encore de nouveaux sacrifices. Après l’hésitation bien légitime et l’humble aveu qu’elle ne peut plus, Marthe sait dire – et de quel coeur – le «  oui  » total et filial. »



LE TÉMOIGNAGE DU PÈRE FINET SUR

LE RETOUR AU PÈRE DE MARTHE :

marthe-robin-visuel-xl-temoignage

« Le 1er novembre 1980, le démon lui brisa la colonne vertébrale si bien qu’elle souffrait terriblement et ne pouvait plus bouger, ce qui n’empêchait pas le démon de la secouer dans tous les sens. En plus, il lui faisait taper sa tête couronnée d’épines contre le meuble derrière son divan, souffrance terrible. On voit encore sur ce meuble les quelques marques d’épines. En outre, quand le démon faisait cela plusieurs fois, moi-même ou Mgr Pic avons essayé de la retenir sous les deux bras mais elle s’échappait, et d’autres fois, j’arrivais difficilement à la retenir.


Pendant qu’elle connaissait ainsi cette souffrance, me voici arrivé au 3 février 1981, et cette fois le démon a tapé la tête de Marthe sur le plancher. La Vierge Marie a tout remis en place et Marthe m’a demandé de mettre deux coussins pour que sa tête ne tapât pas sur le bois. Marthe ne pouvait à peu près plus parler, le démon lui ayant dit depuis le mois de novembre passé : ―Je t’aurai jusqu’au bout.


J’ai pu lui donner la communion comme chaque mercredi soir et dès le jeudi matin, je l’ai sortie de l’extase sans même qu’elle puisse me parler. Lorsque je la quittai le jeudi soir après avoir prié auprès d’elle, j’étais très inquiet à cause des menaces du démon.

Et quand je suis revenu dans l’après-midi du vendredi, comme je le faisais chaque fois, j’ai trouvé Marthe jetée hors de son lit, sur le plancher, sa tête et son corps recouvert de sa chemise étaient étendus sur le sol. J’ai appelé Henriette pour m’aider à la remettre sur son divan, ses deux bras étaient glacés.

Là, j’ai cru entendre une parole intérieure : Il m’a tuée.

marie-jesus-pleure


Oh ! Me suis-je dit, le démon l’a tuée, la Sainte Vierge va nous la rendre. Nous l’avons replacée sur son divan, son corps était raide, sa bouche restait ouverte sans que nous puissions la fermer.

coeurs2

Nous l’avons couverte de plusieurs couvertures pour la réchauffer et pendant deux heures de suite, j’ai prié la Sainte Vierge pour qu’elle nous la rende et comme rien ne changeait, j’ai pris un miroir et je l’ai placé devant sa bouche : elle ne respirait plus…


 Source : http://www.rosamystica.fr/les-grandes-mystiques-de-l-eglise-catholique-c27756580

 

Publié dans Marthe Robin Mystique (1902--1981) | Tagué ,

Le 18 Septembre nous Fêtons SAINT JOSEPH DE CUPERTINO-(1603-1663) *Sa Vie…Son Parcours..Sa Grande Humilité*

 

saintjoseph_cupertino

Cet humble saint est le plus étonnant qui soit !

papillon_fleurs

 

La vie de saint Joseph de Cupertino* est très certainement l’une des plus extraordinaires, et même des plus déroutantes, que l’on rencontre dans les annales de la sainteté.

 

En effet, saint Joseph de Cupertino ne cessait de léviter. Il flottait dans les airs! Tout le monde en parlait en Italie, si bien que le pape Urbain VIII, un brillant intellectuel, ami de Galilée qu’il fut tenu de condamner à la réclusion, décide d’en avoir le coeur net. Il le fait venir au Vatican, et au moment où le frère Joseph de Cupertino s’incline devant le pape, sa foi au Vicaire de Jésus-Christ le fait entrer en extase. Il est aussitôt soulevé dans les airs en un ravissement qui dure jusqu’à ce que son supérieur décide de le rappeler à la vie réelle. Complètement étonné, le pape déclare devant tout le monde que «si le frère Joseph mourait sous son pontificat, il voudrait témoigner du prodige dont il vient d’être témoin».

Ceci n’est pas du tout une histoire à dormir debout. C’est un fait authentique et la vie de saint Joseph de Cupertino en est remplie. J’ose donc affronter aujourd’hui les lecteurs du Nic en me permettant de prêter foi à ce que je vais vous raconter. J’ai eu recours à de nombreuses sources qui presque toutes concordent. Elles concordent surtout en rappelant que ce qui fait la sainteté de cet homme, c’est son humilité, son esprit de prière, sa foi ardente et sa grande charité.

papillon_fleurs

Voilà des garanties d’authenticité du caractère divin des phénomènes.

 

Dans un numéro de la sérieuse revue «La Vie intellectuelle», on a analysé le problème de la lévitation pour conclure que les médiums ou les magiciens, on le sait, ont développé des méthodes étonnantes pour faire croire aux foules que la lévitation est pour ainsi dire naturelle. Or «chez le mystique le phénomène est en général plus franc, la perte de la pesanteur plus nettement caractérisée, la durée du phénomène plus longue.

Le saint s’élève dans les airs, en pleine lumière, n’importe où, spontanément; la maladie ne lui est pas un obstacle. Le médium, au contraire, a besoin d’un local spécialement aménagé: il n’opère que dans l’obscurité ou la pénombre d’un éclairage spécial; il doit être mis au préalable dans un état de transe artificiellement obtenu dans bien des cas».

 

Dans le cas de saint Joseph de Cupertino, on sait fort bien, les documents ont été conservés et classés, certaines de ses cent et quelques lévitations enregistrées au procès de canonisation, ont eu pour témoins non seulement le pape Urbain VIII, mais aussi la princesse Marie de Savoie, le cardinal Facchinetti, et biens d’autres personnalités comme Jean-Frédéric de Brunswick. J’ajoute que son cas n’est pas exceptionnel. Sainte Thérèse d’Avila* est un autre cas convaincant. Et aussi saint Alphonse de Liguori*, avocat, évêque et fondateur des Rédemptoristes, sainte Catherine de Sienne*, docteur de l’Église, saint Joseph-Benoît Cottolengo, dont la charité immense rappelle saint Vincent de Paul*. Il est mort à Turin en 1842.

st-joseph-de-cupertino

Doit-on croire à ce que l’on nous rapporte? Ce n’est évidemment pas obligatoire. Il n’y a pas là de dogme de foi. Mais ces faits, s’ils ne sont pas vraiment vrais, ce dont je doute dans le cas de Joseph de Cupertino en particulier, doivent attirer tout de même notre attention sur les qualités et les vertus propres à ces saints.

 

Son nom de Cupertino vient de l’endroit où il est né. C’est une petite ville des Pouilles, à quelques deux cents kilomètres au sud de San Giovanni Rotondo où vivra au XXe siècle cet autre saint étonnant qu’est Padre Pio*. Son nom véritable est Giuseppe Desa.

 

Il est né le 17 juin 1603, dans une étable où sa mère s’était réfugiée. La police la poursuivait pour quelques dettes que son mari, menuisier, avait contractées. Baptisé à l’église Notre Dame-des-Neiges de Cupertino, il a une enfance profondément religieuse.

Il s’émerveille de tout son cœur en chantant certains cantiques. Giuseppe Desa devient rapidement un enfant qui s’extasie facilement et qui semble d’autre part un peu gauche, un peu niais, au point d’être refusé à dix-sept ans chez les franciscains conventuels et chez les capucins. On a même cru qu’il était un peu insensé. Un nigaud, quoi! Sa mère réussit tout de même à convaincre son beau-frère, franciscain conventuel, d’accueillir Giuseppe comme simple oblat.

papillon_fleurs

Il entre bientôt au service de l’écurie des moines, chargé spécialement du pansement de la mule. Tous remarquent son humilité, son obéissance, ses mortifications. Il s’appelait lui-même «Frère Âne». Il va nu-pieds demander l’aumône pour le couvent. Toujours gai, riant de bon cœur, la droiture de son jugement et la finesse de son esprit étonnent ses confrères. Son oncle obtient enfin qu’on lui donne l’habit religieux sous le nom de frère Giuseppe, ou Joseph en français.

 

Quelques années plus tard, on décide de le faire ordonner. Par un ensemble de circonstances pour le moins étonnantes, il réussit à passer ses examens. «Le 3 janvier 1627, l’évêque de Nardo interroge Joseph. Il ouvre l’Évangile et demande au candidat d’expliquer le verset: «Bienheureux le sein qui vous a porté!». Pour Joseph. C’est le seul verset qu’il a vraiment étudié. Il s’en tire à merveille! Reste l’épreuve terminale. C’est la comparution commune avec les confrères par-devant l’évêque de Castro, J.-B. Deti. Puisque la science des premiers interrogés paraît garante de celle des derniers, l’évêque suspend l’examen et n’interroge pas les autres. Joseph en était, heureusement pour lui! On comprend qu’il soit devenu le patron des candidats aux examens.» (Jean Huscenot «Notre saint de ce jour» F-X de Guibert, éd.). Joseph de Cupertino parvient donc en dépit de tout à se faire ordonner prêtre le 4 mars 1628.

Il a presque 25 ans.

Le Frère Joseph n’a qu’un but. Il décide de mourir de plus en plus à lui-même. Il désire absolument vivre en Dieu par la contemplation.

Souvent caché et perdu dans la voûte de l’église, il passe des heures en contemplation ou en extase. A-t-il perdu la raison? Il ne semble pas. On rapporte en effet de lui cette prière étonnante qui rappelle Charles de Foucauld*: «Me voici, Seigneur, seul, privé de tout, complètement pauvre, soyez mon unique bien. Toute autre richesse m’est péril et ruine, écueil et naufrage». Ainsi débarrassé de tout et plongé dans les bras de Dieu, il va partout où son supérieur veut bien l’envoyer.

papillon_fleurs

Il porte de simples sandales et une mauvaise tunique dont souvent, au retour, il manque une partie. C’est que les gens, qui le vénèrent, dérobent au saint franciscain des lambeaux de son vêtement, même son cordon et jusqu’à son rosaire, pour en faire des reliques.

Joseph de Cupertino entre en extase avec facilité et n’en est tiré que difficilement. Il rougit alors et pleure un peu. Il se sent confus à l’idée de l’effet que doit produire un phénomène aussi extraordinaire que celui d’un homme qui passe ainsi du ciel à la terre, et de la mort apparente à la vie; car, durant l’extase, l’action des sens et le mouvement des membres cessent complètement. Saint Joseph de Cupertino reste invariablement dans la position où l’extase l’a surpris et la lumière divine enveloppé, c’est-à-dire les bras étendus ou en croix, les yeux tournés vers le ciel, quelquefois assis, quelque fois dans la position d’un homme qui marche; et rien ne peut l’arracher à cette position.

saint-joseph_cupertino

On le pique avec des aiguilles ou on le frappe avec une barre de fer, on le brûle avec des bougies, et rien ne parvient à l’arracher à la vie extatique. Revenu à l’état normal, il s’excuse de ce qu’il appelle ses étourdissements. Au réfectoire, au milieu de ses confrères estomaqués, on le voit parfois se soulever sur son siège et voler dans l’espace.

papillon_fleurs

Quand d’autre part on l’envoie quêter, on ne compte plus les miracles et les guérisons dont un grand nombre ont été consignées lors des procès de béatification et de canonisation.

Ces sortes de ravissements dans l’espace sont si prodigieux, si fréquents, qu’il faudrait, assure-t-on, un livre complet pour les décrire. Ils ont commencé aussitôt après son ordination au sacerdoce et ont duré jusqu’à sa mort en 1663, à l’âge de soixante ans, soit durant trente ans.

Mais ce qui est le plus intéressant, ce sont les témoignages bouleversants de sa grande sainteté, de son humilité constante et de son amour passionné pour Dieu. On peut le rapprocher des plus grands saints quant à ces vertus, son don de lui-même et sa charité totale et constante.


St Joseph of Cupertino The Reluctant Saint

Pour ceux qui ne comprennent pas l’anglais, ne vous en faites pas. Et écouter ce film quand même. Vous y verrez « la grandeur de l’humilité«  la Puissance de la Vierge Marie. Et surtout Son Amour pour les innocents, ceux que nous appelons « les stupides« !


Publié dans SAINT JOSEPH DE CUPERTINO-(1603-1663) | Tagué

Prière composée par le Père Jean-Louis Barré-2016*À Marie Berceau de la Trinité Sainte*

marie-la-douceur

Ô Marie, Sainte Mère de Dieu
Mère de tous les hommes et Mère de l’Église,
Rends nous « tout accueil » à la volonté du Père.
Par l’Esprit Saint qui t’a prise sous son ombre,
Éduque-nous à la ressemblance de Jésus.
Toi qui l’a formé en ton sein, l’ayant conçu dans ta foi,
Rends-moi humble en ton humilité,
Doux en ta douceur, docile en ta docilité,
Abandonné en ton abandon,
Joyeux en ta joie et sacrifié en ton sacrifice,
Fidèle à tous les renoncements en vue de mon Offrande.
En ton cœur douloureux et immaculé
Donnes-moi part à ton espérance
Afin qu’aucun de tes enfants ne se perde.
 
Oui, nous t’en supplions : qu’aucun ne se perde.
Entraîne-nous au coeur de la Trinité Sainte
Par ton fiat et ton magnificat
Chaque jour de notre vie.
Apprends-nous à nous laisser aimer
Et à aimer de ce même amour, Dieu et notre prochain
Hâtant la venue en gloire de ton Fils
Dans un monde réconcilié en ton cœur,
Oh Marie, notre mère et notre Reine.
 

Amen 

barre bleu2

perejeanlouis  fleur bleu

Père Jean-Louis Barré

Publié dans Prière à Marie-Berceau de la Trinité Sainte | Tagué

Les Révélations de Sainte Gertrude D’Helfta-Religieuse Mystique*

gertrude_the_great

barrrose

Sainte Gertrude

Moniale bénédictine (1256-1302)

Gertrude était originaire de la Haute Saxe.

Elle fut une grande mystique

Fêté le 16 Novembre

barrrose


(…) DU DON DE CONFIANCE QUI BRILLA EN GERTRUDE

gertrude5

 

  1. Nous pourrions démontrer par d’admirables témoignages à quel degré elle possédait, je ne dis pas la vertu, mais le don de confiance. En effet, elle sentait à toute heure une telle sécurité dans sa conscience, que ni les tribulations, ni les blâmes, ni les obstacles, ni même ses propres fautes, ne pouvaient altérer cette ferme confiance dans la miséricorde infinie. S’il arrivait que Dieu la privât des faveurs auxquelles elle était accoutumée, elle ne s’en troublait pas, car ce lui était pour ainsi dire une même chose de jouir de la grâce ou d’en être privée.

 

  1. En effet, durant l’épreuve, elle s’appuyait sur l’espérance, et croyait fermement que tout coopère au bien des âmes, qu’il s’agisse d’événements extérieurs ou d’opérations intimes. Comme on attend avec espoir un messager qui porte les nouvelles longtemps désirés, ainsi elle entrevoyait avec joie l’abondance des consolations divines dont l’adversité du moment lui semblait être la préparation et le gage certain. La vue de ses fautes ne pouvait l’abattre ni la décourager, parce que, raffermie bientôt par la présence de la grâce divine, son âme devenait plus apte à recevoir les dons de Dieu quels qu’ils fussent.

 

(….) 3. Elle avait pris l’habitude de se prosterner souvent aux pieds du Seigneur, pour obtenir le pardon de ces fautes légères qui sont inévitables ici-bas. Mais elle interrompait cette pratique quand elle recevait, ainsi que nous l’avons dit, une effusion plus abondante de la miséricorde divine. Alors elle se livrait volontiers au bon plaisir de Dieu, devenait comme un instrument destiné à manifester les opérations de l’amour en elle et par elle, et n’hésitait pas à prendre avec le Dieu de l’univers une sorte de revanche de tendresse.

gertrude3

  1. Cette confiance lui inspirait aussi une manière très surnaturelle de considérer la sainte Communion, car elle ne lisait ou n’entendait rien dire concernant le danger de recevoir indignement le Corps du Seigneur, sans s’approcher du sacrement avec une espérance plus ferme encore dans la bonté de Dieu.

barrrose

  1. Si elle avait oublié de réciter les prières par lesquelles il est d’usage de se préparer, elle ne s’abstenait pas cependant de la Communion, parce que, jugeant ces actes nuls ou de peu de valeur, elle croyait que tous les efforts de l’homme en face de cet incomparable don gratuit sont comme une goutte d’eau comparée à l’immensité de l’océan. Bien qu’elle ne vit aucune manière de se préparer dignement, cependant, après avoir mis sa confiance dans l’infinie bonté de Dieu, elle s’efforçait par-dessus tout de recevoir le sacrement avec un cœur pur et un fervent amour.

 

  1. Elle attribuait à sa seule confiance en Dieu tout le bien spirituel qu’elle recevait, et trouvait que ce bien était d’autant plus gratuit que ce don de confiance lui avait été accordé par l’Auteur de toute grâce, sans aucun mérite de sa part.

 

  1. C’est encore la confiance qui lui inspirait un fréquent désir de la mort, désir si parfaitement tempéré par l’union à la divine Volonté, qu’il lui était toujours indifférent de vivre ou de mourir : par la mort, en effet, elle espérait jouir de la Béatitude, tandis que la vie lui était une occasion d’augmenter la gloire de Dieu. Il lui arriva un jour, en marchant, de faire une chute dangereuse.

barrrose

Elle ressentit aussitôt dans son âme une grande joie et dit au Seigneur : « Quel bonheur pour moi, ô mon bien-aimé Seigneur, si cette chute m’eût donné l’occasion d’aller tout à coup vers vous. » Et comme nous lui demandions tout étonnés si elle ne craignait pas de mourir sans les sacrements de l’Église : « En vérité, dit-elle, je désire de tout mon cœur recevoir les sacrements ; mais la volonté et l’ordre de mon Dieu seront pour moi la meilleure et la plus salutaire préparation. J’irai donc avec joie vers lui, que la mort soit subite ou prévue, sachant que de toute façon la miséricorde divine ne pourra me manquer, et que sans elle nous ne serions pas sauvés, quel que soit le genre de notre mort. »

  1. Tous les événements la trouvaient dans une égale disposition de joie, parce que son esprit restait fixé inébranlablement en Dieu, dans une constance pleine de vigueur. Aussi peut-on lui appliquer ces paroles : «Qui confidit in Deo, forcis est ut leo : Celui qui se confie en Dieu est fort comme le lion.»(Prov., xxviii, l.).

 

  1. Notre-Seigneur daigna rendre lui-même à la confiance de son Élue le témoignage suivant : Une personne, après avoir prié Dieu, s’étonnait de ne pas recevoir de réponse ; il lui dit enfin : « J’ai tardé à te répondre, parce que tu n’as pas confiance en ce que ma bonté toute gratuite daigne opérer en toi. Ma bien-aimée au contraire est si fortement enracinée dans la confiance qu’elle s’abandonne toujours à ma bonté ; c’est pourquoi je ne lui refuserai jamais ce qu’elle désire. »

 barre étoile

DE LA VERTU D’HUMILITÉ ET DE PLUSIEURS AUTRES VERTUS
QUI BRILLÈRENT EN ELLE COMME AUTANT D’ÉTOILES.

gertrudis_helfta

barre brun

(…)  Un jour pendant la promenade, elle dit au Seigneur, avec un profond mépris d’elle-même : « Le plus grand de tous vos miracles, ô mon Dieu, est que la terre puisse porter une pécheresse telle que moi ! » Mais le Seigneur, qui exalte ceux qui s’humilient, lui dit avec bonté : « La terre se laisse volontiers fouler sous tes pas, puisque tout le ciel dans sa grandeur attend avec des tressaillements d’allégresse l’heure bienheureuse où il aura l’honneur de te posséder. » O douceur admirable de la bonté de Dieu qui se plaît à glorifier une âme en proportion de son humilité !

 

Elle méprisait à ce point la vaine gloire, que si une pensée lui en venait à l’esprit quand elle était occupée à la prière ou à une bonne oeuvre elle continuait son acte en se disant : « Si quelqu’un te voit accomplir ce bien, il sera porté à t’imiter, et le Seigneur eu sera glorifié. » Car elle estimait n’avoir pas plus d’importance dans l’Église que n’en a, dans la maison du père de famille, un épouvantail bon seulement à être attaché à un arbre au temps de la récolte, afin de chasser les oiseaux et de garder les fruits.

 

Elle nous a laissé dans ses écrits une preuve assurée de sa douce et fervente dévotion, et Dieu, qui scrute les reins et les cœurs (Ps. vii, 10), daigna en donner lui-même un témoignage. Un homme très pieux se sentit un jour animé d’une grande ferveur, et il entendit ces paroles du Seigneur : « La consolation dont tu jouis en ce moment remplit fréquemment l’âme de cette Élue dans laquelle j’ai établi ma demeure. »

 

barre brun

 Le dégoût absolu qu’elle ressentait pour tous les plaisirs passagers de ce monde atteste merveilleusement la douceur et la joie qu’elle trouvait dans le Seigneur, car, ainsi que l’a dit saint Grégoire : «Ce qui est charnel n’a plus de saveur pour celui qui a goûté les choses spirituelles. » Et le bienheureux Bernard ajoute : « Tout est à charge à celui qui aime Dieu tant qu’il ne jouit pas de l’unique objet de ses désirs. »

 

Un jour donc qu’elle éprouvait du dégoût en face des joies humaines, elle s’écria : « Rien ne peut me plaire ici-bas, si ce n’est vous, ô mon très doux Seigneur ! » Le Seigneur répondit : « Et moi je ne vois rien au ciel et sur la terre qui puisse me plaire sans toi, car mon amour t’unit à toutes mes joies. Si je prends mes délices dans des choses diverses, c’est avec toi que je les trouve ; et plus ces délices sont abondants, plus grande est la part que tu en reçois. » C’est ce que saint Bernard atteste lorsqu’il dit : « Que l’honneur du Roi aime la justice, soit ; mais l’amour de l’Époux ne demande qu’un retour de tendresse et de fidélité !. »

 

barre brun

(….) Sa liberté d’esprit était si grande qu’elle ne pouvait supporter, même un instant, quelque chose de contraire à sa conscience. Le Seigneur en rendit lui-même témoignage, car une personne lui ayant demandé ce qui lui plaisait davantage dans cette Élue, il répondit : « La liberté de son Cœur. »

Sacre-Coeur-13

Cette personne manifesta. Un grand étonnement et parut faire peu de cas de cette qualité : « Je croyais, dit-elle, ô Seigneur, que, par un effet de votre grâce, cette âme était arrivée à une sublime intelligence de vos saints mystères et possédait un très ardent amour ? – Oui, il en est ainsi, répondit le Seigneur, et c’est le résultat de la liberté de son cœur. Ce bien est si grand qu’il conduit à la plus haute perfection : à toute heure je trouve ma bien-aimée prête à recevoir mes dons, car elle ne supporte dans son âme absolument rien qui puisse entraver mon action. »

 gertrude2

barre brun

Comme conséquence de cette liberté d’esprit, elle ne gardait à son usage que ce qui lui était indispensable, et si elle recevait quelques présents, elle les distribuait aussitôt au prochain, ayant soin de favoriser les indigents et de préférer ses ennemis à ses amis. Si elle avait quelque chose à faire ou à dire, elle s’exécutait sur-le-champ, dans la crainte que la moindre préoccupation l’éloignât du service de Dieu et de l’assiduité à la contemplation.

 

Le Seigneur daigna révéler que cette conduite lui était agréable : Un jour il se montra à Dame M., notre chantre, assis sur un trône magnifique. Devant lui, celle-ci semblait marcher, aller et venir, dirigeant sans cesse son regard vers le Seigneur, et très attentive à suivre les moindres indications de son Cœur sacré.

barre brun

Comme M. admirait ce spectacle, le Seigneur lui dit: « Tu le vois, mon Élue se tient toujours devant moi et cherche sans cesse à connaître mon bon plaisir. Quand elle l’a découvert, elle emploie toutes ses forces à l’accomplir, pour revenir bientôt rechercher mes autres volontés et les exécuter fidèlement : c’est ainsi que toute sa vie est consacrée à ma louange et à ma gloire. »

 

« Mais, reprit M., si sa vie est admirable, d’où vient qu’elle juge parfois avec tant de sévérité les fautes et les négligences d’autrui ? » Le Seigneur répondit avec bonté: « Comme elle ne souffre jamais la moindre tache sur son âme, elle ne petit tolérer avec indifférence les défauts du prochain. »

 cactus

(….) Elle possédait à un très haut degré la vertu de discrétion : en effet, bien que surabondamment instruite du sens et des paroles de la sainte Écriture, à ce point que tous venaient demander ses conseils et se retiraient ensuite ravis de sa haute prudence, cependant, lorsqu’il s’agissait de sa propre conduite, elle cherchait, par une humble discrétion, l’avis de ses inférieurs eux-mêmes et les écoutait avec tant de déférence, que presque toujours elle abandonnait ses idées personnelles pour adopter celles d’autrui.

barre brun

 

Il nous paraîtrait superflu de montrer comment chaque vertu brillait en elle d’un vif éclat, à savoir l’obéissance, l’abstinence, la pauvreté volontaire, la prudence, la force, la tempérance, la miséricorde, la charité fraternelle, la constance, la reconnaissance, la joie du bonheur d’autrui, le mépris du monde, et bien d’autres encore, car nous avons vu que cette âme possédait à un haut degré la discrétion, appelée mère de toutes les vertus.

 

Elle avait aussi cette admirable confiance, fondement de toutes les vertus, et à laquelle Dieu ne refuse rien, surtout lorsqu’il s’agit de biens spirituels; et la noble humilité, fidèle gardienne des vertus, avait, comme nous l’avons dit, jeté dans son âme de profondes racines. En parlant de sa charité envers Dieu et le prochain, nous avons prouvé que cette vertu, reine des reines, avait établi son trône en elle et se traduisait à l’extérieur par les témoignages d’une compatissante bonté.

 

Nous omettrons donc de parler en détail de ses autres vertus, bien qu’un bon nombre de faits surpassent ceux que nous avons cités, et soient de nature à charmer le dévot lecteur plutôt qu’à le lasser. Ce que nous avons dit suffira à prouver que cette Élue fut un de ces cieux dans lequel le Roi des rois daigne habiter comme sur un trône parsemé d’étoiles.

barre étoile


QUELQUES MIRACLES

gertrude4

barre brun

Au mois de mars, le froid se fit sentir avec une telle  rigueur que la vie des hommes et des animaux semblait menacée. De plus, celle-ci entendait dire qu’il n’y avait à espérer aucune récolte cette année-là, parce que, d’après la disposition de la lune, le froid durerait encore longtemps. Un jour donc, à la messe où elle devait communier, elle pria dévotement le Seigneur à cette intention, et demanda d’autres grâces encore.

 

Le Seigneur lui répondit : « Sois assurée que toutes tes demandes sont exaucées. » Elle reprit : « Seigneur, si je suis vraiment exaucée, et s’il est juste de vous rendre grâces, veuillez m’en donner une preuve en faisant cesser ce froid rigoureux. » Cela dit, elle n’y songea plus, mais lorsqu’elle sortit du chœur après la messe, elle trouva le chemin tout inondé par suite de la fonte des neiges et des glaces.

 

Ceux qui voyaient un tel changement se produire contrairement aux lois de la nature en étaient fort étonnés, et comme ils ignoraient que l’Élue de Dieu l’eût obtenu par ses prières, ils répétaient que malheureusement ce temps ne durerait pas, parce que c’était contraire à l’ordre régulier des choses. II se maintint toutefois et dura sans interruption pendant le printemps qui suivit.

barre brun

Une autre fois, à l’époque de la moisson, comme il pleuvait continuellement, et que partout l’on priait avec instance, tant on craignait la perte des récoltes, celle-ci, s’unissant au peuple, offrit de si instantes prières afin d’apaiser le Seigneur, qu’elle obtint la promesse formelle d’un temps plus favorable. Il arriva en effet que ce jour même, quoique de gros nuages couvrissent encore le ciel, le soleil parut et éclaira toute la terre de ses rayons.

getrude-de-hefta

 

Un soir après le souper, la communauté était allée dans la cour pour un travail. Le soleil brillait encore, mais on voyait de gros nuages chargés de pluie suspendus dans les airs. J’entendis alors moi-même celle-ci dire au Seigneur : « O Seigneur, Dieu de l’univers, je ne désire pas que vous accomplissiez comme de force mon humble volonté ; car si votre infinie bonté tient cette pluie suspendue dans les airs à cause de moi, et contrairement à ce qu’exigent votre gloire et la rigueur de votre justice, je vous en prie, que les nuages se déchirent et que votre très aimable volonté s’accomplisse. » O merveille !

Sacre-Coeur-13

Elle n’avait pas dit ces mots, que le tonnerre retentit, et que la pluie tomba avec abondance. Dans sa stupéfaction, elle dit au Seigneur : « O Dieu très clément, s’il plaisait à votre Bonté de retenir la pluie jusqu’à ce que nous ayons terminé ce travail enjoint par l’obéissance? » Et le Seigneur, si rempli de condescendance, retint la tempête jusqu’à l’achèvement de la besogne des sœurs. Mais à peine avaient-elles franchi les portes, qu’une pluie torrentielle accompagnée d’éclairs et de tonnerre s’abattit avec violence, et deux ou trois sœurs qui s’étaient attardées rentrèrent toutes mouillées.

barre brun

D’autres fois encore elle recevait miraculeusement l’assistance divine, sans formuler de prière, mais par une seule parole et comme en se jouant : si, par exemple, elle travaillait assise sur un tas de foin et que son aiguille ou son poinçon venait à lui échapper et à tomber dans le foin, aussitôt on l’entendait dire au Seigneur : « Seigneur, c’est bien en vain que je chercherais cet objet ; accordez-moi plutôt de le retrouver. »

 

Puis, sans même regarder, elle plongeait la main au milieu du foin pour en retirer l’objet perdu, et cela avec autant d’assurance que si elle l’avait eu devant elle sur une table. C’est ainsi qu’en toute circonstance elle appelait à son secours ce Bien-Aimé qui régnait sur son âme et qu’elle trouvait toujours en lui un allié très fidèle et rempli de bonté.

gertrude

Une autre fois, comme elle priait le Seigneur de calmer la violence des vents qui amenait une grande sécheresse, elle reçut cette réponse : « II est inutile que dans mes rapports avec toi je me serve du motif qui m’engage parfois à exaucer les prières de mes autres élus, car ma grâce a tellement uni ta volonté à la mienne que tu ne peux vouloir que ce que je veux.

 

Or, ces tempêtes violentes vont ramener vers moi par la prière certains cœurs rebelles à mon amour. C’est pourquoi je n’accueillerai pas ta demande, mais tu recevras par contre un don spirituel. » Elle accepta avec joie cet échange, et trouva désormais sa joie à n’être exaucée que selon le bon plaisir de Dieu.

barre brun

Saint Grégoire nous dit que la sainteté des justes ne consiste pas à faire des miracles, mais plutôt à aimer le prochain comme soi-même, et cet amour, nous l’avons vu animait le cœur de cette Élue. Que le récit de si grands miracles suffise aussi à montrer que son âme était bien la demeure de Dieu.

Que la bouche de ceux qui insultent la bonté gratuite du Seigneur soit à jamais fermée, et que la confiance des humbles croisse encore à la vue de ces merveilles, car ils peuvent espérer un profit pour eux-mêmes des bienfaits accordés à chacun des Élus.

barre-rose-et-coeur-rougeGIF


Source : http://livres-mystiques.com/partieTEXTES/Textes/index.html

 

Publié dans Sainte Gertrude D'Helfta-Religieuse-Mystique | Tagué

MARIE DES VALLÉES..LAÏQUE, MYSTIQUE,STIGMATISÉE..*MYSTÈRE DE DIEU !!

marie des valles1

couronne

MARIE DES VALLÉES LAÏQUE, MYSTIQUE, STIGMATISÉE

(15 FÉVRIER 1590-25 FÉVRIER 1656)

-AVERTISSEMENT


Marie des Vallées a, de son vivant et pendant les siècles qui ont suivi, jusqu‘à nos jours, presque toujours été discréditée, contestée, critiquée

Marie des Vallées surprend, mais elle ne laisse jamais indifférents ceux qui sont conduits à l‘approcher. Sa vie, ponctuée d‘évènements mystiques extraordinaires: visions, possessions diaboliques, persécutions de toutes sortes, jugements hâtifs et sans appel, peut surprendre les gens du XXIe siècle, tout autant qu‘elle interpella ceux du XVIIe siècle. Mais tous les prophètes n’ont-ils pas été traités de cette façon ?…


Marie des Vallées, pauvre paysanne sans instruction, que Dieu s‘est choisie pour nous inviter à redécouvrir la force de Dieu et sa Lumière, Marie des Vallées, dévoilée un peu en son temps puis ensevelie sous un silence étonnant, a-t-elle été spécialement mise en réserve pour nous révéler l‘immense et merveilleuse oeuvre de Dieu, à une époque où Dieu a été chassé de chez les siens ou mis à mort?

Marie des Vallées a-t-elle été préparée pour nous mettre en garde contre les sectes qui se multiplient, et contre les sorcelleries qui se développent et foisonnent en notre temps comme dans le sien ?

couronne

Les phénomènes étranges qui accompagnent Marie des Vallées nous étonnent, et notre réaction instinctive est de les nier. Pourtant, ne serait-ce pas des enseignements particulièrement adaptés à notre époque qui retourne au paganisme?

 

 Les visions de Marie nous déconcertent, mais il faut savoir que toutes les formes qui s‘y manifestent, les couleurs, les aspects, sont des symboles que Dieu utilise pour nous expliquer sa gloire, celle de Jésus-Christ, celle des saints, tout en ménageant nos fragilités contemporaines du XXIe siècle, et pour nous révéler sa divinité, l‘avenir de l‘homme, le pourquoi des souffrances, la valeur de la Rédemption, le sens de nos prières, etc., etc….

Quoi qu‘il en soit, Marie des Vallées, mystique de feu, fut un des plus puissants soutiens du Royaume de France, plongé, en ce temps-là, dans une grande décadence des moeurs et les pires abominations.

 

Pour entrer dans la vie de Marie des Vallées sans répugnance, sans dégoût, et surtout sans à-priori, il faut se faire humble, très humble. Humble et tout petit.

rose rose fleur


MARIE DES VALLÉES ET SON SIÈCLE
LA SITUATION DE LA FRANCE AUX XVIe ET XVIIe  SIÈCLES.

SITUATION ÉCONOMIQUE ET POLITIQUE.

Pour comprendre, au moins un peu, la vie étonnante de Marie des Vallées, il est indispensable de la situer dans le contexte de son époque: siècle de corruption, d‘indifférence, de cynisme, notamment des milieux ecclésiastiques, de la misère effroyable d‘un peuple souffrant et désemparé, de la montée du paganisme, et, pour couronner le tout, de l‘emprise spectaculaire de la sorcellerie et de la magie noire, emprise qui n‘épargne aucun milieu, et sévit même au sein des monastères.

Les trois ordres politiques: noblesse, clergé et tiers-état sont en gestation. L‘apostasie de la France est en germe.

 


SITUATION RELIGIEUSE.

Sur le plan religieux, le Concordat de Bologne (1516), qui subordonne l‘Église de France au roi de France rend les relations avec Rome très difficiles: être évêque, c‘est être soumis au roi de la terre et non plus au Roi du Ciel, avec, en prime, des biens matériels, et des bénéfices, souvent non négligeables.

Le troupeau, délaissé, n‘est plus évangélisé… Marie des Vallées s‘élèvera contre ces pasteurs et leurs pratiques indignes. Les libertés de l‘Église gallicane sont élaborées: le roi est le chef de l‘Église de France, et, désormais, le pape n‘a plus de pouvoir disciplinaire sur elle. Mais il y a pire, le Parlement est chargé de contrôler toutes les activités religieuses, y compris dans les monastères.


SITUATION ECCLÉSIASTIQUE

Soleil
Le XVIIe est resté inscrit dans toutes les mémoires surtout à cause du Roi Soleil, lequel ne serait peut-être pas resté le Roi Soleil s‘il n‘y avait pas eu les grands écrivains qui ont fait la renommée de la France du Grand siècle de Louis XIV: Corneille, Boileau, Racine, La Fontaine, La Rochefoucault, Molière, etc.
En réalité, la grandeur des apparences cachait, hélas! De très graves et nombreuses faiblesses morales: les débauches étaient grandes, les moeurs en pleine déliquescence, le libertinage était fréquent.

Quant aux duels, ils pullulaient, car la vanité qui s‘étalait partout s‘obstinait à vouloir laver dans le sang, des déshonneurs qui ne l‘étaient pas vraiment. La déchéance des moeurs n‘était pas le seul fait des grands. Le clergé et les évêques étaient sérieusement imprégnés de cette atmosphère nauséabonde.

 

On [1] a écrit à ce sujet: ―Ceux qui, par leur condition, étaient obligés de travailler au salut des âmes de cette paroisse [2], faisaient profession de la perdre, ou étaient en réputation de la plus haute malice et impiété qui puisse être.

À raison de quoi, l‘ignorance des choses du salut et les plus horribles vices y régnaient au dernier point. Le peuple était donc, spirituellement et matériellement, le plus souvent abandonné à lui-même. La France était déjà pays de mission…

duel-Mamelouk_de_la_Garde_et_dragon_russe_au_combat

Curieusement, c‘est du sein de cette lie morale, que des esprits supérieurs, remplis d‘humilité et d‘amour de leur Seigneur, vont naître, chargés de transformer les esprits appesantis par l‘esprit du monde.

Le XVIIe siècle fut ainsi le Siècle des saints, malgré la méfiance qui se manifestait déjà contre les mystiques. C‘est le siècle de Bossuet, un des plus grands orateurs connus; mais c‘est aussi le siècle de Vincent de Paul, de Jean Eudes et de Marie des Vallées, de Bérulle, de Jean-Jacques Olier et d‘Agnès de Langeac, de Charles de Condren, de Marguerite du Saint-Sacrement, et de tant d‘autres. Ce fut aussi le siècle de vrais dévots laïcs, tels Gaston de Renty ou Mr de Bernières.

À cette époque, l‘on voit naître de nouvelles spiritualités chrétiennes. Bérulle sera un fervent adepte du culte de l‘Enfant-Jésus, culte inspiré par Jésus à la petite carmélite, Marguerite du Saint-Sacrement. Jean Eudes, soutenu par Marie des Vallées, établira le culte du Coeur Admirable de la Vierge Marie, puis du Coeur de Jésus et de Marie.

Louis-Marie Grignion de Montfort (mort en 1716) avait eu connaissance des révélations de Marie des Vallées grâce au manuscrit de Gaston de Renty. Est-ce influencé par cette lecture qu‘il annoncera, dans son Traité de la vraie dévotion à la Vierge Marie, le Règne de la Très Sainte Vierge Marie et les Apôtres des derniers temps, contemporains des grandes tribulations ?

Face à l‘immoralité ambiante, les consciences sont en alerte, et l‘on se soucie de l‘éducation de la jeunesse. C‘est à cette époque que Louis XIV crée l‘École publique et gratuite (ou peu coûteuse), avec la participation de nombreux bienfaiteurs et le soutien du clergé. [3] Allant dans cette voie, de nouvelles congrégations religieuses se créent: Ursulines, Oratoriens, Lazaristes, Sulpiciens, Eudistes, etc. Les Jésuites et les Oratoriens[4] ouvrent de nombreux collèges.

marguerite st sacrement-Depliant-_1i42t3c0..-1-2


Mais il y a plus. Les décisions du Concile de Trente, en date de 1563, sont encore peu appliquées. Grâce aux efforts, entre autres, de Saint Vincent de Paul, et d‘Alain de Solminihac, le saint évêque de Cahors, puis de saint Jean Eudes et de Jean-Jacques Olier, les séminaires vont commencer à se développer dans les diocèses.



LA SORCELLERIE EN FRANCE ET EN EUROPE


La sorcellerie est l‘application de la Magie considérée comme la science des lois de la nature. La Magie doit capter et mettre en oeuvre les énergies présentes dans chaque homme et dans la nature. Si la magie blanche peut nous paraître (mais paraître seulement) inoffensive [5], la magie noire est le domaine des sorciers, toujours motivés par une véritable volonté de puissance.

La sorcellerie est dangereuse, car elle met en oeuvre des forces cachées, inférieures, domaine des suppôts de Satan.

La sorcellerie, à cette époque issue de la Renaissance, sévit partout en Europe. L‘Italie, l‘Allemagne, et même la France sont particulièrement touchées, et en 1586, le pape Sixte-Quint est contraint de promulguer la bulle ―Coeli et terra creator Deus qui interdit toutes les pratiques occultes: divination, astrologie, nécrologie, sorcellerie, etc…

Curieusement l‘engouement pour ces pratiques, qui vont de pair avec le relâchement des moeurs, sont en grande estime dans les milieux cultivés et même dans les couvents… Quant aux peuples, ils cherchent, par ces moyens, à échapper à leurs misères et à leurs détresses.



LA SORCELLERIE EN NORMANDIE

diable-projection-fantasmagorique

La Normandie est une province violemment touchée par le satanisme, spécialement dans le diocèse de Coutances [6]. Le sinistre bois d‘Étenclin était le lieu de sabbats rassemblant des centaines d‘adeptes. Or, cela se passait tout près de l‘endroit où vivait Marie des Vallées. Le Seigneur l‘aurait-Il appelée à plonger dans ces enfers pour sauver les âmes de ces ténèbres horribles [7]?

barre herbe1
LE XVIIE SIÈCLE, ÈRE DES GRANDES PRÉDICTIONS ?


Les promesses de la Renaissance, née à la fin du XVe siècle et continuée durant la première moitié du XVIe siècle environ, ont bien déçu.

L‘inquiétude, matérielle ou métaphysique, règne partout. Les guerres continuelles, les famines, les épidémies de peste, etc., ont créé un climat rempli d‘angoisses. Et, comme pendant toutes les périodes troublées, à côté de la sorcellerie et du satanisme, les prédictions plus ou moins farfelues vont bon train.

Ainsi, on prévoit pour la France, une nouvelle monarchie; le retour du Christ est annoncé pour… 1584; les prophéties de Paracelse, en 1530, ou de Nostradamus, exercent une influence non négligeable sur les hommes de cette époque. Il faut dire que certains de ces textes ont de quoi troubler, même les hommes du XXIe siècle.

De même les prophéties de Raban Maur (776-856) couraient toujours au XVIIe siècle, selon lesquelles les Musulmans rejoindraient l‘Église.


Mieux encore: les prophéties de Saint Césaire d‘Arles (470-542) sont rééditées en 1524, décrivant la fin des temps.

Un moine de l‘abbaye de Prémol (près de Grenoble), fait débuter en 1870 ce qu‘il appelle la grande tempête: la France sera envahie, trois villes françaises seront détruites, le Vatican aussi. Le pape sera en fuite, un antipape provoquera un schisme.

Surviendra alors le roi d‘Europe, qui, avec le pape instaurera la paix générale… Comme ce XVIIe siècle ressemble au nôtre !…
Enfin, les phénomènes astronomiques sont aussi étudiés avec passion et interprétés comme des signes de Dieu: par exemple l‘apparition d‘une étoile nouvelle dans la constellation de Cassiopée, ou de la comète observée par Tycho Brahé..



LA VIE DE MARIE DES VALLÉES

L’ENFANCE DE MARIE DES VALLÉES
LA PETITE ENFANCE

barre herbe1

Le 15 février 1590, Marie des Vallées naissait à Saint-Sauveur-Lendelin, près de Coutances, en Normandie, de Julien des Vallées et de Jacqueline Germain. Elle était la troisième enfant du couple. Les parents de Marie étaient croyants, mais peu pratiquants: l‘église était assez éloignée. Dans ce contexte peu favorable, Marie sentit pourtant très tôt sa mission spirituelle, et curieusement, Dieu lui ménageait les rencontres nécessaires.

 

Ainsi, c‘est un frère Cordelier qui la prépara à sa première communion qu‘elle fit vers l‘âge de sept ou huit ans.

Elle reçut également très tôt le sacrement de confirmation, l‘évêque regroupant dans sa cathédrale, quand il le pouvait, c‘est-à-dire rarement [8], toutes les personnes qui devaient recevoir ce sacrement, sans distinction d‘âges. Dès ce jour, Marie se livra totalement à la sainte volonté de Dieu.

 


rose-faner
LES ÉPREUVES FAMILIALES

26 avril 1604, le père de Marie meurt. Peu après, le 6 mai 1604, c‘est son frère Nicolas qui décède. Marie et sa mère se retrouvent seules; sa soeur aînée, Guillemette, était morte quelques années auparavant, en laissant quatre enfants, et un mari, Gilles Capelain, lequel épousera sa belle-mère le 1er mai 1605. De ce couple étrange naîtront deux garçons qui mourront très jeunes. Gilles Capelain était un personnage alcoolique, grossier et violent, et la mère de Marie mourra deux ans plus tard, suite aux mauvais traitements subis. Marie a dix-sept ans.
Sur les conseils de sa mère mourante, et pour échapper aux avances de son beau-père ex-beau-frère, Marie se réfugie auprès d‘un oncle qui la place chez le sieur de la Morinière.

Malheureusement, le couple mène une telle vie de débauche, que Marie doit finalement s‘enfuir, pour se réfugier chez sa tante, Jacqueline des Vallées, femme d‘Yves de Beuvry.

Pour des raisons de conflits d‘intérêts entre les enfants du couple, Marie doit encore partir. Mais après quelques mois, elle pourra revenir.
La jeunesse de Marie fut un calvaire, et cependant, partout où elle dut passer, Marie fut comme un signe de Dieu par sa patience, son courage, sa foi et sa pureté.



UNE JEUNESSE TOURMENTÉE

 

Marie a dix-neuf ans. Elle était belle et intelligente, et plusieurs jeunes hommes demandèrent sa main. Marie ne se décidait pas, car elle attendait celui que le Seigneur lui enverrait: elle pensait alors se marier, car dans sa région on croyait, à l‘époque, que le célibat était une malédiction.
Mais bientôt, cependant, Marie pensera à conserver sa virginité, tout en se demandant si elle faisait bien…
Un jour, elle fut attirée par un jeune homme d‘une grande beauté; elle voulut bien accepter le mariage, à condition qu‘ils vivraient comme frère et soeur. Le jeune homme accepta.

Quand il revint, Marie comprit que c‘était un ange de Dieu, et elle déclara : ―Je remercie le Fils de Dieu, et vous aussi; dites-Lui, je vous prie, que je me donne tout à Lui: je Le prie de disposer de moi dans le temps et dans l‘éternité en la façon qui lui sera la plus agréable [9].

 femme pionniere

C‘est alors qu‘un prétendant éconduit eut recours à une sorcière. Le jeune homme lui communiqua le ―charme‖, et Marie, durant trois ans, violemment tourmentée, souffrit de vraies tortures physiques.

[10] Marie des Vallées fut également, à cette époque, la proie de plusieurs satanistes, dont un prêtre. Marie, victime de charmes puissants se débattait dans des douleurs telles que sa tante, avec qui elle vivait, l‘emmena à Coutances chez l‘évêque du lieu, Mgr de Briroy [11],qui procéda sur elle à des exorcismes.

 

Ces séances furent très pénibles, et les exorcistes furent, de leur côté, témoins de manifestations étranges.Marie était victime non seulement des persécutions démoniaques mais également de sortilèges lancés par les assemblées de sorciers[12].

On alla jusqu‘à faire traduire Marie des Vallées comme sorcière, au Parlement de Rouen. Après des semaines d‘emprisonnement et de sévices terribles, Marie fut innocentée et libérée. Marie, toujours possédée, retourna à l‘évêché avec sa tante, et les exorcismes purent reprendre, mais toujours douloureusement, les démons refusant de quitter les lieux.

 En effet, les sorciers s‘étaient ligués contre Marie. Saint Jean Eudes, qui eut à confesser un sataniste repenti, relate :Je connais un homme qui a été malheureusement engagé dans ce détestable parti, l‘espace de dix ans…

 st jean eudes

Il m‘a assuré que quand il se fait quelque ouvrage en la terre qui est à la gloire de Dieu, ses plus grands ennemis sont les sorciers qui tiennent conseil… pour aviser aux moyens de l‘empêcher, de le détruire… c‘est ce qu‘ils ont essayé de faire au regard de l‘oeuvre que la divine Bonté fait en la soeur Marie.
On ne peut comprendre la vie de Marie des Vallées, sans tenir compte de cette information. Les sorciers ne s‘avouèrent pas vaincus, et les persécutions se multiplièrent. Marie comprit alors ce que devait être sa vraie vocation, et elle s‘offrit en victime expiatoire pour tous.

Elle savait que pour faire front aux forces démoniaques, il fallait se mettre dans la situation de faire parfaitement la volonté de Dieu. La rage de Satan se déploya: elle devait annoncer une aurore dont elle serait, sans le savoir, le prophète.

Marie réclame à Jésus la grâce de vivre totalement la folie de la Croix. Dès lors, Marie, croix vivante, fut, par amour, configurée au Christ. Incontestablement, elle aurait dû servir de modèle de sainteté pour ses contemporains et pour les hommes des siècles qui suivraient.

Or, curieusement, la leçon qu‘elle devait nous donner, et qu‘elle donna, fut complètement occultée après sa mort. Mystère de Dieu… Un jour, alors que Marie se plaignait de son impuissance, Jésus lui répondit:Quand il y a une hostie consacrée entre plusieurs autres non consacrées, il n‘y a que celui qui l‘a consacrée qui la discerne; et quand il voudra, il la fera voir et connaître.


De 1609 à 1614, soit pendant cinq ans, Marie fut l‘objet d‘attaques constantes de la part des sorciers, multipliant charmes et maléfices.
Aujourd‘hui ces phénomènes nous étonnent moins, mais leur multiplication peut nous inquiéter, et à juste raison. ―La magie noire dispose aujourd‘hui de moyens puissants et ses tenants ont considérablement amélioré leur image de marque.

Quant aux sorciers de bas étage, ils ne sont que l‘illustration dérisoire de la banalisation du mal face à la désertion spirituelle.[13]

barre FLEUR-JAUNE


Quoi qu‘il en soit, en son temps, c‘est à dire au début du XVIIe siècle, le corps de Marie des Vallées est l‘arène où se joue le combat des ténèbres contre la Lumière. De par la volonté de Dieu les exorcismes ont peu d‘effets sur elle, car elle doit rester possédée autant que Dieu le jugera utile.

Tout cela peut nous déconcerter, mais nous savons qu‘il y a eu, dans l‘histoire de l‘Église, un certain nombre de saints possédés ou exceptionnellement tourmentés par le démon.

 Parlant d‘elle-même, Marie disait: Pourquoi est-ce que je suis possédée? D‘où vient cela?Je suis bien certaine que je ne me suis pas donnée à l‘esprit malin… Mais,… ni mes parents ni moi n‘y avons contribué; c‘est une marque que c‘est Dieu même qui a choisi lui-même pour moi cet état, comme celui qui m‘est plus propre pour mon salut.


Cependant Marie prie pour les sorciers, ses plus cruels ennemis, ceux qu‘elle appelle ―les religieux de Satan. Marie vivait à cette époque près de l‘évêché. En 1614, sa chambre est envahie par des démons hurleurs et vociférants. Marie les chasse avec des signes de croix et de l‘eau bénite.

Peu à peu les charmes décroissent, mais la possession demeure malgré les exorcismes réguliers.

barre FLEUR-JAUNE


Marie affirme ne pas craindre les démons,les plus impuissantes de toutes les créatures. Il semble que sa mission soit, entre autres, d‘anéantir les effets des sortilèges et de convertir sorciers et libertins. Ainsi, Catherine de Bar, en religion Mère Mechtilde du Saint Sacrement, fondatrice des Bénédictines du Saint Sacrement, fut en relation avec Marie des Vallées, car sa communauté de Paris eut beaucoup à souffrir des sorciers et des sortilèges.

Est-ce à cause de cela que Mère Mechtilde confia à sa congrégation: les Bénédictines du Saint Sacrement, comme une mission importante, la réparation pour les crimes des sorciers?



LES SACRIFICES DE MARIE DES VALLÉES

L‘OFFRANDE DE SA VOLONTÉ

jésus hostie

barre FLEUR-JAUNE


Marie ne désirait que Dieu, son unique amour.
Son esprit était perpétuellement appliqué par l‘Esprit de Dieu à la contemplation des mystères de la Passion de Notre Seigneur Jésus-Christ. Son seul but, c‘était le salut de ses frères. En 1615, ou 1616, Marie s‘offrit à Dieu: ―je renonce de tout mon coeur à ma propre volonté et me donne à la très adorable volonté de mon Dieu afin qu‘elle me possède si parfaitement que je ne l‘offense jamais.[14] Désormais Marie sera empêchée de faire ce que Dieu n‘a pas décidé pour elle. Ainsi, pendant trente-trois ans environ il lui sera impossible d‘aller communier malgré tout l‘amour qu‘elle vouait au Saint Sacrement, et elle s‘en plaignait longuement à Jésus:


Pour avoir votre divine Volonté, faut-il se priver de la communion?

Jésus répondit, parlant de ses saints:


– Non, au contraire. À proportion qu‘ils meurent à leur volonté, la communion les vivifie de la haine qu‘ils portent à leur volonté… Ils allument un grand feu de l‘Amour divin qui les consume et anéantit comme le suif et la mèche dans une chandelle.
Pourquoi suis-je privée de la communion?

C‘est une autre chose à part. C‘est que ma Passion vous a été donnée au lieu du Saint Sacrement, et que la divine Volonté veut vous faire vivre dans la mort.

barre FLEUR-JAUNE


Tout était crucifié en Marie. Un jour Jésus lui confia:
Ceux qui me donne leur coeur pour y faire ma demeure, Je leur donne le mien pour y faire la leur. Ceux qui se donnent à moi, Je Me donne à eux. Ceux qui me donnent leur Volonté, Je leur donne la mienne, mais il y en a très peu qui Me la donnent.

coeurs double


Marie s‘était livrée à Dieu pour l‘Église et la Gloire du Christ. Même de cela la postérité lui tiendra rigueur. Marie sera la cible de nombreux hommes d‘église, au nom de principes qui ne paraissent pas venir de l‘Esprit-Saint.



VIVRE L‘ENFER POUR SAUVER LES ÂMES


Dieu demande parfois à des saints de vivre des épreuves exceptionnelles, déconcertantes, et qu‘il vaut mieux ne pas trop désirer: elles seraient beaucoup trop dangereuses pour nous. Mais il y a tant d‘âmes à éloigner de l‘Enfer.

 coeurs2

 Voici ce que Marie des Vallées confie: … L‘Amour divin, caché derrière un rideau, me fit voir, en me les montrant du doigt seulement, un nombre incalculable d‘âmes telles qu‘elles sont quand elles sortent des mains du Créateur, avant d‘être souillées par le péché originel. Je les voyais, ornées d‘une si grande beauté que l‘homme n‘est pas capable de le comprendre et de l‘expérimenter. Oh! je ne m‘étonnais pas si Dieu est descendu du Ciel pour racheter de si belles créatures.

Elle s‘écrie aussi: Ô beauté incompréhensible des âmes! Ô admirable beauté! Oh! Quelle est cette beauté? Qu‘est-ce donc? Je n‘en sais rien, car elle est si merveilleuse qu‘il n‘y a point de paroles, ni de comparaisons capables d‘en exprimer la moindre partie!


Pour sauver ces âmes, Marie redouble de prières et supplie Dieu de lui faire connaître, et subir, les peines de l‘Enfer
Le Seigneur ne l‘exaucera pas tout de suite.

 

Mais, en novembre 1617, le dernier jour de l‘octave de la fête de Saint Martin, Marie, épouvantée,entend une voix terrible lui dire : Ce n‘est pas tout, il faut bien passer outre : il faut mourir aujourd‘hui et descendre en Enfer!

Puis une voix plus douce l‘encourage : Allez! C‘est moi qui vous y envoie.

jésus hostie


Marie subit longtemps (probablement plusieurs années) les tourments de l‘Enfer, avec quelques interruptions (notamment de 1618 à 1621) lui permettant de reprendre des forces. En effet, quoique la nature des tourments de Marie fût intellectuelle, leurs effets s‘en faisaient ressentir sur son corps. L‘épreuve fut terrifiante, et Marie dut subir aussi la déréliction la plus totale: l‘abandon de Dieu, car le péché n‘est pas une réalité banale. Ce mystère est grand et l’intelligence humaine ne peut le comprendre.

barre or4
LA COUPE DE SOUFRE ET DE FEU: LE MAL DES DOUZE ANS

Les peines de Marie des Vallées étaient jusqu‘ici intellectuelles. C‘est intellectuellement que Marie subissait la rage, la faim, la mort et le désespoir. Elle vivait dans le doute et dans des angoisses mortelles. L‘épreuve qui s‘annonça à la mi-carême 1621, dépassera de très loin les peines d‘Enfer déjà éprouvées. ―C‘est un Enfer tout nouveau que l‘Amour fera pour elle. [15]

 

Le ―mal de douze ans commence, à la suite du voeu de Marie, afin de sauver toujours davantage d‘âmes : ―Je fais voeu de souffrir tout ce que mon Époux a fait voeu pour moi que je souffre lorsqu‘il était sur la Croix.


Le matin de Noël 1621 Marie fut saisie d‘un épouvantable mal de tête ‖si cruel, si horrible… que j‘aurais, raconte-t-elle, mieux aimé souffrir les peines que j‘endurais en Enfer. Ce terrible tourment me dura toute la journée: je l‘ai bien éprouvé toujours pendant ce mal de douze ans, mais il n‘était pas si cruel que le premier jour.

EMBRASSE SA CROIX

Et il est à remarquer qu‘aussitôt que je fus prise de ce mal de tête, j‘oubliai entièrement la demande que j‘en avais faite. Si je m‘en fusse souvenu, cela m‘eût donné quelque consolation.

[16] Au cours de cette épreuve, Marie sera travaillée par sept sortes d‘étranges fièvres figurant les sept péchés capitaux dont elle devait porter la malédiction pendant douze ans. De nombreux témoignages relatent également la stigmatisation de Marie des Vallées.

Marie vivait la Passion du Christ, ―et achevait, en sa chair ce qui manque aux souffrances du christ, pour son corps qui est l‘Église.

Les épreuves et les souffrances de Marie des Vallées ont été terribles, et exceptionnelles, et on peut se demander comment une simple femme a pu les souffrir ? C‘est que Marie des Vallées n‘était pas seule: la Sainte Vierge la guidait jusqu‘à ―la perfection de son sacrifice. La Vierge Marie était présente dans la plupart des visions de sa fille de prédilection, comme elle l‘est avec tous ceux qui se conforment à son Fils Jésus et à ses souffrances. Car Jésus avait prévenu Marie des Vallées que son ―mal de douze ans, c‘était le renouvellement de sa propre Passion.

 épine


Ces supplices ne sont pas l‘oeuvre de la mort, mais de l‘Amour. Ils sont véritablement une participation aux souffrances du Christ dans sa Passion, en vue de la Rédemption du monde.

Et le Christ, voyant l‘amour de sa servante, est ―ivre de joie. Et lorsque le Christ s‘adresse à Marie des Vallées, Il s‘adresse à chaque homme dont Il a pris sur Lui toutes les souffrances et toutes les peines.

 Il convient aussi de remarquer qu‘en Marie, c‘est Jésus qui souffre. Comme chez de nombreux autres mystiques, Jésus, pour poursuivre sa Passion, investit certaines âmes, et vient souffrir en elles.

 barre or4

[17] Ce qui suit le prouve aisément :


Le 27 décembre 1619, Marie voit en elle-même Notre Seigneur souffrant plus cruellement que jamais. Elle en éprouve une telle douleur, une telle compassion qu‘elle appelle la Très Sainte Vierge:Ayez donc pitié de votre divin Fils, lui dit-elle, retirez-le donc d‘ici!‘

Au même instant, elle est elle-même subitement retirée de l‘Enfer.
Ce texte met également en évidence le rôle essentiel de la Sainte Vierge.

Le Père est le ―bras, la Vierge Marie est la ―main. La mission de Marie est de hâter l‘achèvement de l‘oeuvre de Dieu.

La Vierge Marie est chargée d‘acheminer les hommes jusqu‘à leur terme. Elle se choisit avec son Fils, des hosties pour l‘élévation du monde.

 messe Consecration-Eucharistique

barre or4

La Vierge Marie avait d‘ailleurs dit à Marie des Vallées:La Passion est une Messe, et souffrir, c‘est y assister. La Rédemption du monde est un mystère; la co-rédemption en est un également, tout aussi impénétrable. C‘est ce que semble confirmer le dialogue qui suit, après que Marie se fût plainte à Jésus de l‘excès de ses souffrances:


Réjouissez-vous, dit Jésus, car votre récompense est grande dans les cieux.
Quelle est cette récompense ?
C‘est le salut des âmes pour lesquelles nous souffrons et que nous gagnerons au Ciel.


Avant chaque épreuve
, Marie verra Notre-Dame, en larmes, pour lui annoncer de nouvelles douleurs. Car le coeur de Marie des Vallées ne fait plus qu‘un avec le coeur de la Mère de Jésus, de Jésus qui lui dit, le 8 février 1652: ―Voilà votre coeur. C‘est celui de la Mère, mais c‘est aussi le vôtre, car, enfin, Moi, ma Mère et vous, nous n‘en avons qu‘un que voilà.

Marie des Vallées, que l‘on appelait couramment la Soeur Marie bien qu‘elle ne fût pas religieuse, fut très probablement stigmatisée à cette époque, car des traces de plaies sanglantes et douloureuses furent visibles ―pendant dix-neuf ans et cinq mois (selon Saint Jean Eudes).

Les linges ayant essuyé le sang furent d‘ailleurs distribués comme reliques, par Saint Jean Eudes, après la mort de Marie. On en trouve la preuve dans ses lettres, notamment à Monsieur Mannoury.


barre or4
L‘ANÉANTISSEMENT DE MARIE

CROIX


Des mystiques que Dieu suscite, on a dit le meilleur et le pire. Marie des Vallées ne fut pas une ―illuminée au sens péjoratif du terme. Elle fut, douloureusement ―la fille lumineuse et illuminante de Dieu. Marie est au coeur de la Passion du Christ. Sa lumière, c‘est la Croix.

Pour sauver les âmes, en communion avec le Christ, elle acceptera d‘aller au plus profond de l‘agonie et de la Croix de Jésus. Crucifiée, plongée dans les supplices, elle n‘est pas malheureuse car elle sait qu‘elle répond pleinement au dessein de Dieu sur elle. Sa joie est réelle, mais tellement au-dessus des joies humaines qu‘elle ne peut pas être comprise par le monde qui la juge sans valeur :


Vous êtes ma Croix vivante, lui dit un jour Jésus. Je me suis revêtu de votre chair, c‘est pourquoi vos souffrances sont d‘une valeur presque infinie. C‘est l‘inhabitation du Christ en Marie qui rend ses souffrances comparables aux siennes.

Comme Saint Paul, Marie achève en elle, dans son corps que le Christ s’approprie, ce qui manque à la Passion du Christ, pour son Corps qui est l‘Église.

 barre or4

Saint Jean Eudes rapporte une vision à laquelle il assista en 1649.

Le Christ demanda à Marie :


Qui êtes-vous ?
Je n‘en sais rien.

Dites, dites, insiste Jésus.
Je suis la plus misérable des créatures.
Non, ce n‘est pas cela, reprend le Christ.


Alors Marie déclara :


Le Verbe s‘est revêtu de ma chair, et c‘est Lui qui souffre en moi.
Oui, c‘est cela, la mission de Marie des Vallées.
Émile Dermenghem pense que Marie des Vallées représente ―comme la partie pour le tout, l‘ensemble des saints.

Marie figure l‘Église au sein de laquelle chaque chrétien, cellule de ce Mystérieux Corps, doit être configuration au Christ, quelle que soit sa condition existentielle, parce qu‘il y est appelé par une force plus forte que lui-même. L‘homme converti, et donc, rendu à lui-même, reproduit les oeuvres de l‘Amour. Jésus est la cause première de la conversion, les saints y coopèrent comme causes secondes.

Marie des Vallées verra toutes les puissances de son âme agoniser et mourir l‘une après l‘autre: d‘abord l‘esprit, puis la mémoire, ensuite l‘entendement, et enfin la volonté. C‘est le travail d‘anéantissement de soi qui peut durer de longues années.

 jesus_souffrance_a

Le 8 juillet 1653, c‘est, pour Marie, l‘expira vit de l‘esprit; le 30 mars 1654, c‘est l‘expira vit des sens.

 

Marie ne sait plus ce qu’elle est devenue. Les sens intérieurs de Marie entrent dans une agonie qui durera sept ans. C‘est la nuit noire décrite par Saint Jean de la Croix. Marie vit des ―incertitudes effroyables. Elle ne sait plus si Dieu existe…


Dorénavant Jésus peut dire à Marie:
Je suis Tout et vous n‘êtes que mon habit dont Je suis revêtu… Mais comme l‘habit n‘a aucun mouvement que celui qui lui est donné par la personne qui en est revêtue… ce sera Moi qui serai Tout et qui ferai tout Cela en vous, et non vous.

Jésus est donc le mouvement de Marie. Marie est comme un tissu ajusté sur le Corps de Dieu. Peu de gens ont compris la mission de Marie et l‘inhabitation de Jésus en elle.

Elle fut critiquée de toutes les façons, et les polémiques suscitées autour d’elle furent d‘une rare violence, mais ―c‘est une particularité de l‘esprit des ténèbres que de se servir de la vérité pour proclamer le mensonge

barre FLEUR-JAUNE


[1] Le Manuscrit de Québec
[2]
La paroisse où fut élevée Marie des Vallées
[3] Cela est connu: il est bon, parfois, de rendre à César ce qui est à César, en l‘occurrence de rendre au Roi de France ce que l‘on attribue généralement à Jules Ferry.
[4]
Les Jésuites ont l‘appui du Roi, les Oratoriens sont soutenus par les jansénistes.
[5]
Encore faut-il cependant s‘en méfier, car on ne sait jamais les vraies motivations de ceux qui exploitent, à leur profit, les forces occultes.
[6]
Concernant l‘existence de Satan, on peut rapporter ici, tant cela fait penser à ce qui se passe de nos jours, l‘aveu du prieur d‘une abbaye de la région, Guillaume Édelin: ―Le diable lui avait fait promettre de prêcher hautement qu‘il n‘y avait ni sorcier ni magicien, pour mieux appuyer son empire.
[7] Sous le règne de François 1er, 100 000 personnes furent condamnées pour crime de sorcellerie. En 1605, sous Henri IV, il y eut 1600 accusés pour sorcellerie. On cite également de très nombreux cas de possessions et d‘obsessions. On est de plus en plus convaincu que ces phénomènes, qui déconcertent même la médecine moderne totalement impuissante, se rattachent à la mystique diabolique.
[8] Pour des raisons politiques: difficultés des relations entre la France et le Saint-Siège, le sacrement de confirmation n‘avait pas été administré depuis 25 ans dans le diocèse de Coutances.
[9] Ce texte fut probablement connu de saint Louis-Marie Grignion de Montfort qui s‘en inspira très certainement pour rédiger sa propre consécration comme esclave de le Vierge Marie.
[10] Confidences faites à Saint Jean Eudes
[11] Mgr de Briroy était intervenu plusieurs fois dans des cas de possessions et de sortilèges; il avait eu également à lutter personnellement contre le satanisme.
[12] D‘après le Père E. Lelièvre, biographe de Marie des Vallées, les sorciers renouvelaient les philtres à mesure qu‘on les détruisait par les exorcismes.
[13] Marikka DEVOUCOUX ―L‘oeuvre de Dieu en Marie des Vallées‖ page 54
[14] D‘après saint Jean Eudes, son directeur spirituel
[15] D‘après Saint Jean Eudes
[16] D‘après Gaston de Renty
[17] Parmi les mystiques modernes et très connus qui expérimentèrent des phénomènes comparables, on peut citer Padre Pio qui ne vivait plus; c‘était le Christ qui vivait en lui.
[18] Rapporté par le Moine de Barbery.
[19] Ces faits n‘auraient probablement pas été connus sans les adversaires de Saint Jean Eudes qui s‘étaient emparé d‘un de ses documents personnels.
[20] À Mgr de Montmorency-Laval, à la Visitation de Caen, aux Bernardines de Thorigny.

Source http://www.rosamystica.fr/les-grandes-mystiques-de-l-eglise-catholique-c27756580
Pour lire les prophéties impressionnantes cliker sur ce lien: https://myriamir.wordpress.com/2016/09/04/propheties-impressionnantes-et-assez-troublantes-possiblement-pour-nous-du-xxie-siecle-recus-par-marie-des-vallees-mystique-stigmatisee/

barre FLEUR-JAUNE

 

Publié dans MARIE DES VALLÉES..LAÏQUE, MYSTIQUE,STIGMATISÉE | Tagué | 1 commentaire

Saint Bernard de Clairvaux *Extrait du Traité de l’Amour de Dieu*COMMENT IL FAUT AIMER DIEU ?

st clairvaux_bernard

D’abord reconnais ceci :
Dieu mérite notre amour sans mesure.
Je résume donc ce que j’ai déjà dit : c’est lui qui nous a aimés le premier

(1 Jean 4, 10). Lui qui est si grand, il nous a aimés d’un amour très grand, tout à fait gratuit, nous qui sommes si petits !
Et il nous a aimés tels que nous sommes.
C’est pourquoi je me souviens d’avoir dit au début: la mesure pour aimer Dieu, c’est de l’aimer sans mesure.
Or, l’amour qui tend vers Dieu tend vers celui qui est immense et sans limite. Alors, je vous le demande, est-ce que notre amour pour lui peut avoir une mesure et une limite ?
Non ! Il faut encore dire ceci : notre amour pour Dieu n’est pas gratuit, nous payons une dette.
Dieu est immense, et il nous aime.
Dieu a la vie pour toujours, et il nous aime. Dieu est l’amour qui dépasse tout ce qu’on peut connaître (Éphésiens 3, 19), et il nous aime. La grandeur de Dieu est sans limite (Psaume 144, 3), sa sagesse est sans mesure (Psaume 146, 5), sa paix dépasse tout ce que nous pouvons comprendre (Philippiens 4, 7). Et nous, est-ce que nous allons mesurer notre amour pour Dieu ? « Seigneur, je t’aimerai. Tu es ma force, je m’appuie sur toi. C’est toi qui me protèges et me délivres » (Psaume 17, 2-3), toi qui es pour moi tout ce que je peux désirer, tout ce que je peux aimer.

PAIN DE VIE

Toi, mon Dieu, toi, mon secours, je t’aimerai selon le don que tu m’as fait et selon ma mesure. Ma mesure ne peut atteindre ce que tu mérites, mais du moins je ferai tout ce que je peux. Non, je ne suis pas capable de t’aimer comme je le dois, je ne peux dépasser mes limites. Plus tard, quand tu voudras bien me donner davantage, je t’aimerai davantage, mais jamais je ne t’aimerai comme tu le mérites. Tu vois combien je suis imparfait.

 
Pourtant, tu inscris dans le livre de la vie » (Psaume 138, 16) ceux qui font ce qu’ils peuvent, même s’ils ne peuvent pas faire tout ce qu’ils doivent.
On voit donc clairement, je crois, comment il faut aimer Dieu, et pourquoi il mérite notre amour. Oui, je dis bien : pourquoi il mérite notre amour. Mais qui peut dire jusqu’à quel point il faut l’aimer ? Qui, je vous le demande, peut le dire ? Qui peut même le comprendre ?…

 livre de la vie

-L’AMOUR EST UNE DETTE-

 fleur rose jaune

Celui qui n’a pas la foi connaît Dieu moins bien que nous, et il montre moins d’amour. Pourtant, il sait fort bien ceci : Dieu lui a donné tout ce qu’il est et tout ce qu’il possède, et il doit se donner tout entier à Dieu.
Mais moi, j’ai la foi. Qu’est-ce que je dois donc faire ?
Dieu m’a donné la vie gratuitement. Il me donne généreusement tout ce qui m’est nécessaire. Quand je suis dans la peine, il me console avec bonté. Il prend soin de moi et me guide attentivement.
De plus, dans le Christ qui est le Sauveur, Dieu m’a totalement libéré. Il garde ma vie pour toujours et la remplit de bienfaits et de gloire. On lit dans les Livres Saints : « Dieu nous a totalement libérés » … (Psaume 129, 7). Et encore: « Le Christ est entré une fois pour toutes dans le Lieu saint, près de Dieu. Ainsi, il nous a libérés pour toujours » (Hébreux 9, 12).
Et, au sujet de notre vie avec Dieu, on lit: « Il n’abandonnera pas ses amis, il les gardera pour toujours » (Psaume 36, 28). Au sujet des bienfaits qu’il nous donne, on lit encore. « Vous pouvez tendre le bord de votre vêtement, et on versera dedans beaucoup de grains. Les grains seront bien secoués, serrés, ils déborderont ! » (Luc 6, 38).

fleur rose jaune

Les Livres Saints disent aussi « Il y a des choses que les yeux ne voient pas. Les oreilles ne les entendent pas. Le cœur humain n’y a jamais pensé. Eh bien, ces choses-là, Dieu les a préparées pour ceux qui ont de l’amour pour lui » (Ésaïe 64, 4 ; 1 Corinthiens 2, 9).
Et au sujet de la gloire que nous allons recevoir, on lit: « Nous attendons comme Sauveur, le Seigneur, le Christ Jésus.

 

C’est lui qui changera notre faible corps pour le rendre semblable à son corps glorieux » (Philippiens 3, 20-21). Et encore : « On ne peut comparer les souffrances d’aujourd’hui avec la gloire que Dieu nous montrera clairement plus tard » (Rra 8, 18). Et aussi : « Oui, nos souffrances actuelles sont légères et durent peu de temps. Mais elles nous préparent une gloire extraordinaire. Cette gloire durera toujours et elle est beaucoup plus grande que nos souffrances. C’est pourquoi nous ne regardons pas vers les choses qu’on voit, mais vers les choses qu’on ne voit pas » (2 Corinthiens 4, 17-18). Que rendrai-je au Seigneur pour tout cela ? (Psaume 115,12).

 st bernhardsbild

Je dois me donner tout entier à Dieu, parce qu’il m’a donné tout ce que je suis. Et je dois l’aimer de tout mon être. Cela est juste et raisonnable. La foi me fait comprendre ceci plus j’estime Dieu au-dessus de moi, plus je dois l’aimer. En effet, ce que je suis, il me l’a donné. Mais de plus, il s’est donné lui-même à moi. Nous avons reçu le commandement d’aimer le Seigneur notre Dieu de tout notre cœur, de toutes nos forces et par toute notre vie (Deut. 6, 5). Cela veut dire : avec tout ce que nous sommes, avec tout ce que nous savons, avec tout ce que nous pouvons faire. Ce commandement, nous l’avons reçu quand le « temps de la foi » n’était pas encore venu. Dieu n’était pas encore venu parmi nous comme un homme, il n’était pas mort sur la croix, il n’était pas sorti de la tombe, il n’était pas retourné près du Père. Ainsi, Dieu est juste en réclamant notre reconnaissance pour les dons qu’il nous a faits…
Et si je dois me donner tout entier à Dieu parce qu’il m’a créé, ma dette est beaucoup plus grande parce qu’il m’a recréé d’une façon plus merveilleuse encore. Oui, pour Dieu, cela a été moins facile de me recréer que de me créer. Pour me créer, et pour créer tout ce qui existe, les Livres Saints disent : « Dieu a dit une seule parole, et tout a été fait » (Psaume 148, 5).

 
Mais celui qui m’a créé par une seule parole a dû faire beaucoup plus pour me recréer. Il a dû faire des choses merveilleuses. Il a dû supporter des choses dures, et non seulement dures, mais des souffrances qui ne sont pas dignes de Dieu. « Que rendrai-je au Seigneur pour tous les biens qu’il m’a donnés ? » (Psaume 115, 12). Au début, quand Dieu m’a créé, il m’a donné la vie à moi-même.

fleur rose jaune

Puis, quand Dieu m’a recréé, il s’est donné lui-même à moi. Et en se donnant lui-même, il m’a rendu la vie. C’est donc une double dette que j’ai envers lui. Ainsi, il m’a donné une première fois à moi-même, puis il m’a rendu une seconde fois à moi-même. Mais que rendrai-je à Dieu qui se donne à moi ? Même si je pouvais me donner mille fois, est-ce que je suis quelque chose, moi, à côté de Dieu ?

 

LE QUATRIÈME ÉCHELON DE L’AMOUR,

C’EST S’AIMER SOI -MÊME UNIQUEMENT POUR DIEU

coeur s aimer sois meme pour dieu

 Il est heureux, celui qui a pu arriver jusqu’au quatrième échelon de l’amour. Alors il s’aime lui-même uniquement pour Dieu.
Ta fidélité, mon Dieu, ressemble aux montagnes les plus hautes » (Psaume 35, 7).
Cet amour est une montagne, c’est la haute montagne de Dieu, « riche et fertile » (Psaume 67, 16). Mais, « qui montera sur la montagne du Seigneur ? » (Psaume 23, 3)
« Qui me donnera les ailes de la colombe pour que je m’envole et me repose là-haut ? « (Psaume 54, 7)
Le lieu où Dieu habite, c’est la paix, cette habitation se trouve à Sion ! (Psaume 75, 3). « Hélas, je suis loin de mon pays, et je trouve le temps long » (Psaume 119, 5).
Est-ce que, un jour, je pourrai comprendre cela ?
Je suis fragile comme un plat en terre.
Est-ce que, un jour, je pourrai connaître un tel amour et faire l’expérience d’avoir le cœur ivre de Dieu ? Si oui, je ne penserai plus à moi-même et je me regarderai comme un plat sans valeur. Je m’en irai entièrement vers Dieu, je m’unirai à Dieu, et n’aurai plus qu’un seul cœur avec lui (1 Corinthiens 6, 17). Je dirai alors : « Mon cœur et tout mon être s’épuisent à te désirer.
Dieu, tu es le Dieu de mon cœur, mon bien pour toujours » (Psaume 72, 26). A mon avis, si Dieu donne à quelqu’un de faire une expérience semblable pendant sa vie sur terre, celui-là est heureux et c’est un grand ami de Dieu. Oui, il est heureux, même si cette expérience est rare, si elle arrive une seule fois, subitement, juste le temps d’un éclair. Si cela t’arrive, tu te perds d’une certaine façon, comme si tu n’existais plus.
Tu ne sens plus la vie en toi. Tu deviens vide de toi-même et tu n’es presque plus rien. Ce n’est pas un simple bonheur humain. Non, c’est déjà la vie du ciel… Mais les Livres Saints disent : Dieu a fait toutes choses pour lui-même (Proverbes 16, 4).

 fleur rose jaune

C’est pourquoi, un jour, tout ce qui a été fait sera en accord avec le Créateur.
Alors, nous devons déjà, au moins de temps en temps, essayer de nous préparer à ce jour. Dieu a voulu que toutes choses existent pour lui. Nous devons donc être en accord avec lui existé uniquement pour lui, faire que toutes choses soient pour lui, pour sa seule volonté et non pour notre plaisir. Ainsi, notre joie, ce ne sera pas de satisfaire nos besoins égoïstes, ni même d’être heureux. Ce sera de voir la volonté de Dieu s’accomplir en nous et par nous.
C’est ce que nous demandons chaque jour dans la prière : « Que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel » (Matthieu 6, 10). Cet amour-là est vraiment saint et pur. Oui, c’est une douce et tendre affection pour Dieu. C’est un désir très pur de la volonté qui ne cherche plus son intérêt. Ce désir est pur, débarrassé de tout intérêt pour soi, parce qu’il n’y a plus rien d’égoïste en lui.
Et il est plus doux et plus tendre, parce que tout ce qu’on ressent alors vient de Dieu.
Sentir en soi un tel amour pour Dieu, c’est devenir comme Dieu lui-même.
Prenons des comparaisons : – Une goutte d’eau mélangée à beaucoup de vin semble disparaître: elle prend la couleur et le goût du vin.

eucharistie

Le fer, tout rouge dans le feu, devient semblable au feu, il perd la forme qu’il avait avant. L’air répandu dans la lumière du soleil se transforme en cette lumière, il ne semble pas éclairé par la lumière, mais être lui-même lumière.
Voilà ce qui arrive aux vrais amis de Dieu.
Nous ne pouvons expliquer comment, mais toute la force de leur amour devra être totalement en accord avec la volonté de Dieu. Sinon, est-ce que Dieu pourra être tout en tous (1 Corinthiens 15, 28), s’il reste encore en toi quelque chose d’égoïste ?
Sans doute quelque chose de toi restera, mais sous une autre forme, avec une autre gloire et une autre puissance (1 Corinthiens 15, 39-41).

 fleur rose jaune

Quand cela arrivera-t-il ? Qui le verra ? Qui en fera l’expérience ?
« Mon Dieu, je viendrai devant toi, je serai devant ton visage, mais quand ? »
(Psaume 41, 3). Seigneur mon Dieu, « mon cœur t’a parlé, mon visage t’a cherché c’est ton visage, Seigneur que je chercherai » (Psaume 26, 8).

Penses-tu qu’un jour je verrai ta maison ? (Psaume 26, 4).


 http://jesusmarie.free.fr/bernard_traite_amour_dieu.html

 

 

Publié dans SAINT BERNARD DE CLAIRVAUX | Tagué

Qui est Luisa Piccarreta (mystique)? Extrait Biographie*

luisa_face

 

NAISSANCE

Luisa Piccarreta est née dans une famille pauvre à Corato près de Bari dans le Sud de l’Italie, le 23 avril 1865, soit le Dimanche après Pâques.

À l’occasion de la canonisation de Soeur Faustine Kowalska, le 30 avril 2000, le Pape Jean-Paul II a nommé officiellement en Église, ce Dimanche après Pâques, « le dimanche de la Miséricorde », selon les désirs de Jésus exprimés à Soeur Faustine. Jésus voulait ainsi souligner que Luisa était celle choisie par Dieu de toute éternité pour nous apporter ce Don de la Divine Volonté, fruit par excellence de sa Divine Miséricorde.

barre FLEUR-JAUNE

SA FAMILLE

Les deux parents de Luisa étaient de Corato. La famille comptait cinq filles et ils vivaient de l’agriculture. Tous les deux, son père et sa mère sont décédés en mars 1907, à dix jours d’intervalle. Luisa était alors âgée de 42 ans.

Luisa décrit ses parents comme étant des anges de pureté; ils faisaient bien attention à ne pas laisser leurs enfants entendre n’importe quoi. Le mensonge, l’hypocrisie, la fausseté n’avaient pas de place en leur foyer. Les parents étaient vigilants envers leurs enfants et ne les présentaient jamais à qui que ce soit, gardant toujours la famille ensemble.

barre FLEUR-JAUNE

AMOUR JALOUX POUR JÉSUS

Jésus, dans son amour jaloux, expliqua par la suite à Luisa, qu’Il l’avait dotée d’une grande timidité et l’avait gardée à l’écart d’autrui, ne voulant que rien ne la touche, ni les choses, ni les personnes. Jésus la voulait étrangère à tout et à tous et n’ayant de plaisir qu’en Lui-même.

 

BAPTÊME

Luisa fut baptisée l’après-midi même de sa naissance.

barre FLEUR-JAUNE

PREMIÈRE COMMUNION- CONFIRMATION

À l’âge de neuf ans, Luisa fait sa première Communion ainsi que sa Confirmation le Dimanche après Pâques, soit le Dimanche de la Miséricorde.

Dès son jeune âge, elle nourrit un grand amour pour l’Eucharistie et passe des heures à l’église, agenouillée et immobile, toute absorbée, en contemplation devant le Très Saint Sacrement.

 

barre FLEUR-JAUNE

VOIX INTÉRIEURE DE JÉSUS

Peu après sa première Communion, Luisa commence à entendre la voix de Jésus à l’intérieur de son âme. Jésus lui enseignait des méditations sur la Croix, l’obéissance, Sa Vie cachée à Nazareth, les vertus et plusieurs autres sujets, la dirigeant et la corrigeant quand il le jugeait nécessaire.

 

DÉTACHEMENT TOTAL

Graduellement, Jésus l’amena à un détachement d’elle-même et de tout. Dès son plus jeune âge Jésus lui enseigna l’immense valeur de la souffrance acceptée volontairement et celle de la prière d’intercession pour autrui.

jesusaudesert1

LUISA CONSOLE JÉSUS

Luisa aimait vénérer les Plaies de Jésus et désirait souffrir pour Lui. Il lui arrivait de baiser les Saintes Plaies de Ses pieds, de Ses mains, de Son Côté et alors les Plaies disparaissaient; de cette manière Jésus lui faisait part du soulagement et du réconfort qu’elle pouvait lui procurer face à Ses souffrances.

barre FLEUR-JAUNE

FILLE DE MARIE

Durant son enfance, Luisa était plutôt gênée et peureuse, mais aussi vive et joyeuse. A l’âge de onze ans, elle est reçue « Enfant de Marie ». Plus tard, Luisa demeurera petite de taille et toujours sereine avec de grands yeux pénétrants et animés.

 

PREMIÈRE VISION

Un jour, à peine âgée de treize ans, Luisa travaillait chez elle tout en méditant intérieurement sur la Passion de Jésus. Soudainement, elle devint oppressée et sortit sur le balcon au deuxième étage de la maison pour prendre un peu d’air. C’est alors qu’elle eut une première vision en regardant en bas dans la rue; elle vit une foule immense et, au milieu de la foule, Jésus transportant péniblement Sa Croix. La foule le poussait et le maltraitait de tous côtés.

Jésus aussi cherchait son souffle, Il avait le visage tout couvert de sang, dans une attitude qui faisait pitié à voir.

 jesus pleure

« ÂME, AIDE-MOI »

Soudainement, Jésus la regarda et lui dit: « Âme, aide-Moi ».

C’est alors que l’âme de Luisa fut remplie de compassion pour Jésus. Elle revint à sa chambre et pleura abondamment.

Elle dit alors à Jésus qu’elle voulait souffrir Ses peines afin de Le soulager parce que ce n’était pas juste que Jésus souffrit autant par amour pour elle, pauvre pécheresse et qu’elle ne souffre rien pour l’amour de Lui.

barre FLEUR-JAUNE

BATAILLE FÉROCE CONTRE LES DÉMONS

Alors commencèrent ses premières souffrances physiques de la Passion de Jésus, quoique cachées. De treize ans à seize ans, Luisa livra une bataille féroce contre les démons, luttant contre leurs suggestions infernales, leurs railleries, leurs tentations… Luisa résista vaillamment à leurs attaques. Malgré leurs bruits effrayants, elle réussit à ignorer toutes ses peurs en gardant son regard fixé sur Jésus comme la Vierge Marie le lui avait appris.

 

L’ASSAUT FINAL DES DÉMONS

De santé fragile, Luisa passait ses étés à la ferme familiale nommée«Desperate Tower» à quelques vingt sept kilomètres de Corato.

 luisapica-démon

barre FLEUR-JAUNE

DEUXIÈME VISION

C’est là que Luisa souffrit l’assaut final des démons à l’âge de seize ans. L’attaque fut si violente qu’elle en perdit connaissance. C’est alors qu’elle eut une seconde vision de Jésus souffrant qui lui dit: « Viens avec Moi et offre-toi à Moi.

Viens devant la Justice Divine comme « victime de réparation » pour les nombreux péchés commis contre Elle, en sorte que Mon Père puisse être apaisé et qu’Il puisse accorder la conversion aux pécheurs ».

 

UN CHOIX

Et Jésus ajouta ceci: « Deux choix s’offrent à toi: Des souffrances sévères ou des souffrances plus légères. Si tu refuses la forme sévère, tu ne pourras participer aux grâces pour lesquelles tu as combattu si bravement.

Mais, si tu acceptes, Je ne te laisserai jamais seule et Je viendrai vivre en toi pour souffrir tous les outrages commis contre Moi par les hommes. Ceci est une grâce très particulière qui n’est donnée qu’à quelques personnes parce que la majeure partie n’est pas préparée à entrer dans le champ de la souffrance. Deuxièmement, Je te permets de t’élever à autant de gloire que de souffrances communiquées à toi, à travers Moi. Et enfin, Je te donnerai l’assistance, le soutien et le réconfort de ma Très Sainte Mère, à qui fut accordé le privilège de te prodiguer toutes les grâces nécessaires selon ta docilité et ta réciprocité.

barre FLEUR-JAUNE

VICTIME DE RÉPARATION

Alors Luisa s’offrit généreusement à Jésus et à Notre-Dame des Douleurs, prête à se soumettre à tout ce qu’Ils voudraient d’elle.

 couronne

COURONNE D’ÉPINES

Quelques jours plus tard, Luisa reçu de Jésus la couronne d’épines qui lui causa des spasmes douloureux, l’empêchant de prendre et d’avaler toute nourriture.

 

ABSTINENCE DE NOURRITURE

Dès lors, Luisa vécut dans une abstinence presque totale de nourriture jusqu’à sa mort, ne se nourrissant que de l’Eucharistie et de la Volonté Divine.

 

PERSÉCUTIONS

Luisa dut subir beaucoup d’incompréhension et de persécutions de la part de sa famille et de nombreux prêtres.

 

barre FLEUR-JAUNE

MORT APPARENTE

À cause des souffrances de plus en plus fortes de la Passion de Jésus, Luisa perdait souvent conscience. Son corps devenait rigide, quelquefois durant plusieurs jours jusqu’à ce qu’un prêtre la ramène de son état de mort apparente.

 

LA SAINTE OBÉISSANCE

Par la bénédiction du prêtre et au nom de la Sainte Obéissance, Luisa revenait à elle.

 

TERTIAIRE DOMINICAINE

À l’âge de dix-huit ans, Luisa devint Tertiaire Dominicaine et prit le nom de Soeur Madeleine.

barre FLEUR-JAUNE

SOUFFRANCES CONTINUELLES

À vingt-deux ans, Jésus lui dit: « Bien-aimée de Mon Coeur, si tu acceptes de souffrir, non plus par intervalles comme dans le passé, mais continuellement, J’épargnerai l’humanité . Je te placerai entre Ma Justice et l’iniquité des humains. Quand J’exercerai, Ma Justice, en envoyant une multitude de catastrophes sur eux, te trouvant au milieu, c’est toi qui seras touchée et eux seront épargnés. Autrement, Je ne pourrai pas retenir le bras e la Justice de Dieu plus longtemps ».

 luisa au lit

CLOUÉE AU LIT PENDANT PLUS DE 64 ANS

Luisa accepta et c’est ainsi qu’elle fut alitée pour le reste de sa vie, soit plus de soixante-quatre ans. C’est sa soeur cadette Angela demeurée célibataire, qui prit soin de Luisa durant toute sa vie.

 

VOMISSEMENTS RÉPÉTÉS

À cette époque, Luisa prenait encore un peu de nourriture qu’elle vomissait aussitôt. Mais, chose extraordinaire, la nourriture réapparaissait toute entière dans l’assiette et plus belle qu’auparavant.

barre FLEUR-JAUNE

DOULEURS SPIRITUELLES INDESCRIPTIBLES

Luisa souffrit également des douleurs spirituelles indescriptibles, surtout l’absence de Jésus qu’elle ressentait péniblement.

 

AUCUNE ESCARRE DURANT 64 ANS

Son cinquième et dernier confesseur, Don Benedetto Calvi certifie un autre phénomène extraordinaire: « Durant les soixante-quatre ans qu’elle fut alitée, jamais elle n’eut d’escarre ».

 barre coeurfleur

MARIAGE MYSTIQUE

Luisa ne s’est jamais mariée. A vingt-trois ans, elle reçut la grâce du Mariage Mystique le 16 octobre 1888. Épouse crucifiée, Luisa ne devint jamais religieuse comme elle le désirait, mais Jésus lui dit qu’elle était « la vraie religieuse de Son Coeur ».

 

DON DE LA DIVINE VOLONTÉ

Le 8 septembre 1889, onze mois plus tard, ce Mariage fut renouvelé au Ciel en présence de la Très Sainte Trinité. C’est à cette occasion que Luisa reçut pour la première fois le Don de la Divine Volonté.

 

MARIAGE DE LA CROIX

Peu de temps après avoir rencontré Luisa, le Bienheureux Annibale Di Francia, son confesseur extraordinaire et censeur de ses travaux, écrivit à son sujet: « Même si elle ne possède aucune science humaine, (Luisa savait à peine lire et écrire) elle est dotée de beaucoup de sagesse entièrement céleste, et de la science des Saints. Sa façon de parler irradie la lumière et console; ingénieuse de nature, les études formelles qu’elle a effectuées dans sa jeunesse se limitent à une première année ».

barre FLEUR-JAUNE

SEULE, CACHÉE, INCONNUE

Parmi ses traits de caractère, il faut noter que Luisa aimait la discrétion et l’effacement et possédait une grande prédisposition à l’obéissance.

Le Bienheureux Annibale Di Francia ajoute: « Elle veut être seule, cachée, inconnue. Pour rien au monde Luisa n’aurait voulu que son intimité et ses communications avec le Seigneur Jésus soient révélées publiquement, surtout de son vivant. Si Jésus Lui-même ne l’avait exigé. Elle a toujours fait preuve de la plus grande obéissance, d’abord à Jésus et ensuite à l’égard de ses confesseurs que Jésus Lui-même lui assignaient. »

Cette disposition lui fit traverser des périodes pénibles au cours desquelles elle sentait cruellement le conflit entre son inclination naturelle et les exigences de sa mission, telle que voulue par Jésus.

On peut dire que pendant quarante ans, elle s’est fait violence sur ce point, tout en partageant les souffrances de Jésus pour sauver des âmes, faisant preuve d’une générosité exceptionnelle, presqu’inhumaine, à tout le moins incompréhensible. Il est difficile de concevoir un oubli de soi poussé plus loin que celui de Luisa.

 

CINQ CONFESSEURS

Dès son adolescence et tout au long de sa vie, Luisa se vit assigner cinq confesseurs nommés par différents Archevêques de son diocèse et qui se succédèrent auprès d’elle jusqu’à sa mort.

Don Gennaro Di Gennaro, Curé de la paroisse Saint Joseph fut son troisième confesseur de l898 à l922. C’est lui qui lui ordonna, par obéissance d’écrire au fil des jours, tout ce qui se passait entre Jésus et elle.

Chaque jour, la Messe était célébrée dans la chambre de Luisa, ce qui était vraiment exceptionnel à cette époque. C’est le Pape Pie X qui lui octroya cette permission. Les rideaux restaient fermés autour de son lit durant plus de deux heures après la communion, alors qu’elle accomplissait son Action de grâces.

 luisa piccarreta morte a 81 ans

barre FLEUR-JAUNE

MORT DE LUISA

Luisa rentra à la Maison du Père à l’âge de 81 ans, le 4 mars 1947, suite à une pneumonie qui dura quinze jours. Ce fut la seule maladie dont elle souffrit durant sa longue vie.

Sa mort fut marquée de phénomènes extraordinaires. A cause des si nombreuses expériences de sorties hors-corps de son âme durant toute sa vie, les médecins mirent quatre jours avant de la déclarer réellement décédée.

Comme à l’ordinaire Luisa était assise droite dans son lit avec quatre oreillers derrière elle. Luisa ne s’appuyait jamais sur ceux-ci parce qu’elle n’avait pas besoin de sommeil. Il fut impossible de l’allonger même avec l’aide de plusieurs personnes; seule sa colonne vertébrale était rigide. Il fallut donc construire une tombe spéciale en forme de « L ».

Contrairement à la rigidité habituelle de son corps lorsqu’elle voyageait la nuit avec Jésus à travers le monde et les siècles, voilà que maintenant son corps était flexible. Les médecins pouvaient bouger sa tête dans toutes les directions sans aucun effort, lever ses bras, plier ses poignets et ses doigts demeurés souples. Ils levaient ses paupières et constataient que ses yeux étaient toujours brillants et non voilés. Luisa semblait encore en vie ou simplement endormie. Après de nombreux examens, les médecins finirent par constater son décès.

Elle demeura ainsi durant quatre jours sur son lit de mort sans aucun signe de décomposition bien qu’elle n’ait été aucunement embaumée.

Nous pourrions ajouter beaucoup d’autres faits extraordinaires qui ont caractérisé la vie de Luisa Piccarreta et qui confirment d’une façon éloquente les nombreuses grâces spéciales qu’elle a reçue pour accomplir sa mission unique et exceptionnelle, dépassant l’entendement humain.

F I A T !

barre FLEUR-JAUNE


 luisa sa soeur

Autres éléments biographiques

 

Luisa Piccarreta est née à Corato (Bari) en Italie, le dimanche 23 avril 1865 et fut baptisée le jour même.

Sa famille était l’une de ces familles patriarcales que l’on trouve encore aujourd’hui dans les Pouilles. Des gens qui aiment vivre à l’air des champs. Ses parents, Vito Nicola et Rosa Tarantino, eurent cinq filles : Maria, Rachele, Filomena, Luisa et Angela. Les trois aînées se marièrent. Angela, que l’on appelait « la petite Angela » resta célibataire et vécut aux côtés de sa sœur, Luisa, jusqu’à sa mort.

barre rouge vert

 

Nicola Piccarreta travaillait comme métayer dans une ferme du village des Murge, dans Torre Disperata, à 27 kilomètres de Corato. Cette ferme appartenait à la famille Mastrorilli. Cette ferme se trouvait Ceux qui connaissent l’endroit peuvent apprécier la solennité du silence qui règne sur ces collines ensoleillées, dépouillées et pierreuses. Luisa y passa toute son enfance et son adolescence. C’est dans ce lieu solitaire et ensoleillé que commença pour Luisa cette grande aventure divine qui la conduira sur les sentiers de la souffrance et de la sainteté.

C’est d’ailleurs là qu’elle subira les assauts du démon ; des souffrances indicibles dont son corps ne saura être épargnées. Pour se libérer de ses peines, Luisa se réfugiait sans cesse dans la prière, s’adressant en particulier à la Très Sainte Vierge dont la seule présence constituait pour elle une grande consolation.

Un jour, en effet, le Seigneur lui dit: «  J’ai remué la terre entière, regardant une par une toutes les créatures. Je voulais choisir la plus petite d’entre elles, et c’est toi que j’ai trouvée, toi, la plus petite d’entre toutes.

Tu me plaisais alors je t’ai choisie; puis je t’ai placée sous la protection de mes anges, non pas pour qu’ils te fassent grandir, mais pour qu’ils veillent sur toi, toi si petite ; ma volonté était faite et je pouvais poursuivre mon oeuvre. Ceci n’est pas pour que tu te sentes plus grande, bien au contraire ; ma volonté te fera encore plus petite et tu resteras la petite fille de la Volonté Divine.

barre rouge vert


À l’âge de neuf ans, Luisa reçut l’Eucharistie pour la première fois, puis sa Confirmation. Dès lors, elle apprit à rester en prière des heures entières au pied du Saint Sacrement. À onze ans, elle fut Enfant de Marie – alors en pleine floraison – à l’église Saint-Joseph, puis Tertiaire Dominicaine, sous le nom de Sœur Madeleine. Sa dévotion pour la Mère de Dieu développera en elle une profonde spiritualité mariale, prélude de ce qu’un jour elle aurait écrit sur la Vierge Marie.

La voix de Jésus accompagnait Luisa dans son cheminement : elle se détacha d’elle-même, de tout et de tous les autres. Vers l’âge de dix-huit ans, du balcon de chez elle, via Nazario Sauro, elle eut une vision: Jésus, souffrant sous le poids de sa croix était là, sous ses yeux. Il la regardait et lui disait :  » Âme! Aide-moi ! ». Cette apparition suscita en elle le désir insatiable de souffrir pour Jésus et pour le salut des âmes. Commencèrent alors pour elle ces souffrances physiques qui, ajoutées aux souffrances spirituelles et morales, allèrent jusqu’à l’héroïsme.

Sa famille, voyant tous ces phénomènes, la crut malade et fit appel à la science médicale. Mais tous les médecins interpellés à son chevet ne surent résoudre son cas, un cas aussi unique que singulier. À leur grande stupeur, Luisa, pourtant bien vivante, souffrait de rigidité cadavérique, et aucune cure au monde n’arrivait à la soulager de ses terribles souffrances. Ayant tout essayé sur le plan médical, il ne restait plus qu’un seul espoir: les prêtres. Ainsi fit-on appel à un prêtre augustin, le P. Cosma Loiodice, de retour chez lui après la condamnation des fameuses «lois siccardiennes» ; et, à la stupeur générale, il suffit d’un signe de croix du père sur le pauvre corps de l’infirme pour que cette dernière retrouvât tous ses moyens.

 

Du coup Luisa fut convaincue que tous les prêtres étaient des saints. Or, un jour, le Seigneur lui dit: « non pas parce que ce sont des saints, mais parce qu’ils sont la continuité de mon sacerdoce dans le monde, tu dois te soumettre à leur autorité sacerdotale ; ne les contrarie jamais, bons ou mauvais qu’ils soient ».

messe Hostensoir-Anges-002-w

 

Luisa se soumettra à eux toute sa vie. Et elle en souffrira. Ce besoin quotidien d’avoir recours à eux pour redevenir normale était source de grande mortification pour elle. Au début, c’est d’ailleurs des prêtres eux-mêmes qu’elle subira toutes les incompréhensions et toutes les souffrances les plus humiliantes. Pour eux, Luisa était une jeune fille exaltée, une pauvre folle qui voulait attirer l’attention des autres sur elle. Il leur arrivait parfois de la laisser dans cet état pendant plus de vingt jours.

Puis Luisa finit par accepter son rôle de victime et sa vie prit un nouveau tournant : le matin, elle se réveillait le corps raide et immobile. Recroquevillée au fond de son lit, personne n’arrivait à l’allonger. Impossible de relever ses bras, ni de bouger sa tête ou ses jambes. Comme nous le disions, il lui fallait la présence d’un prêtre qui, en la bénissant d’un signe de croix, aurait éliminé la rigidité de son corps. Sans cela elle ne pouvait retourner à ses occupations (travail de dentelle).

barre rouge vert

 


  jésus coeur Jezus_z_sercem

barre rouge vert

Cas unique : Ses confesseurs n’étaient pas ses directeurs spirituels. Une tâche que Notre Seigneur gardait pour Lui. Jésus préférait s’adresser à elle directement. Il l’éduquait, corrigeait ses fautes, et s’il le fallait, n’hésitait pas à lui faire des reproches, la portant peu à peu au plus haut sommet de la perfection. Luisa, sagement, fut instruite et préparée, pendant de longues années, à recevoir le don de la Volonté Divine.

Après avoir su ce qui se passait à Corato, l’Archevêque de l’époque, Mgr Giuseppe Bianchi Dottula (22 décembre 1848 – 22 septembre 1892), consulta plusieurs prêtres et décida de prendre sur lui la responsabilité de cette affaire. Il délégua un confesseur personnel en la personne de Don Michele De Benedictis, un excellent prêtre auquel la jeune fille ouvrira son âme en profondeur. Don Michele, un homme avisé, imposa des limites à ses souffrances.

Luisa ne devait rien faire sans son consentement. Il lui ordonna de manger au moins une fois par jour, tout en sachant parfaitement qu’elle aurait immédiatement tout rejeté. Luisa ne devait vivre que du Divin Vouloir. Dès lors elle reçut l’autorisation de garder son lit pour toujours, victime d’expiation. Nous sommes en 1888.

Luisa restera clouée sur son lit de souffrance jusqu’à sa mort, survenue cinquante-neuf ans plus tard. Si Luisa acceptait jusqu’ici son état de victime, elle ne pouvait cependant garder son lit toute la journée. Il lui fallait obéir aux règles de l’obéissance. À partir du 1er janvier 1899, Luisa ne quittera plus son lit.

barre rose vert


En 1898, le nouvel Archevêque du lieu, Mgr Tommaso De Stefano (24 mars 1898 – 13 mai 1906) décida de nommer un nouveau confesseur en la personne de Don Gennaro Di Gennaro. Celui-ci restera vingt-quatre ans à son service. Le nouveau confesseur, percevant les merveilles que produisait le Seigneur sur cette âme, ordonna à Luisa de mettre par écrit tout ce que la Grâce de Dieu opérait en elle. Toutes les raisons avancées par la Servante du Seigneur pour échapper à de telles obligations furent vaines : même ses capacités littéraires, très modestes, ne suffirent pas à la dispenser de faire ce qu’on lui demandait.

 

Don Gennaro Di Gennaro, qui avait les idées claires, ne céda pas. Il était pourtant parfaitement au courant que la pauvre fille n’avait fréquenté que l’école primaire. Ainsi, le 28 février 1899, Luisa commença son journal, un énorme recueil de trente-six volumes ! Le dernier chapitre fut achevé le 28 décembre 1939, date à laquelle elle reçut l’ordre de ne plus écrire.

À la mort de son confesseur, le 10 septembre 1922, arriva un chanoine, Don Francesco De Benedictis, qui mourut le 30 janvier 1926, au bout de quatre ans de service. L’Archevêque, Monseigneur Giuseppe Leo (17 janvier 1920 – 20 janvier 1939) délégua un autre confesseur, Don Benedetto Calvi, un jeune prêtre ordinaire qui assista Luisa jusqu’à sa mort. Il partagea avec elle toutes les souffrances et toutes les incompréhensions qui l’affligèrent durant les dernières années de sa vie.

barre rose vert

Au début du siècle passé, la visite du Bienheureux Annibale Maria Di Francia dans les Pouilles fut une bénédiction pour nos populations. Venu chercher à Trani une nouvelle maison pour les hommes et les femmes de sa toute jeune Congrégation, il avait entendu parler de Luisa Piccarreta et avait décidé d’aller lui rendre visite. Les deux grandes âmes devinrent inséparables. Mais il ne fut pas le seul à la fréquenter.

D’autres prêtres venaient la voir: le Père Gennaro Braccali, Jésuite, le Père Eustachio Montemurro, mort en odeur de sainteté, et Don Ferdinando Cento, Nonce Apostolique et Cardinal de Notre Sainte Mère l’Église. Le Bienheureux Annibale devint son confesseur extraordinaire et le réviseur officiel de ses écrits, examinés et soumis au fur et à mesure à l’approbation des autorités ecclésiastiques.

Vers 1926, le Bienheureux Annibale ordonna à Luisa d’écrire un cahier de mémoires sur son enfance et son adolescence. Lui-même publia divers écrits de Luisa, dont le célèbre ouvrage L’Horloge de la Passion qui connut quatre éditions. Le 7 octobre 1928, à Corato, le couvent des sœurs de la Congrégation du Divin Zèle était achevé et Luisa, pour répondre au vœu du Bienheureux Annibale, y fut transférée.

 

barre rouge vert

 

Le Bienheureux Annibale était déjà mort en odeur de sainteté à Messine.

En 1938, la vie de Luisa Piccarreta subit un bouleversement total: Rome la désavouait publiquement et ses écrits furent mis à l’index. À la publication de la condamnation du Saint-Office, Luisa se soumit à l’autorité de l’Église.

De Rome, les autorités ecclésiastiques envoyèrent un prêtre lui réclamer tous ses écrits. Elle les lui remit immédiatement, et très gentiment. Ses écrits finirent dans les Archives secrètes du Saint-Office.

Le 7 octobre 1938, sur ordre de ses supérieurs, Luisa dut quitter le couvent et se trouver un nouveau logis. Elle passa les neuf dernières années de sa vie dans un appartement de la via Maddalena, bien connu des personnes âgées de Corato qui assistèrent à la sortie de sa dépouille, le 8 mars 1947.


Luisa connut une existence modeste. Elle occupait un appartement en location avec sa sœur Angelina et plusieurs autres femmes pieuses. Mais ce qu’elle possédait ne suffisait pas à payer son loyer. Alors elle faisait de la dentelle. Et ce qu’elle gagnait, en travaillant avec acharnement, lui permettait de subvenir aux besoins de sa sœur, dans la mesure où elle-même n’avait besoin ni de vêtements ni de chaussures.

Sa nourriture se limitait à quelques grammes d’aliments que lui servait son assistante, Rosaria Bucci. Luisa ne demandait jamais rien. Elle ne désirait jamais rien, d’autant que son estomac rejetait immédiatement tout ce qu’elle mangeait. Mais son aspect n’était pas celui d’une mourante. Ce qui ne veut pas dire non plus qu’elle respirait la santé. Mais elle n’était jamais inerte. Ses forces s’épuisaient dans la souffrance, le travail ; et pour ceux qui la connaissaient, sa vie était considérée comme un miracle permanent.

Son détachement de tout ce qu’elle aurait pu gagner en dehors de son travail était admirable. Elle refusait l’argent et les offrandes que les autres voulaient lui donner. Au moment de la publication de ses ouvrages, alors que le Bienheureux Annibale était venu un jour lui remettre l’argent relatif à ses droits d’auteur, elle répondit: « Je n’y ai pas droit, car ce qui est écrit là n’est pas à moi ». Lorsqu’une âme charitable s’avisait de lui envoyer de l’argent, elle le lui renvoyait immédiatement.

luisabed

barre rouge vert


L’appartement de Luisa ressemblait à un monastère. Sa porte était fermée au regard des curieux. Seules quelques personnes, animées de la même spiritualité, et les jeunes filles venant prendre des cours de dentelle, l’entouraient. De ce cénacle sortirent de nombreuses vocations religieuses. Mais cette œuvre de formation n’était pas uniquement réservée aux filles. Il y avait aussi des garçons qui entrèrent dans les ordres et furent orientés vers le sacerdoce.


Sa journée commençait vers cinq heures, l’heure à laquelle arrivait le prêtre pour la bénir et célébrer la messe, celle-ci était présidée par son confesseur ou par un de ses délégués : un privilège accordé par Léon XIII et confirmé par Saint Pie X en 1907.

Après la messe, Luisa restait deux heures en prière. Vers huit heures, elle commençait son travail qui durait jusqu’à midi ; à l’issue d’un repas frugal, elle se retirait dans sa chambre pour se recueillir. Dans l’après-midi – au bout de quelques heures de travail – elle récitait son chapelet.

Le soir, vers 20 h., Luisa prenait son journal et se mettait à écrire jusqu’à minuit. Elle se réveillait au petit matin, le corps immobile, bloqué, toute recroquevillée dans son lit, la tête penchée vers la droite. Et il fallait attendre l’intervention du prêtre pour pouvoir l’asseoir dans son lit et qu’elle puisse reprendre sa routine.

barre rouge vert


Luisa mourut en odeur de sainteté à l’âge de 81 ans, le 4 mars 1947, au bout de quinze jours de maladie, la seule et unique maladie que l’on ait réussi à diagnostiquer: une pneumonie. Elle mourut au petit matin, à l’heure même où le prêtre, en la bénissant, l’aurait libéré de son état. L’Archevêque du lieu était alors Mgr Francesco Petronelli (25 mai 1939 – 16 juin 1947). Luisa garda sa position assise. L’allonger était absolument impossible et – phénomène extraordinaire – son corps ne souffrait plus de rigidité.


À l’annonce de sa mort, toute la population, tel un torrent en pleine crue, se déversa chez elle et il fallut faire appel aux forces de l’ordre pour contenir la foule qui, jour et nuit, venait la voir.

Luisa était chère à leurs cœurs. « Luisa la sainte est morte ! » s’écriait-on. Et tout le monde se précipitait. Ainsi, les autorités publiques et sanitaires acceptèrent d’exposer sa dépouille pendant quatre jours de suite, sans qu’il n’y ait aucun signe de corruption du corps. Luisa n’avait pas l’air morte. Elle était assise dans son lit, vêtue de blanc ; on aurait dit qu’elle dormait car, comme nous le disions, son corps avait perdu toute rigidité. En effet, bouger sa tête, lever ses bras, plier ses mains et tous ses doigts, ne demandait aucun effort.

On pouvait même soulever ses paupières et observer ses yeux ; des yeux tout à fait brillants, absolument pas voilés. Pour tout le monde, Luisa était encore vivante, plongée dans un sommeil profond. Un conseil de médecins, convoqué pour la circonstance, prit le temps de bien examiner sa dépouille avant d’en conclure que Luisa était vraiment morte et qu’il ne s’agissait pas d’une mort apparente comme tout le monde croyait.

Luisa disait toujours qu’elle était « née à l’envers« , il est donc juste que sa mort fut « à l’envers » par rapport aux autres. Elle restera donc assise, sa position habituelle, position qu’elle gardera jusqu’au cimetière. Installée dans un cercueil aux parois de verre construit spécialement pour elle, tout le monde pouvait la voir, telle une reine assise sur son trône, toute de blanc vêtue, le Fiat posé sur sa poitrine.

Plus de quarante prêtres, le Chapitre et le Clergé local, participèrent au cortège funèbre ; les sœurs, à tour de rôle, la portaient sur leurs épaules, se créant un passage dans la foule immense: les rues étaient bondées. C’était incroyable. Il y avait des gens partout, sur les toits, aux balcons, et le cortège avait du mal à passer.

Les obsèques de la petite fille de la Divine Volonté furent célébrées par le Chapitre au grand complet en l’Église Mère. Toute la population de Corato accompagna le corps jusqu’au cimetière. Tous voulaient ramener chez eux un petit souvenir, des fleurs. Au bout de quelques années, sa dépouille fut transférée en l’église Sainte-Marie-la-Grecque.

Jésus tenant la terre

barre rouge vert

En 1994, jour de la fête du Christ-Roi, Son excellence Monseigneur Carmelo Cassati, en présence d’une foule nombreuse de fidèles et de personnalités étrangères réunies en l’Église Mère, ouvrit officiellement le procès de béatification de la Servante de Dieu Luisa Piccarreta.

 luisa cercueil

barre rouge vert


http://www.rosamystica.fr/luisa-piccarreta-c27756584

 

 

Publié dans Qui est Luisa Piccarreta (mystique)? | Tagué