Vidéo (2min:39)*Le temps pour prier, la priorité quand nous sommes débordés « Père Halter »

Le temps pour prier, la priorité quand nous sommes débordés « Père Halter »

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Une vie de prière quand nous sommes débordés.


 

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Dialogue de Sainte Catherine de Sienne (mystique)*TRAITÉ DE LA DISCRÉTION (2)*Ma fille, ma langue ne pourra jamais dire ce que souffrent ces pauvres âmes des Damnés!!

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XXXVII. De la seconde condamnation, où l’homme est convaincu d’injustice et de faux jugements.

1.- Cette seconde condamnation a lieu, ma très chère fille, dans le moment suprême, où il n’y a plus de ressource. Quand paraît la mort, et que l’homme voit qu’il ne peut m’échapper, le ver de la conscience, engourdi par l’amour-propre, commence à se réveiller et à ronger l’âme, en la jugeant et en lui montrant l’abîme où elle va tomber par sa faute. Si l’âme alors avait assez de lumières pour connaître et pleurer sa faute, non pas à cause de la peine de l’enfer qui la menace, mais à cause de moi qu’elle a offensé, moi qui suis l’éternelle et souveraine bonté, l’âme trouverait encore miséricorde.

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Mais si elle passe cette limite de la mort sans ouvrir les yeux, sans espérer dans le sang de mon Fils, avec le seul remords de la conscience et le regret de son malheur, et non pas celui de mon offense, elle tombe dans la damnation éternelle.

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2.- Alors elle est jugée rigoureusement par ma justice, et convaincue d’injustice et d’erreur : non seulement d’injustice et d’erreur générales parce qu’elle a suivi les-sentiers coupables du monde, mais d’injustice et d’erreur particulières, parce qu’à son dernier moment, elle aura jugé sa misère plus grande que ma miséricorde.

 

C’est (56) là le péché qui ne se pardonne ni en ce monde ni en l’autre. Elle a repoussé, méprisé ma miséricorde ; et ce péché est plus grand que tous ceux qu’elle a commis. Le désespoir de Judas m’a plus offensé et a été plus pénible à mon Fils que sa trahison même.

 

L’homme est surtout condamné pour avoir faussement jugé son péché plus grand que ma miséricorde ; c’est pour cela qu’il est puni et torturé avec les démons éternellement.

3.- L’homme est convaincu d’injustice parce qu’il regrette plus son malheur que mon offense, car il est injuste en ne faisant pas ce qu’il me doit et ce qu’il se doit à lui-même. Il me doit l’amour et les larmes amères de son coeur pour l’injure qu’il m’a faite, et loin de me les offrir, il pleure, seulement par amour pour lui-même, la peine qu’il a méritée.

Tu vois donc qu’il est coupable d’injustice et d’erreur, et qu’il est puni de l’une et de l’autre. Il a méprisé ma miséricorde, et ma justice le livre aux supplices avec ses sens et avec le démon, le cruel tyran dont il s’est rendu l’esclave par ces sens, qui devaient le servir, Ils seront tourmentés ensemble comme ils ont péché ensemble l’homme sera tourmenté par mes ministres, les démons, que ma justice a chargés de torturer ceux qui font le mal.

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XXXVIII. Des quatre principaux supplices des damnés, auxquels se rapportent tous les autres.

1.- Ma fille, ma langue ne pourra jamais dire ce que souffrent ces pauvres âmes. Il y a trois vices principaux l’amour-propre, l’estime de soi-même et l’orgueil, qui en découle, avec toutes ses injustices, ses cruautés, ses débauches et ses excès ; il y a aussi dans l’enfer quatre supplices qui surpassent tous les autres : le damné est d’abord privé de ma vision, et cette peine est si grande, que, s’il était possible, il aimerait mieux souffrir le feu et les autres tourments, et me voir, qu’être exempt de toute souffrance et ne pas me voir.

2.- Cette peine en produit une seconde, qui est le ver de la conscience qui la ronge sans cesse. Le damné voit que, par sa faute, il s’est privé de ma vue et de (57) la société des anges, et qu’il s’est rendu digne de la société et de la vue du démon.

3.- Cette vue du démon est la troisième peine, et cette peine double son malheur. Les saints trouvent leur bonheur éternel dans ma vision ; ils y goûtent dans la joie la récompense des épreuves qu’ils ont supportées avec tant d’amour pour moi et tant de mépris pour eux-mêmes.

Ces infortunés, au contraire, trouvent sans cesse leur supplice dans la vision du démon, parce qu’en le voyant ils se connaissent et comprennent ce qu’ils ont mérité par leurs fautes. Alors le ver de la conscience les ronge plus cruellement et les dévore comme un feu insatiable. Ce qui rend cette peine terrible, c’est qu’ils voient le démon dans sa réalité ; et sa figure est si affreuse, que l’imagination de l’homme ne pourrait jamais le concevoir.

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4.- Tu dois te rappeler que je te le montrai un seul instant au milieu des flammes, et que cet instant fut si pénible, que tu aurais préféré, en revenant à toi, marcher dans le feu jusqu’au jugement dernier plutôt que de le revoir ; et cependant ce que tu en as vu ne peut te faire comprendre combien il est horrible, car la justice divine le montre bien plus horrible encore à l’âme qui est séparée de moi, et cette peine est proportionnée à la grandeur de sa faute.

5.- Le quatrième supplice de l’enfer est le feu. Ce feu brûle et ne consume pas, parce que l’âme, qui est incorporelle, ne peut être consumée par le feu comme la matière ; ma justice veut que ce feu la brûle et la torture sans la détruire, et ce supplice est en rapport avec la diversité et la gravité de ses fautes.

6.- Ces quatre principaux tourments sont accompagnés de beaucoup d’autres, tels que le froid, le chaud et les grincements de dents. Voilà comment seront punis ceux qui, après avoir été convaincus d’injustice et d’erreur pendant, leur vie, ne se seront pas convertis et n’auront pas voulu, à l’heure de leur mort, espérer en moi et pleurer l’offense qu’ils m’avaient faite plus que la peine qu’ils avaient méritée. (59)

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XXXIX. – De la troisième condamnation, qui aura lieu au jour du jugement.

1.- Il me reste à te parler de la troisième condamnation, qui aura lieu au dernier jour du jugement. Je t’ai parlé des deux autres, mais tu verras mieux, en connaissant la troisième, à quel point l’homme se trompe. Le jugement général renouvellera et augmentera le supplice de cette pauvre âme par la réunion de son corps, qui lui causera une confusion, une honte insupportable.

Lorsqu’au dernier jour, le Verbe, mon Fils, viendra dans ma majesté juger le monde avec sa justice divine, il n’apparaîtra pas dans sa faiblesse, comme quand il naquit dans le sein d’une vierge, dans une étable, parmi des animaux, et mourut entre deux voleurs.

2.- Alors je cachais ma puissance en lui ; je le laissai souffrir et mourir comme homme, sans que la nature divine fût séparée de la nature humaine, afin qu’il pût satisfaire pour vous. Il ne viendra pas ainsi au dernier jour ; il viendra juger dans toute sa puissance et sa personnalité ; toute créature sera dans l’épouvante, et il rendra à chacun ce qui lui est dû.

3.- Les malheureux damnés éprouveront à son aspect un tel supplice, une si grande terreur, que des paroles ne pourraient jamais l’exprimer ; les justes éprouveront une crainte respectueuse mêlée d’une grande joie, Le visage du juge ne changera pas, parce qu’il est immuable ; selon la nature divine, il est une même chose avec moi ; et selon la nature humaine, il est immuable encore, car il a revêtu la gloire de la résurrection.

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Mais le réprouvé ne le verra que d’un œil ténébreux et vicié. L’oeil malade qui regarde la lumière du soleil n’y voit que ténèbres, tandis que l’oeil sain en admire la splendeur. Ce n’est pas la faute du soleil, qui ne change pas plus pour l’aveugle que pour celui qui voit, mais c’est la faute de l’oeil qui est malade. De même les damnés verront mon Fils dans les ténèbres, la confusion et la haine. Ce sera leur faute et non celle de la majesté divine avec laquelle il viendra juger le monde. (59)

 

 

  1. Les damnés ne peuvent vouloir ni désirer aucun bien.

1.- La haine des damnés est telle, qu’ils ne peuvent vouloir ni désirer aucun bien, mais ils blasphèment sans cesse contre moi. Pourquoi ne peuvent-ils désirer aucun bien? Parce qu’avec la vie de l’homme finit l’usage de son libre arbitre ; il a perdu le temps qu’il avait pour pouvoir mériter.

Quand, par le péché mortel, on meurt dans la haine, la justice divine enchaîne pour toujours à la haine l’âme, qui reste éternellement obstinée dans le mal qu’elle a commis, se dévorant elle-même et augmentant sa peine des peines de ceux dont elle a causé la damnation.

2.- Le mauvais riche demandait en grâce que Lazare allât trouver ses frères qui étaient restés dans Je monde pour leur annoncer son supplice (S Luc, XVI, 27-28). Ce n’était pas par charité qu’il le faisait, ni par compassion pour ses frères, puisqu’il était privé de charité et qu’il ne pouvait.

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Désirer rien d’utile à mon honneur et au salut des autres. Je t’ai dit que les damnés ne peuvent vouloir aucun bien à leur prochain, et qu’ils me blasphèment, parce que leur vie a fini dans la haine de Dieu et de la vertu.

3.- Pourquoi la demande du mauvais riche? Il la faisait parce qu’il avait été le plus grand parmi ses frères et qu’il leur avait fait partager les iniquités de sa vie. Il était ainsi cause de leur damnation, et il craignait de voir augmenter sa peine, leurs tourments devant s’ajouter aux siens ; car ceux qui meurent dans la haine se dévorent éternellement entre eux dans la haine.


 
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Dialogue de Sainte Catherine de Sienne (mystique)*TRAITÉ DE LA DISCRÉTION*

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XIV.- Dieu se plaint des péchés des chrétiens, et particulièrement de ceux de ses ministres. – Du sacrement de l’Eucharistie et des bienfaits de l’Incarnation.

1.- Alors Dieu jeta un regard miséricordieux sur cette âme qui l’invoquait avec des larmes si ferventes ; il se laissa vaincre par l’ardeur de ses désirs, et il lui dit : Ma bien douce fille, tes larmes sont toutes puissantes, parce qu’elles sont unies à ma charité et qu’elles sont répandues par amour pour moi. Je ne puis résister à tes désirs. Mais regarde les souillures qui déshonorent le visage de mon épouse. Elle porte comme une lèpre affreuse l’impureté, l’amour-propre, l’orgueil et l’avarice de ceux qui vivent dans leurs péchés. Tous les chrétiens en sont infectés, et le corps mystique de la sainte Église n’en est point exempt!

2.- Oui, mes ministres, qui se nourrissent du lait de son sein, ne songent pas qu’ils doivent le distribuer à tous les fidèles et à ceux qui veulent quitter les ténèbres de l’erreur et s’attacher à L’Église. Vois avec quelle ignorance, avec quelle ingratitude ils me servent. Combien sont indignes et irrespectueuses les mains qui reçoivent le lait de mon Épouse et le sang de mon Fils! Ce qui donne la vie leur cause la mort, parce qu’ils abusent de ce sang, qui doit vaincre les ténèbres, répandre la lumière et confondre le mensonge.

3.- Ce sang précieux est la source de tout bien ; il sauve et rend parfait tout homme qui s’applique à le recevoir ; il donne la vie et la grâce avec plus ou moins d’abondance, selon les dispositions de l’âme ; mais il n’apporte que la mort à celui qui vit dans le péché. C’est la faute de celui qui vit dans le péché. C’est la faute de celui qui reçoit, et non pas (26) la faute du sang ou la faute de ceux qui l’administrent ; ils pourraient être plus coupables sans en altérer la vertu ; leur péché ne peut nuire à celui qui reçoit, mais à eux seulement, s’ils ne se purifient pas dans la contrition et le repentir ;

4.- Oui, c’est un grand malheur de recevoir indignement le sang de mon Fils ; c’est souiller son âme et son corps ; c’est être bien cruel envers soi-même et envers le prochain ; car c’est se priver de la grâce ; c’est fouler aux pieds le bénéfice du sang reçu dans le baptême qui a lavé la tache originelle. Je vous ai donné le Verbe, mon Fils unique, parce que le genre humain tout entier était corrompu par le péché du premier homme, et que, sortis de la chair viciée d’Adam, vous ne pouviez plus acquérir la vie éternelle.

5.- J’ai voulu unir ma grandeur infinie à la bassesse de votre humanité, afin de guérir votre corruption et votre mort, et de vous rendre la grâce qu’avait détruite le péché. Je ne pouvais souffrir comme Dieu la peine que ma justice réclamait pour le péché, et l’homme était incapable d’y satisfaire. S’il le pouvait dans une certaine mesure pour lui, il ne le pouvait pas pour les autres créatures raisonnables ; et d’ailleurs sa satisfaction ne pouvait être complète, puisque l’offense était commise contre moi, qui suis la bonté infinie.

6.- Il fallait racheter l’homme malgré sa faiblesse et sa misère, et c’est pour cela que j’ai envoyé le Verbe mon Fils, revêtu de votre nature déchue, afin qu’il souffrît dans la chair même qui m’avait offensé, et qu’il apaisât ma colère en endurant la douleur jusqu’à la mort ignominieuse de la croix.

Il satisfit ainsi à ma justice, et ma miséricorde put pardonner à l’homme, et lui rendre encore accessible la félicité suprême pour laquelle il avait été créé. La nature humaine unie à la nature divine racheta le genre humain, non seulement par la peine qu’elle supporta dans la chair d’Adam, mais par la vertu de la Divinité, dont la puissance est infinie.

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7.- Cette union des deux natures m’a rendu agréable le sacrifice de mon Fils, et j’ai accepté son sang, mêlé à la Divinité et tout embrasé du feu de cette charité, qui l’attachait et le clouait à la croix. La nature humaine satisfit au péché par le mérite de la nature divine : la tache originelle d’Adam disparut, et il n’en resta qu’un penchant au mal, et une faiblesse (27) des sens qui est dans l’homme comme la cicatrice d’une plaie.

8.- La chute d’Adam vous avait mortellement blessés ; mais le grand médecin, mon Fils unique, est venu pour vous guérir ; il a bu le breuvage amer que l’homme ne pouvait boire à cause de sa faiblesse ; il a fait comme la nourrice qui prend une médecine pour guérir son enfant, parce qu’elle est grande et forte, et que son enfant ne peut en supporter l’amertume.

Mon Fils a pris aussi, dans la grandeur et la force de la Divinité unie à votre nature, l’amère médecine du Calvaire, la mort douloureuse de la croix, pour guérir ses enfants et leur rendre la vie que le péché avait détruite.

 

9.- Il reste seulement une trace du péché originel que vous a donné la naissance ; cette trace même est effacée presque entièrement par le baptême, qui contient et donne la vie de la grâce que lui communique le glorieux et précieux sang de mon Fils. Dès que l’âme reçoit le saint baptême, le péché originel disparaît, et la grâce y entre. Le penchant au mal, qui est la cicatrice du péché originel, s’affaiblit même, et l’âme peut le vaincre si elle le veut. Elle peut recevoir et augmenter la grâce dans la mesure du désir qu’elle aura de m’aimer et de me servir.

10.- La grâce du saint baptême lui laisse toute sa liberté pour le bien et pour le mal … Quand vient le moment de jouir du libre arbitre, elle peut en user dans toute la plénitude de sa volonté ; et cette liberté, conquise par le sang glorieux de mon Fils, est si grande, que ni le démon ni les créatures ne peuvent lui faire commettre la moindre faute sans son consentement. La servitude du péché est détruite, et l’homme peut dominer ses sens et acquérir le bonheur pour lequel il a été créé.

11.- O homme misérable, qui te délectes dans la boue comme le fait l’animal, et qui méconnais la grandeur du bienfait que tu as reçu de ma bonté! O malheureuse créature, tu ne pouvais recevoir davantage au milieu des ténèbres épaisses de ton ignorance. (28)

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XV.- Le péché est plus gravement puni depuis la Passion de Jésus-Christ. – Dieu promet de faire miséricorde, en considération des prières et des souffrances de ses serviteurs.

1.- Tu le vois, ma fille bien-aimée, les hommes ont été régénérés dans le sang de mon Fils et rétablis dans la grâce, mais ils la méconnaissent et s’enfoncent de plus en plus dans le mal ; ils me poursuivent de leurs outrages et méprisent mes bienfaits. Non seulement ils repoussent ma grâce, mais ils me la reprochent, comme si j’avais d’autre but que leur sanctification.

Plus ils s’endurciront, et plus ils seront punis ; et leur châtiment sera plus terrible qu’il ne l’aurait été avant la Rédemption, qui a effacé la tâche du péché originel. N’est-il pas juste que celui qui a beaucoup reçu doive beaucoup?

2.- L’homme a reçu beaucoup. Il a reçu l’être, il a été fait à mon image et à ma ressemblance, il devait m’en rendre gloire, et il ne l’a pas fait pour se glorifier lui-même. Il a violé les ordres que je lui avais donnés, et il est devenu mon ennemi. J’ai détruit par l’humilité son orgueil ; j’ai abaissé ma divinité jusqu’à revêtir votre humanité ; je vous ai délivrés de l’esclavage du démon ; je vous ai rendus libres. Non seulement je vous ai donné la liberté, mais j’ai fait l’homme Dieu, comme j’ai fait Dieu homme, en unissant la nature divine à la nature humaine.

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3.- Ne me doivent-ils donc rien, ceux qui ont reçu le trésor de ce sang précieux qui les a rachetés, et la dette n’est-elle pas plus grande après la Rédemption qu’avant?

Les hommes sont obligés de me rendre gloire et honneur en suivant la parole incarnée de mon Fils : ils me doivent l’amour envers moi et envers le prochain. Ils me doivent des vertus sincères et véritables, et s’ils ne s’acquittent pas, plus ils me doivent et plus ils m’offensent.

 

4.- Ma justice alors demande que je proportionne la peine à l’offense et que je les frappe d’une damnation éternelle. Aussi le mauvais chrétien est-il beaucoup plus puni que le païen. Le feu terrible de ma vengeance, qui brûle sans consumer, le torture davantage, et le ver rongeur de la conscience le dévore plus profondément.

Quels que soient leurs (29) tourments, les damnés ne peuvent perdre l’être ; ils demandent la mort sans pouvoir l’obtenir, le péché ne leur ôte que la vie de la grâce. Oui, le péché est plus puni depuis la Rédemption qu’avant, parce que les hommes ont plus reçu. Les malheureux n’y pensent pas, et se font mes ennemis après avoir été réconciliés dans le sang précieux de mon Fils.

 

5.- Il y a cependant un moyen d’apaiser ma colère ; mes serviteurs peuvent l’arrêter par leurs larmes et la vaincre par l’ardeur de leurs désirs : c’est ainsi que tu en as triomphé, parce que je t’en ai donné la puissance, afin de pouvoir faire miséricorde au monde. Oui, j’excite moi-même dans mes serviteurs une faim et une soif dévorantes du salut des âmes, parce que leurs larmes tempèrent les rigueurs de ma Justice.

Versez donc des larmes abondantes ; puisez-les dans l’océan de ma charité, et lavez avec des larmes la face de mon épouse bien-aimée. Vous lui rendrez cette beauté que ne donnent pas la guerre et la violence, mais que procurent les humbles et douces prières de mes serviteurs et les larmes qu’ils répandent dans l’ardeur de leurs désirs. Oui, je satisferai ces désirs ; j’éclairerai avec la lumière de votre patience les ténèbres des méchants. Ne craignez pas les persécutions du monde ; je serai toujours avec vous, et ma providence ne vous manquera jamais.

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XVI.- L’âme, à la vue de la bonté divine, prie pour l’Église et pour le monde.

1.- Alors cette âme, excitée par ces paroles qui l’éclairaient, se présenta pleine de joie devant la Majesté divine. Elle se confiait dans sa miséricorde, et l’amour ineffable qu’elle ressentait lui faisait comprendre que Dieu désirait pardonner aux hommes, malgré tous leurs outrages. C’était pour le pouvoir qu’il demandait à ses amis de lui faire une sainte violence, et qu’il leur apprenait le moyen d’apaiser les rigueurs de sa justice.

2.- Alors toute crainte se dissipait ; elle ne redoutait plus les persécutions du monde, puisque le Seigneur devait l’assister et combattre pour elle. L’ardeur de ses désirs augmentait, et ses prières s’étendaient au monde tout entier. (30) Non seulement elle priait pour le salut des chrétiens et des infidèles qui tiennent à l’Église, mais encore comme Dieu l’y poussait pour la conversion de tous les hommes. Miséricorde, criait-elle, ô Père éternel !

Miséricorde pour ces pauvres brebis dont vous êtes le bon pasteur. Ne tardez pas à faire miséricorde au-monde ; hâtez-vous, car il se meurt, parce que les hommes n’ont pas l’union de la charité envers vous ni envers eux-mêmes ; ils ne s’aiment pas d’un amour fondé sur vous, ô éternelle Vérité!

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XVIII.- Personne ne peut échapper aux mains de Dieu : tous éprouvent sa miséricorde ou sa justice.

1.- Apprends, ma fille, que personne ne peut échapper à mes mains, parce que je suis celui qui suis. Vous n’avez pas l’être par vous-mêmes, mais vous êtes faits par moi, qui suis le créateur de toutes les choses qui participent à l’être, excepté du péché, qui n’est pas, car il n’a pas été fait par moi, et comme il n’est pas en moi, il n’est pas digne d’être aimé.

 

2.- La créature se rend coupable parce qu’elle aime le péché, qu’elle ne devrait pas aimer, et parce qu’elle me hait, moi qu’elle devrait tant aimer, puisque je suis le souverain Bien, et que je lui ai donné l’être avec tant d’amour. Mais elle ne peut m’échapper : ou elle est punie par ma justice pour ses fautes, ou elle est sauvée par ma miséricorde. Ouvre donc l’oeil de ton intelligence et regarde ma main, et tu verras la vérité de ce que je te dis.

 

3.- Cette âme, pour obéir à l’ordre du Père suprême, regarda, et vit dans sa main l’univers tout entier. Et Dieu lui disait : Ma fille, vois et comprends que personne ne peut m’échapper ; tous sont les sujets de ma justice ou de ma miséricorde, car tous ont été créés par moi, et je les aime d’un amour ineffable ; malgré toutes leurs iniquités, je leur ferai miséricorde, et je t’accorderai ce que tu m’as demandé avec tant de larmes et d’ardeur.

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XX.- On ne peut plaire à Dieu qu’en supportant les tribulations avec patience.

1.- Alors Dieu répondit à cette demande que lui inspirait l’ardent désir qu’elle avait du salut de son père spirituel. Il lui disait : Ma fille, ma volonté est qu’il cherche à me (33) plaire par sa faim et son zèle pour le salut des âmes ; mais ni toi ni lui ne pourrez y parvenir sans souffrir les nombreuses persécutions que je jugerai utile de vous accorder.

 

2.- Si vous désirez me voir honorer dans l’Église, vous devez vouloir et aimer souffrir avec patience : ce sera la preuve que toi, ton père spirituel, et mes autres serviteurs, vous cherchez véritablement ma gloire. Vous mériterez ainsi ma tendresse paternelle ; vous reposerez sur la poitrine de mon Fils bien-aimé, que je vous ai donné comme un pont, pour que tous vous puissiez atteindre votre fin dernière, et recevoir le fruit des peines que vous aurez supportées courageusement par amour pour moi. (34)

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« Nous ne devons pas séparer ce que Dieu a uni si parfaitement. Qui voit Jésus voit Marie, qui aime Jésus aime Marie.»Saint Jean Eudes*

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« Nous ne devons pas séparer ce que Dieu a uni si parfaitement. Qui voit Jésus voit Marie, qui aime Jésus aime Marie. Celui-là n’est pas vraiment chrétien qui n’a pas de dévotion à la Mère de Jésus-Christ et de tous les chrétiens » (Œuvres Complètes, vol. I, p. 337, Lecture 50).

« Il nous faut regarder et adorer son Fils en elle, et n’y regarder et adorer que lui. Car c’est ainsi qu’elle veut être honorée, parce que d’elle-même et par elle-même, elle n’est rien : son Fils est tout en elle » (Œuvres Complètes, vol. I, p. 338, Lecture 50).

Dans la tension de ces deux citations, nous pouvons saisir le souci de saint Jean Eudes (SJE) (prêtre normand, 1601-1680) : donner une place à la Vierge Marie dans la vie et la dévotion chrétiennes, n’occulter en rien la place de Jésus-Christ.

Voilà la clé de la dévotion mariale chez Jean Eudes. Oui, Marie a une place importante, mais c’est à cause de son union à son Fils. « Elle n’est rien sans son Fils qui est tout en elle. » Cette considération doit nous interpeler dans notre pratique. Quand nous méditons le chapelet, nous ne contemplons pas la vie de Marie, mais les étapes et les mystères de la vie du Christ, dont Marie a été témoin et auxquels elle a été unie.

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Pour Saint Jean Eudes, la dévotion mariale est contemplation de l’union indissociable du Christ et de Marie. « Son Fils Jésus est tout en elle : il est son être, il est sa vie, sa sainteté, sa gloire.  Il faut le remercier et nous offrir à lui pour qu’il nous fasse participants de l’amour qu’elle lui a porté » (Œuvres Complètes, vol. I, p. 337, Lecture 50).

Nous avons donc à contempler et respecter cette union : être de Marie – être de Jésus, vie de Marie – vie de Jésus, sainteté de Marie – sainteté de Jésus, gloire de Marie – gloire de Jésus.

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1. Sources scripturaires
Avec Luc, nous découvrons une femme banale, une jeune fille promise. Ce qui retient notre attention, c’est son « OUI » (Luc 1,38). À partir de ce « OUI », elle est unie au Christ. Elle le porte. Comme toute mère elle le portera toujours, jusqu’à avoir son cœur transpercé d’un glaive de douleur quand ce Fils mourra. À la Visitation, qu’est-ce que reconnaît Élisabeth ? « Comment ai-je ce bonheur que la Mère de mon Sauveur vienne jusqu’à moi » (Luc 1,43). Sous l’action de l’Esprit, Élisabeth authentifie l’union de Marie qui porte Jésus.

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Marie favorise le passage de son union au Christ à notre union au Christ
À la crèche, la mère et l’enfant sont très proches. Mais Marie n’est pas propriétaire du don de Dieu. Aux bergers, aux mages, elle donne son fils à contempler, à reconnaître comme signe de l’œuvre de Salut de notre Dieu. Au Temple, elle laisse Syméon, cet inconnu, prendre l’enfant et lui-même en devenir porteur.

Dès la naissance de Jésus, Marie découvre qu’elle doit communier à son offrande. Marie partage son union ; elle favorise le passage de son union au Christ à notre union au Christ. Cette part sacrificielle de sa vie en union au sacrifice du Christ, Marie l’expérimente peu à peu. C’est la leçon que nous pouvons retenir du pèlerinage au Temple quand Jésus eut douze ans (Luc 2,41-50).

Elle doit apprendre que c’est au Temple, au lieu même du sacrifice, que son Fils doit être, dans l’accomplissement de la mission donnée par son Père. Et Marie doit y être aussi.

C’est ainsi que nous pouvons comprendre aussi l’épisode qui nous est rapporté de la rencontre de Jésus et de sa Mère alors qu’il est sur les routes (Matthieu XII, 46-50 ; Marc III, 31-35 ; Luc VIII, 19-21). Souvent, ces passages sont interprétés comme sévères vis-à-vis de Marie quand Jésus interroge : « Qui est ma mère ? » Mais la réponse du Seigneur est bien un éloge : « Quiconque fait la volonté de Dieu, celui-là est ma mère. »

Il n’y a pas de plus beau compliment fait à la Vierge Marie dans tout l’Évangile ! C’est bien elle qui fait la volonté de Dieu. Marie est bien celle par excellence qui communie à la volonté de Dieu, comme son Fils. Dans cette union totale avec le Fils, elle a souvent dit les paroles de Gethsémani : « Non pas ma volonté Seigneur, mais la tienne » (Luc 22,42).

Et c’est à partir de ces méditations de l’union du Christ et de Marie, que saint Jean Eudes a été conduit à contempler leur intimité. Et tout naturellement, il la situe dans le Cœur.  

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Saint Jean Eudes nous donne la fête du Cœur de Marie
L’image du Cœur pour dire l’union entre deux êtres nous paraît naturelle et banale. Mais au temps de Jean Eudes, cela demeure inédit. Le saint est bien le premier à célébrer une messe en l’honneur du Cœur de Marie. Il y contemple l’union parfaite de Jésus et de Marie.

Ils n’ont qu’un Cœur. « C’est le Cœur de la Fille unique et bien-aimée du Père éternel ; c’est le cœur de la Mère de Dieu ; c’est le cœur de l’Épouse du Saint-Esprit ; c’est le cœur de la Mère très bonne de tous les fidèles. C’est un cœur tout embrasé de l’amour de Dieu, tout enflammé de charité envers nous » (OC VII p.461, Lect 53).

Dès que saint Jean Eudes contemple l’unité du Cœur de Jésus et Marie, nous basculons dans l’élan de l’amour de Dieu. Quand il décrit l’amour qui unit Jésus et Marie, il le situe dans le cœur de chacun d’eux. Et ce qu’il y découvre, c’est que ce cœur n’aime pas que Jésus, ou qu’il n’aime pas que Marie, il est « tout enflammé de charité envers nous ».

Dans l’Évangile de Jean, au chapitre 2, nous voici à Cana. Jésus et Marie sont là, ensemble, encore et toujours. Regardons Marie. Elle se préoccupe de la situation, elle est charité pour les mariés. Et se faisant, elle ne met pas le projecteur sur elle, mais sur son Fils : « Faites tout ce qu’il vous dira » (Jean 2,5). SJE décrit ce mouvement : un amour qui unit Jésus et Marie, qui est ouvert sur l’amour pour tous les hommes et permet qu’ils rencontrent le Christ.

Cette dynamique culmine à la Croix. Jésus et Marie sont là, ensemble, encore et toujours. « Jésus dit à sa Mère : « Femme voici ton fils. » Puis il dit au disciple : « Voici ta mère. » »  (Jean 19, 26-27). Tout est dit. Tout est vécu. L’amour culmine dans ce don.

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Jésus est donné. Marie aussi. De Mère du Christ, elle devient Mère des hommes. Son amour pour son Fils devient amour pour nous. Le Cœur de Marie, c’est le cœur de la Mère du Christ qui aime tous les hommes, avec un cœur de Mère.

« Le Cœur de Marie est tout amour pour Dieu, car il n’a jamais rien aimé que Dieu seul […]. Il est tout amour, parce que la Vierge Marie  a toujours aimé Dieu de tout son cœur, de toute son âme et de toutes ses forces. Il est tout amour parce qu’il a toujours voulu ce que Dieu voulait. […] Le Cœur de Marie est tout amour pour nous.

Elle nous aime du même amour dont elle aime Dieu, car c’est Dieu qu’elle regarde et aime en nous. Et elle nous aime du même amour dont elle aime son Fils. Car elle sait qu’il est notre chef et que nous sommes ses membres » (Œuvres complètes, vol. VIII, p. 114, Lecture 53).

Voilà qui donne le vertige. Car si nous contemplons ce que Dieu a fait en Marie, nous sommes conduits à prendre conscience de ce qu’il a fait pour nous et, dans le même mouvement, à reconnaître combien nous lui en sommes redevables ! Nous pourrions fuir, nous estimer indignes de tels bienfaits.

C’est à cause de ce risque qu’il y a le Carême. Il nous prépare à vivre la grandeur du don que Dieu nous fait et que nous célébrons à Pâques. Et c’est pour que nous ne fuyions pas que SJE lance cet appel : « Vous tous qui avez soif, venez boire à cette source. Hâtez-vous ! Pourquoi différez-vous d’un seul moment ? Vous craignez de faire du tort à votre Sauveur si vous vous adressez au Cœur de sa Mère ?

Mais ne savez-vous pas que Marie n’est rien, n’a rien, ne peut rien que de Jésus, par Jésus et en Jésus ? Que c’est Jésus qui est tout, peut tout, et fait tout en elle ? Ne savez-vous pas que non seulement Jésus est résidant et demeurant continuellement dans le Cœur de Marie, mais qu’il est lui-même le Cœur de son Cœur, et qu’ainsi venir au Cœur de Marie, c’est venir à Jésus » (Œuvres Complètes, vol. VI, p. 148, Lecture 52).

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Alors n’ayons pas peur. Comme Jean y a été invité au pied de la Croix, prenons Marie chez nous (Jean 19,27). C’est aussi l’expérience de Joseph : « Ne crains pas de prendre chez toi Marie, car l’enfant qu’elle porte, vient de l’Esprit Saint » (Matthieu 1,20). Nous voici dans notre troisième moment auquel nous invite saint Jean Eudes : vivre avec Marie.  

La vie chrétienne à l’école de la Vierge Marie

Le Cœur de Marie nous est donné pour devenir le nôtre, le siège du même amour, la force du même accueil de la volonté de Dieu, la capacité de la même offrande de notre vie. Mettons-nous à l’école de l’amour débordant de ce Cœur. « Ce Cœur admirable est l’exemplaire et le modèle de nos cœurs, et la perfection consiste à faire en sorte qu’ils soient autant d’images vives du saint Cœur de Marie » (Œuvres Complètes, vol. VIII, p. 431, Lecture 52).

Saint Jean Eudes parle de Marie comme le prototype du chrétien puisque le Cœur de Marie est le modèle de notre cœur. Si nous nous référions au Cœur de Jésus seul, il paraîtrait normal qu’il soit la perfection de l’amour. Il est Dieu. Mais dans le Cœur de Marie, nous puisons le grand encouragement qu’un cœur humain puisse aimer de la sorte. Nous croisons ici toute la dynamique de la vie chrétienne prêchée par SJE.

Il s’agit de « former Jésus en nous », de nous laisser configurer au Christ pour aller jusqu’à « continuer la vie de Jésus ». Voilà le programme. Impossible à remplir sans suivre l’exemple encourageant de Marie, sans être habité de l’amour de Dieu.

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Pour le dire autrement, c’est en considérant l’œuvre de Dieu en Marie que nous pouvons comprendre notre vocation. C’est en contemplant son expérience que nous pouvons découvrir comment nous aussi, comme Marie, nous pouvons être accueil de la Parole qui nous est dite de la part du Seigneur et faire la Volonté de Dieu. « Qui sont ma mère, mes frères et mes sœurs ? Ce sont ceux qui écoutent la Parole et qui la mettent en pratique » (Luc 8,21).

C’est bien en ce sens de notre vocation baptismale que nous devons laisser Marie être notre Mère, celle qui nous éduque, nous conduit sur le chemin de sa vie de communion à son Fils. Marie, peu à peu, fait que, comme elle, nous portions le Christ au monde.

Notre cœur doit avoir une double orientation : aimer Dieu comme Marie à Cana qui va trouver son Fils, comme Marie du pèlerinage au Temple qui n’a de cesse de retrouver son Fils ; et aimer tous les hommes comme Marie de Cana qui se préoccupe de la situation, comme Marie de la Croix qui devient la mère de Jean, de nous tous.

À nous d’aller de l’avant dans cette lancée. Nous devons être à l’école du Cœur de Marie dont saint Jean Eudes décrit l’activité débordante : « Ô très douce et très pieuse Vierge Marie, vous qui regardez des yeux de votre bonté tant de misère et tant de misérables, dont toute la terre est remplie ; tant de pauvres, tant de veuves, tant d’orphelins, tant de malades en toutes manières, tant de captifs et de prisonniers,

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Tant d’hommes qui sont traversés et persécutés par la malice des hommes, tant d’indéfendus qui sont opprimés par la violence de ceux qui sont au-dessus d’eux, tant de voyageurs et de pèlerins qui sont au milieu des périls, sur mer et sur terre, tant d’ouvriers évangéliques qui sont exposés à mille dangers pour sauver des âmes qui se perdent, tant d’esprits affligés, tant de cœurs angoissés, tant d’âmes travaillées de diverses tentations … » (Œuvres Complètes, vol. VII, p. 32, Lecture 57). À l’école de la Vierge Marie, c’est bien vers eux tous que nous devons orienter notre regard pour apporter, comme elle, la guérison par l’amour de son Fils.

Entendons pour nous-mêmes la réponse de Jésus : « Heureuse celle qui t’a nourri de son lait. – Heureux plutôt ceux qui écoutent la Parole de Dieu et qui la mettent en pratique » (Luc 11, 27-28). Vivons de cette béatitude vécue par Marie.


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Père Laurent Tournier Eudiste

http://notrehistoireavecmarie.mariedenazareth.com//fr/esc/la-vie-chretienne-a-lecole-de-le-la-vierge-marie-selon-saint-jean-eudes/?utm_source=Une+minute+avec+Marie+%28fr%29&utm_campaign=c57f5d2021-NHM_2016_N52&utm_medium=email&utm_term=0_a9c0165f22-c57f5d2021-105909389

 

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Vidéo (24 min) *Viens Jésus, l’Époux Des Nations* Par le Père Jean-Louis Barré*

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Pour voir la  vidéo un clik sur le Titre

Ou la photo du Père Jean-Louis

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Viens Jésus, l’Époux des nations

priere-pere-jeanlouis-barreNous sommes dans une relation d’épousailles avec DIEU !!

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Vidéo (36 min:32) « La PRIÈRE qui ne s’arrête pas » Par le Père Jean-Louis Barré s.m.

« La PRIÈRE qui ne s’arrête pas » Par le Père Jean-Louis Barré s.m.

Merci au Père Jean-Louis que je considère comme un vrai père de famille, qui prend à cœur le bonheur et l’éducation de ses enfants, un père qui veut donner le meilleur de lui-même à ses petits….

N’est-ce pas ce que les prêtres sont de par leur Sacerdoce? Oui, ils ont une multitude d’enfants à s’occuper, ! Alors, je lui ai fait la demande de nous instruire le plus simplement possible sur la PRIÈRE…Et il a répondu ‘présent’.

Pourquoi prier?
Quels bienfaits nous procure la prière?
Pourquoi devons-nous accorder du temps à la prière?

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Le chemin de L’ORAISON avec Sainte Thérèse d’Avila…Travail proposé par le Frère Yannick…*Dans le silence*FIN !!

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VII. Dans le silence…

2A. Le Christ notre compagnon-2

Thérèse décrit, nous l’avons vu, quatre degrés d’oraison. Le premier, c’est ce qu’elle appelle la méditation, « c’est-à-dire ce qu’il est possible d’acquérir par nos propres moyens… » En ces quelques mots du livre de la V 12,1, elle résume ce qu’elle a dit dans les chapitres précédents. La méditation des mystères de la vie du Christ nous aide à recueillir nos pensées éparpillées, à les unifier. Elle nous aide ainsi à mieux le connaître, à mieux pénétrer sa vie et son amour pour nous.

Cette étincelle initiale qui nous a rapprochée de Dieu, qui nous a fait revenir à la prière doit être entretenue, elle doit croître. La méditation vient actualiser, rendre sensible les mystères de son incarnation, de sa résurrection. Bref, le Christ de lointain qu’il était, nous devient progressivement plus familier, plus proche. Son amour pour nous touche notre cœur. V 12,1 :

  • « lorsque nous pensons à ce que le Seigneur endura pour nous, et que nous scrutons cette idée, cela excite notre compassion ; l’idée de la vie éternelle que nous espérons, celle de l’amour que le Seigneur eut pour nous et sa résurrection, excitent en nous une joie qui n’est ni tout à fait spirituelle ni tout à fait sensuelle »

Thérèse emploie même le verbe exciter tant cette familiarité peut susciter de dévotion. Le but de la méditation est là. Dieu s’est fait proche de nous, à nous de nous rapprocher de lui, d’ouvrir notre intelligence à sa présence, de marcher en sa compagnie, de faire de lui un ami, un confident, de faire de lui le compagnon de notre route.

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Mais la méditation peut prendre une forme moins intellectuelle, plus simple et spontanée :

  • V 12,2 : « Nous pouvons nous représenter nous-mêmes devant le Christ, nous exercer à vivement nous éprendre de son humanité sacrée, vivre en sa présence, lui parler, lui demander ce dont nous avons besoin, nous plaindre à lui de nos peines, nous réjouir avec lui de nos joies, et ne pas l’oublier pour autant, sans chercher des prières appropriées, mais des mots conformes à nos désirs et à nos besoins. C’est une excellente façon de faire de très rapides progrès ; ceux qui s’efforcent ainsi à vivre en cette précieuse compagnie, à beaucoup en profiter, à éprouver un amour véritable pour ce Seigneur, à qui nous devons tant, je les tiens pour avancés.
  • Pour cela, nous ne devons pas faire cas d’un manque de ferveur, comme je l’ai déjà dit, mais rendre grâce au Seigneur qui nous permet de désirer le contenter, même si nos œuvres sont minces. »

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  • Elle ajoute en V 12,3 :
  • « Cette manière de vivre en compagnie du Christ est profitable dans tous les états, c’est un moyen extrêmement sûr de progresser dès le premier degré d’oraison, d’atteindre bientôt le second, et, aux derniers, de nous garder des périls auxquels peut nous exposer le démon. »

On l’aura compris pour Thérèse, cette présence du Christ est capitale. Le but de la méditation est non d’intellectualiser, de s’enfermer dans un raisonnement intellectuel, mais de s’ouvrir à une relation. Elle avertit sur ce chemin qu’il serait illusoire de vouloir s’affranchir de cette médiation du Christ pour aller plus haut dans l’union avec Dieu V 12,1 :

  • « Il sied à l’âme qu’il n’a pas fait monter plus haut de ne pas chercher à monter seule, prenez-y bien garde car vous ne feriez qu’y perdre. »

On sent à la lecture de Thérèse qu’elle avance à pas comptés, avec précaution, tellement le sujet est délicat. Il l’était à son époque à cause de l’Inquisition. Mais il l’est encore actuellement pour les âmes qui avancent seules, sans l’expérience de quelqu’un d’autre et qui pourrait s’enfermer dans l’exclusivité d’une méthode. Elle invite ceux qui se perdent dans la méditation à lâcher prise avec leur mental pour s’ouvrir à une relation plus chaleureuse, plus immédiate, plus spontanée avec le Christ. Elle dit en V 13,11 :

  • « Pour en revenir à ceux qui réfléchissent, je leur demande de ne pas consacrer tout leur temps à cela, bien que ce soit très méritoire ; comme ce mode d’oraison est très savoureux, ils ne conçoivent pas qu’il y ait de dimanche ni de moments sans travail pour eux. Cela leur semblerait perdre du temps, alors que j’estime cette perte très avantageuse ; comme je l’ai dit, qu’ils se tiennent en présence du Christ, et sans fatiguer l’entendement, qu’ils lui parlent et se réjouissent avec lui ; sans se fatiguer à composer des discours, qu’ils lui présentent leur besoin… »

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Et en V 13,22 elle ajoute :

« Il est bon de s’arrêter un moment pour méditer sur la passion du Christ, de penser aux peines qu’il a subiesMais ne nous fatiguons pas à ne chercher toujours que cela, restons plutôt auprès de Lui, et imposons silence à l’entendement. Occupons-le si possible à considérer Celui qui nous regarde, tenons-lui compagnie… »

Encore une fois le but de l’oraison n’est pas d’obtenir de belles pensées sur telles parties de la vie du Christ, mais c’est de s’ouvrir à une présence, celle de Jésus-Christ, et d’entrer en dialogue avec lui.

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2B. Du silence à la présence-2

La vie spirituelle nous engage dans une certaine liberté de relation avec le Seigneur et vouloir se fixer sur une méthode de prière de manière exclusive nous empêche de grandir dans l’union avec Dieu. Thérèse nous invite ainsi à ne pas faire de la méditation une méthode absolue. Mais elle nous encourage plutôt à ouvrir la méditation à une réelle relation. C’est à partir de cette relation que le Seigneur pourra conduire l’âme : C 25,1 :

  • « il est fort possible que tandis que vous récitez le Notre-Père, le Seigneur vous élève à la contemplation parfaite. Dieu montre ainsi qu’il entend qu’on lui parle, et Dieu lui parle à son tour en suspendant son entendement et en arrêtant sa pensée… L’âme comprend que ce Maître Divin l’instruit sans bruit de paroles, suspendant ses puissances, qui feraient plus de mal que de bien si elles agissaient. Elle jouit sans savoir comment elle jouit, embrasée d’amour, l’âme ne sait comment elle aime… »

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Ce mode d’oraison n’est pas le fruit de notre labeur, mais don du Seigneur. Ce n’est pas l’âme qui se plonge dans une sorte de vide des pensées, c’est le Seigneur qui la place dans cet état. C’est pourquoi il n’est pas bon d’arrêter les pensées et de se plonger dans le silence trop tôt en croyant ainsi passer dans une étape ultérieure de la vie spirituelle comme passer de la méditation à la contemplation. Écoutons Thérèse V 12,4 :

  • « Ceux qui voudraient aller au-delà, élever leur esprit jusqu’à goûter des délices qui ne leur ont point été donnés, perdraient, ce me semble, l’un et l’autre ; c’est là un état surnaturel et lorsqu’il y a perte de l’entendement (la faculté de comprendre), l’âme se retrouve déserte et dans une grande sécheresse. Comme tout cet édifice est fondé sur l’humilité, plus nous sommes près de Dieu, plus cette vertu doit grandir, sinon tout est perdu. Il y a une sorte d’orgueil à vouloir monter plus haut de nous-mêmes… »

Elle le dit bien l’état surnaturel que l’on recherche est l’œuvre du Seigneur et il ne dépend pas de nos efforts. C’est lui alors qui empêche l’entendement d’agir. Thérèse insiste V12,5 :

  • « Prétendre ou penser suspendre l’entendement de nous-mêmes, voilà ce que je demande de ne point faire ; il ne faut pas non plus cesser de l’utiliser, sous peine de devenir froid, stupide, et de ne rien obtenir ; car quand le Seigneur suspend et arrête notre entendement, il lui donne de quoi l’émerveiller et s’occuper… »

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Le Seigneur nous a donné une mémoire, une intelligence, une volonté et c’est pour que nous puissions nous en servir au fil des jours, aussi bien dans nos occupations que dans notre vie spirituelle. Il ne suffit pas d’arrêter notre entendement pour que nous soyons tournés vers Dieu et plus proches de lui.

Le silence n’est pas de soi ouverture à Dieu et il n’est pas de soi le signe que le cœur est pur ou charitable. Comme la méditation, le silence intérieur que l’on chercherait à obtenir peut provoquer une plus grande paix. Mais ce n’est pas là la voie du recueillement thérésien. Dans notre univers agité, angoissé, ces techniques peuvent apporter de grands fruits en canalisant le flot des pensées, en procurant une sorte de respiration intérieure.

 C’est une sorte de recueillement où la main de l’homme est trop présente. Or il s’agit de s’ouvrir à l’action de Dieu dans notre cœur et de le laisser faire son œuvre de sanctification en nous. L’oraison thérésienne va au-delà des méthodes. Il pourra être bon à certaines personnes de s’exercer au silence par des techniques de relaxation, par la pratique du Zen, mais c’est pour pouvoir ensuite se tourner vers le Christ, pour pouvoir entrer en relation avec lui, en faire un ami.

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Nos psychologies sont multiples, nos conditions de vie aussi, cela nous façonne et ouvre à chacun un chemin particulier à parcourir et la vie d’oraison n’est pas en dehors de ce chemin-là. Partir de la réalité est un bon principe. Pour certains il sera plus utile de faire silence quelques instants que d’essayer de méditer sur un texte quel qu’il soit. Le silence a ses vertus propres. Mais il n’est que passage et comme la méditation, il n’est pas une technique absolue. Il est moyen, chemin possible pour l’âme.

Puis la méthode doit être abandonnée pour que l’âme puisse aller plus loin, au lieu de s’enfermer dans une sorte de petite bulle. Nous sommes dans la vie chrétienne et si Dieu s’est incarné, s’il a pris les chemins de notre humanité, c’est pour nous rejoindre et nous ouvrir à une vie de relation. Nous sommes encore avec l’arbre symbolique de Zachée. Nous cherchons Dieu en montant, par l’ascèse, par la pratique de techniques et c’est louable. Ce faisant nous montons sur le petit arbre de notre perfection.

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Que se passe-t-il ? Jésus passe en dessous, au ras des pâquerettes. Pour le rencontrer, il nous invite à descendre et à l’accueillir chez nous, en notre cœur, là où il a encore mal. Il veut y déposer sa paix, mettre en nos cœurs son Esprit. Or tout cela se passe dans un dialogue, dans une relation, dans un cœur à cœur. Cela Thérèse l’a compris, l’a vécu et témoigne de l’importance de cette relation et elle nous dit à sa façon de descendre de notre arbre. Cette montée l’expression de notre désir de voir Dieu et cela est bon.

Mais notre cœur a besoin d’être évangélisé, de s’ouvrir à la présence du Dieu vivant. L’ouverture au silence se fera après, mais il sera coloré d’une façon différente, il sera habité d’une Présence. C’est Jésus-Christ qui nous emmène au Père.

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2C. L’humanité du Christ-2

Il y a le silence que l’on peut produire en soi par diverses techniques, c’est un silence d’ordre psychologique. Le mental se purifie de tout ce qui l’encombre et s’apaise. Puis il y a le silence qui est un fruit de la vie spirituelle, qui est le fruit d’une rencontre. Jésus alors nous emmène vers plus grand que lui, vers le Père, l’innommable. Pour Thérèse c’est Jésus qui nous aide à faire ce passage et c’est toute la Révélation qu’elle reprend à son compte ici. Si Jésus nous aide à nous ouvrir au Père, s’il est médiateur c’est que son rôle est fondamental. Jn 14,6 :

  • « Jésus lui dit : Je suis le chemin, la vérité, et la vie. Nul ne vient au Père que par moi. »

D’où l’importance pour Thérèse de ne pas abandonner l’humanité du Christ sous couvert de spiritualité. V 22, 1 :

  • « Certains livres sur l’oraison expliquent que bien que l’âme ne puisse atteindre d’elle-même à cet état, puisqu’il est uniquement l’œuvre surnaturelle du Seigneur qui agit sur elle, elle peut y aider en haussant son esprit au-dessus de toutes les choses créées et en l’élevant avec humilité, après avoir vécu de longues années d’une vie d’ascèse et progressé dans la vie d’oraison.

 

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  • Ces livres leur recommandent beaucoup d’éloigner toute imagination corporelle et de l’élever à la contemplation de la Divinité ; car bien qu’il s’agisse de l’humanité du Christ, disent-ils, c’est une gêne pour ceux qui sont très avancés, cela les empêche d’atteindre à la contemplation la plus parfaite… Ils croient que puisque tout est esprit dans cette pratique, n’importe quoi de corporel peut la gêner ou l’empêcher, qu’ils doivent chercher à se mettre dans l’attitude parfaite, entourés par Dieu de toutes parts, et se voir abîmés en Lui. Il m’arrive de juger cela bon ; mais qu’on s’éloigne entièrement du Christ, qu’on identifie ce divin corps à nos misères, ou à toutes les choses créées, je ne puis le souffrir. »

C’est la méditation des mystères de la vie du Christ, la méditation du Christ en son humanité qui se fait par l’imagination qui est visée ici, et qu’on invite à dépasser par le silence pur de la contemplation. Cette affirmation a une part de vérité. Dieu est Esprit et il est plus grand que tout, il dépasse tout ce qu’on peut imaginer de lui. Il faut pour le trouver en vérité dépasser toutes les images que l’on a de lui. Et moins l’esprit sera encombré par toutes ses constructions, plus l’âme sera dans la vérité.

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Thérèse a eu sous les yeux le livre d’Osuna dont nous avons déjà parlé, le Troisième abécédaire, et c’est contre cela qu’elle réagit. On lit par exemple : « Il convient à ceux qui cherchent à atteindre la haute et pure contemplation de laisser les créatures et la sainte humanité du Christ pour monter plus haut. » ou « Ceux qui ont le très haut amour de Dieu ne cherchent que sa déité. » (V.F. 198 p 16, notes du P. Emmanuel) Mais c’est précisément nier toute la révélation que Dieu fait de lui dans l’incarnation de son Fils. Col 1,15-19 :

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  • « Il est l’image du Dieu invisible, le premier-né de toute la création. Car en lui ont été créées toutes les choses qui sont dans les cieux et sur la terre, les visibles et les invisibles, trônes, dignités, dominations, autorités. Tout a été créé par lui et pour lui. Il est avant toutes choses, et toutes choses subsistent en lui. Il est la tête du corps de l’Église ; il est le commencement, le premier-né d’entre les morts, afin d’être en tout le premier. Car Dieu a voulu que toute plénitude habitât en lui. »

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Si Dieu a pris le chemin de notre humanité, c’est qu’il avait quelque chose à dire de notre propre humanité. En prenant corps, il en montre, entre autres choses, la grandeur et la noblesse infinies ; que cette humanité, en fait, est à découvrir, à bâtir, surtout à recevoir de lui ; que le véritable homme, c’est Jésus. Le Christ en son incarnation, Dieu homme, déploie en même temps devant nos yeux tous les mystères de la divinité.

Il est le Chemin, la vérité, la vie et vouloir s’affranchir de cette vérité pour aller directement à Dieu, c’est vouloir jouer à l’ange et refuser le chemin d’incarnation que lui-même a parcouru. C’est en quelque sorte refuser une part de notre identité et fuir la réalité sous couvert de spiritualité. Par la médiation de l’humanité du Christ, elle nous invite au réalisme de l’incarnation, à accepter par contre coup notre propre humanité et celle des autres, à nous réconcilier avec nous-mêmes.

La vie spirituelle n’est pas une drogue qui nous fait faire de grands voyages en quittant notre corps. La vie spirituelle est rencontre de notre être blessé dans l’immense tendresse de Dieu. Elle est réintégration et acceptation de notre corps, de notre vie psychique avec ses failles et ses grandeurs sous cette lumière de Dieu.

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 C’est un chemin d’incarnation. Thérèse voit deux raisons à cette fuite :

  • le premier : un manque d’humilité, si sournois, si caché, qu’il nous passe inaperçu. V 22,9 :
  • « Ce qui ne me semble pas bon, c’est de nous habituer malignement et soigneusement à ne pas essayer de toutes nos forces d’avoir toujours devant les yeux cette Humanité sacrée ; c’est vivre l’âme en l’air, comme on dit, car elle semble sans appui, même si elle se croit pleine de Dieu. »

Là est cette ambiguïté cachée, se croire plein de Dieu et faire l’impasse de Jésus-Christ.

  • le second point : nous ne sommes pas des anges mais nous avons un corps. Vouloir faire l’ange pendant que nous sommes sur terre, c’est de la folie.

Thérèse nous renvoie au réalisme de notre propre humanité. La tête dans les étoiles, mais les pieds sur terre. C’est sur terre que se joue notre vie spirituelle.

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2D. Méditation et silence-2

Thérèse, par le chemin de l’oraison nous invite à une avancée dans la foi et la confiance au Dieu vivant. Elle nous aide à ne pas nous éterniser dans les premières phases de l’oraison de recueillement qu’elle appelle la méditation. L’âme doit s’émanciper et oser s’adresser au Seigneur dans une relation plus simple, plus immédiate, voir un simple regard. Elle nous invite à passer de la tête au cœur.

 Elle nous aide à passer d’une conception trop intellectualisée de l’oraison et de Dieu à une relation plus simple et plus immédiate et plus profonde. Avec la méditation, nous sommes dans l’ordre de la communication, c’est-à-dire que nous échangeons des informations. Je lis un texte et j’entre dans sa profondeur et le texte me délivre son message. Je prends à desseins cette formulation très contemporaine car elle masque une ambiguïté énorme. Je communique ou je reçois des informations, des messages, mais d’une façon très neutre parce que cette communication est médiatisée. Je ne suis pas en relation directe avec l’autre personne. Ainsi marche l’audiovisuel.

Mais la communication d’informations peut aussi inaugurer des relations dans lesquelles j’ai à m’engager, à me risquer et c’est une autre aventure qui commence alors. Avec la communication, au premier degré de l’échange, je reste dans une sorte d’isolement, de solitude. Mais s’il m’est possible à partir de cela, de créer des contacts, je passe de l’isolement à une relation. C’est un peu de cela qu’il s’agit quand on passe de la méditation à l’oraison. On lâche le support et l’on entre dans un nouveau registre. On s’ouvre à une relation avec Dieu.

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Et Dieu s’engage à son tour dans cette relation. Dieu alors n’est pas confondu avec une machine automatique qui lorsque j’appuie sur un bouton me délivre une bouteille de jus de fruits, ou des messages. Dieu n’est pas celui que je prie pour qu’il exauce mes besoins les plus farfelus. Il est là comme un vis-à-vis à qui je m’adresse, que je cherche à connaître, à qui je puis partager mes soucis.

Il est là devant moi, en moi, pour me répondre, non d’une manière magique, non pour être à la remorque de mes petites et mesquines insatisfactions, mais pour m’emmener dans son univers qui est paix et joie. Il m’est bon donc de ne pas faire de la méditation lorsque j’y prends goût une méthode absolue. Je peux m’y sentir à l’aise, y trouver une certaine joie, m’y sentir en sécurité.

Thérèse nous emmène plus loin et nous invite progressivement à faire un pas de plus dans une relation réelle et confiante avec Dieu. Il y là un passage qui peut être difficile pour certains. Remarquons, l’équilibre et le dynamisme de Thérèse, elle nous aide à ne pas nous enfermer dans la méditation, mais à parler à Dieu avec le cœur et ainsi à nous ouvrir à une présence. Mais encore, elle s’adresse à ceux qui veulent aller trop vite et qui sous couvert de spiritualité, abandonnent la médiation du Christ pour s’immerger plus rapidement et plus profondément dans la vie contemplative, pour être en Dieu immédiatement. Elle leur dit patience et humilité.

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  • V 22,10 : « nous ne sommes pas des anges, mais nous avons un corps. Vouloir faire l’ange pendant que nous sommes sur terre, c’est de la folie ; notre pensée doit avoir d’ordinaire un point d’appui, même si l’âme sort parfois d’elle-même, ou si elle est souvent si pleine de Dieu qu’elle n’a besoin d’aucune chose créée pour se recueillir.

 

  • Cet état n’est pas habituel, mais dans les affaires, les persécutions, les épreuves, lorsqu’on n’est pas dans la paix coutumière, aux heures de sécheresse, c’est un très bon ami que le Christ, car nous voyons l’Homme en lui, nous voyons ses faiblesses, ses épreuves, et il nous tient compagnie ; si on en prend l’habitude, il nous est très facile de le trouver près de nous. »

Le point d’appui de la pensée, c’est la présence de l’humanité du Christ, de façon globale non détaillée. Il s’agit pas de voir de quelles couleurs sont ses yeux, ses cheveux. Il ne s’agit pas de le visualiser mais de le considérer avec le regard de la foi. Elle ajoute cependant avec réalisme car même cela n’est pas magique :

  • « à certains moments pourtant nous ne pourrons obtenir ni l’un ni l’autre. Il sera bon, alors, comme je l’ai déjà dit, de ne pas nous habituer à rechercher des consolations spirituelles. »

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Elle dit que c’est le moment d’embrasser la croix.croix jesus Dieu nous fait expérimenter alors le manque et la limite pour creuser en nous des capacités nouvelles ou pour nous aider à aller plus loin dans la relation avec lui. L’épreuve du manque ou de la limite est capitale pour qu’on ne confonde pas Dieu et nous-mêmes, Dieu et notre pensée, Dieu et nos sentiments, Dieu et l’imagination que l’on s’en fait.

Cette épreuve marque une distance et nous renvoie à notre solitude. Mais cette solitude n’est pas vide, elle est chemin pour s’ouvrir à une relation authentique, elle est espace pour la parole et donc prise de distance. Dieu n’est pas réductible au sentiment que j’en ai. Cet espace qui autorise la parole maintient dans une relation authentique et permet l’ouverture du désir à un niveau plus profond.

Le lieu de la parole ici est le retour sur soi pour comprendre ce qui est en jeu dans cette épreuve et cela a besoin d’être formulé, mis à distance. Cette épreuve est généralement passage vers un autre état plus paisible et profond. C’est une conversion intérieure, abandons de repères anciens pour avancer dans la foi vers Dieu. C’est une ouverture plus grande du regard intérieur. Elle apparaît à divers moments de la vie spirituelle pour nous inviter à aller plus loin dans la vie de foi. Ce peut être le signe de l’abandon de la méditation comme de l’ouverture à la vie contemplative.

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2E. La vie spirituelle-2

Nous voilà au bout de notre parcours avec Thérèse de Jésus. Nous avons lu ensemble les chapitres 7 à 13 de son livre de la Vie. Vous avez pu constater que Thérèse de Jésus est une femme très incarnée et réaliste. Tout au long de nos partages ce sont des aspects de notre vie relationnelle qui ont été mis à jour car pour elle la vie de prière est une vie de relation dont Dieu est le partenaire privilégié.

Or cette vie de relation se vit dans un corps, elle s’incarne. Cette mise en route n’est pas toujours facile et nous y avons rencontré des obstacles dus à nos conditions de vie, à notre psychologie. C’est une venue de l’Esprit de sainteté dans notre humanité blessée. C’est une aventure dans la vie de foi, d’espérance et d’amour.

Pour Thérèse, l’oraison est un chemin de sanctification puisqu’il est marche et ouverture vers Celui qui est la sainteté même. La sainteté n’est pas un état qui s’obtient à coup de volonté, à coup d’ascèse, de jeûnes répétés.

Notre regard est un peu faussé à ce niveau par toutes les projections mentales, toutes les idées que nous avons sur la perfection. Nous assimilons souvent perfection et sainteté parce que tous les messages que nous recevons au quotidien exaltent cette idée. Nous avons devant les yeux les images publicitaires d’hommes ou de femmes parfaites dans leur corps, dans leur mental, dans leur vie conjugale.

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Nous avons devant les yeux l’image d’êtres infaillibles performants, efficaces, rapides des héros de films ou de sportifs. Or la vie, et la vie spirituelle surtout, n’est pas faite de compétitions à gagner. Mais elle bien plus que cela. Elle est d’abord réconciliation de moi avec moi-même par la prise en compte de mes failles, de mes limites reconnues et acceptées.

Elle est prise de conscience de ma finitude et de celle des autres. Ce qui permet cette prise de conscience de mon humanité qui est être en relation, c’est la découverte et l’accueil de l’amour infini du Dieu Sauveur. C’est dans ce double accueil assumé et accepté qu’il y a ouverture vers l’infini de ce Dieu qui se donne en sa beauté en sa tendresse. Il y a donc pas à pas sur le chemin de l’oraison des phases de conversion d’un Dieu imaginé à un Dieu qui se révèle. Il y a réconciliation en profondeur avec ce Dieu qui va bien au-delà de toutes les images que j’ai pu me faire de lui.

C’est cette rencontre qui m’aide à faire les différents passages de la vie spirituelle que nous avons commencé à aborder. Car plus son visage est mis à jour, plus j’accepte sa présence, plus je la désire même. Cette rencontre permet en même temps d’assumer ma propre humanité dans sa réalité car c’est cette humanité blessée, imparfaite que Dieu vient épouser pour la transformer.

Ma petitesse, ma finitude se dévoilent, mais ne provoquent pas d’humiliation, elles ne sont pas non plus écrasement, bien au contraire puisqu’elles permettent l’accueil de l’infini de Dieu dans la singularité de mon humanité. C’est bien cette exaltation que je cherche sans le savoir. La sainteté est donc cette ouverture du cœur à ce Dieu infiniment bon pour qu’il puisse mettre en mon cœur le plus profond de lui-même, son Esprit Saint.

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La sainteté est donc et surtout l’accueil de Dieu dans ma vie pour qu’il puisse y faire son œuvre de réconciliation. C’est le chemin de l’incarnation de l’Esprit de Dieu dans mon humanité. C’est lui qui fait l’essentiel du travail dans notre humanité consentante. Notre part, c’est de nous engager dans ce travail de réconciliation et donc de vérité.

Mais il y a des ténèbres en nous qui n’aiment pas le travail de la lumière et ce peut être l’occasion de conflits et de souffrances. C’est le prix de la conversion, du déploiement de tout ce qui a été froissé, de tout ce qui est limité et étroit pour une vie plus grande. Entrer dans le chemin de l’oraison, c’est entendre cet appel à naviguer au large qui réside au fond du cœur. L’oraison nous entraîne sur ces rives lointaines par ce qu’elle est brèche ouverte à la lumière divine. Elle est appel de notre désir le plus profond à s’ouvrir à cette relation d’amour de Dieu.

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 Elle est appel de l’amour à s’engager dans une relation de plus en plus étroite avec Dieu et du coup elle nous rend solidaire de l’humanité pour y porter cette joie, cette espérance qui jaillit du plus profond de l’être. Elle est marque de l’infini de notre être dans un corps limité et faillible. Elle est appel de l’infini de Dieu dans la particularité de nos existences. Finalement elle devient débordement de la joie de Dieu. Mais avant il faut que la joie de Dieu fasse son nid en nos cœurs, qu’elle s’y installe. Dans les chapitres suivants Thérèse de Jésus commencera à parler de l’oraison de quiétude. Dans cette forme d’oraison, les

  • « délices et les contentements sont si différents de ceux d’ici-bas qu’ils semblent combler le vide fait en notre âme par nos péchés. C’est au plus intime d’elle-même que notre âme ressent cette satisfaction. Il lui semble tout trouver à la fois, sans savoir ce qu’elle a trouvé. » V 14,6 .
  • Thérèse continue sa route à vous de la lire maintenant si vous voulez aller plus loin et profiter de son expérience. Joie à vous dans l’Esprit.

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Source : http://www.carmel.asso.fr/-Meditations-du-Frere-Yannick-.html

Frère Yannick est un frère carme de la Province de Paris des Carmes Déchaux, au couvent de Lille  Il a écrit plusieurs articles consultables sur le site du Carmel en France à l’adresse :
http://www.carmel.asso.fr/-Meditations-du-Frere-Yannick-.html
On y retrouve donc son travail sur le chemin d’oraison avec Thérèse d’Avila je n’ai pas eu le temps de regarder, mais certainement les autres contenus doivent mériter le détour, car, comme vous le dites, cet auteur est très accessible, (bien que le sujet de l’oraison ne soit pas si aisé, surtout à partir des quatrièmes demeures – chez Thérèse)

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