Qui est Saint Séraphin de Sarov ?


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Prokhore Isidorovitch Mochnine  surnommé « Séraphin de Sarov » ou « Seraphim de Sarov » est né à Koursk le 19 juillet 1754 (ou 1759) et il est mort au monastère de Sarov le 2 janvier 1833 en Russie.

Prokhore était le fils d’Isidore Mochnine, un briquetier entrepreneur en bâtiment de Koursk, à 500 km au sud de Moscou. Il a été élevé dévotement par sa mère, son père étant mort en 1760.

Saint Séraphin malade

A 10 ans, il tomba gravement malade, et il eut une vision de la Mère de Dieu, lui promettant de le guérir.

Cette promesse fut rapidement tenue : une procession entière fut contrainte de passer dans la cour de sa maison, pour se protéger d’une pluie soudaine, et il fut guérit le jour même.

 


Procession à Marie qui s’arrête dans la cour de Saint Séraphin, et le guérit miraculeusement.

Saint Séraphin guérit


À dix-neuf ans, avec la bénédiction de sa mère, il entra comme novice au monastère de Sarov, à 350 km à l’est de Moscou.

Avec joie et bonne humeur, il s’acquittait de toutes les tâches les plus fatigantes pour le service des frères, jeûnait pour vaincre les élans de la chair, et gardait jour et nuit son intelligence fixée dans le souvenir de Dieu par la prière de Jésus.

 

Au bout de quelque temps il tomba très gravement malade et, malgré la douleur, il refusait l’aide des médecins, demandant uniquement le seul remède qui convient à ceux qui ont tout abandonné pour Dieu : la Sainte Communion.

Quand on lui apporta le Saint Viatique, la Toute-Sainte Mère de Dieu lui apparut au sein d’une intense lumière, en compagnie des Saints Apôtres Pierre et Jean le Théologien, et elle leur dit, en montrant le jeune novice: « Celui-ci est de notre race ! » Peu de temps après il guérit complètement et fit construire une infirmerie sur l’emplacement de cette apparition.

 

Huit ans plus tard, il reçut la tonsure et avec son habit de moine, un nouveau nom : Séraphim, (Séraphin en français), ce qui signifie « flamboyant » en hébreu.

 

Ordonné diacre puis prêtre, il passait les nuits entières en prière avant de célébrer la Divine Liturgie; et, progressant sans cesse dans les saintes vertus, le Seigneur lui accordait en retour de nombreuses visions, extases et consolations spirituelles

 

Après la mort de son père spirituel, il obtint en 1790 de l’autorité de son monastère la permission de se retirer en ermite dans la forêt profonde. A 7 kilomètres du monastère, il se construisit une petite cabane en bois entourée d’un jardinet, sur une colline qu’il nomma la « Sainte Montagne » (Athos).

Partageant sa vie entre son ermitage et le monastère de Sarov (seulement le dimanche et les jours de fêtes), il suivait une ascèse rigoureuse, faite de jeûne, de solitude, d’humilité et de prière avec, comme objectif permanent, de se « rapprocher du Christ ».

Il lisait le Nouveau Testament en entier chaque semaine.

Un jour d’hiver de 1830, en pleine forêt, son disciple Nicolas Motovilov le vit soudain rayonner et se transfigurer.

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Dans son immense désir de tout rapporter à Jésus, il donna aux environs de son ermitage des noms de lieux bibliques. À « Nazareth », il chantait les hymnes akathistes à la Vierge, récitait les offices de sexte et none au « Golgotha », lisait l’évangile de la Transfiguration au « mont Thabor », et entonnait à « Bethléem » le Gloria.

 

Il se nourrissait d’abord du pain fourni par le monastère, puis des seuls produits de son jardin ; mais il se privait bien souvent de sa pitance pour la distribuer aux animaux qui aimaient venir près de sa cabane, en particulier à un ours énorme, devenu aussi docile qu’un chat.

 

En voyant ce mode de vie si agréable à Dieu et si proche de celui des êtres incorporels, l’ennemi séculaire du genre humain, le diable, excité de jalousie, déclencha contre l’ascète du Christ ses attaques accoutumées : pensées d’orgueil, vacarmes, apparitions effrayantes etc. ; mais le vaillant guerrier repoussait tous ses assauts par la prière et le signe de la Croix.

Comme la guerre des pensées se faisait plus pressante, le Saint décida d’entreprendre un combat digne des hauts faits des stylites de jadis : il passa mille jours et mille nuits, debout ou à genoux sur un rocher, en répétant sans cesse la prière du Publicain : « Ô Dieu, sois propice au pêcheur que je suis ! » (Lc 18:13).

Saint Séraphin extase

C’est ainsi qu’il fut définitivement délivré du combat des pensées.

Comme lui-même le faisait remarquer à un novice qui l’en louait, en comparaison de Syméon l’Ancien, c’était peu de temps.

 

Un événement, qui faillit lui coûter la vie, illustre bien le caractère du « misérable Séraphin », ainsi qu’il se désignait lui-même.

En septembre 1804, il est agressé dans son ermitage par trois brigands venus d’un village voisin et qui veulent le voler, lui qui ne possède rien !

 

N’ayant rien trouvé, ils le battent et le laissent pour mort, avec une fracture du crâne et plusieurs côtes cassées. Malgré son état lamentable, il réussit à se traîner jusqu’au monastère où, après cinq mois de souffrances, il fut miraculeusement guéri par une apparition de la Mère de Dieu, en tout point semblable à celle advenue lorsqu’il était novice. Il resta cependant voûté jusqu’à la fin de ses jours et ne se déplaçait plus que péniblement, appuyé sur un bâton.

père Séraphin de sarov

Plus tard, les brigands sont retrouvés. Le père Séraphin, qui entre temps a été ramené au monastère, s’oppose formellement à ce qu’ils soient châtiés : il leur a pardonné.

 

Après cet incident, le monastère ne le laissera plus retourner à son ermitage, et c’est dans le monastère de Sarov que Séraphin vivra par la suite.

Il vivait là reclus dans le silence sa cellule, augmentant ses austérités, lisant et commentant pour lui-même chaque semaine tout le Nouveau Testament, priant sans cesse, le cœur en veille, et n’ayant que les Anges et les Saints comme seuls témoins de ses fréquentes extases et ravissements de l’intelligence dans les demeures célestes.

séraphin de sarov

Même si, comme tout moine et tout ermite, il recevait parfois quelques visites, ce n’est qu’à partir de 1822, alors qu’il était déjà âgé de soixante-trois ans, que sa renommée se répand.

Il est alors continuellement assailli de visiteurs : fermière du voisinage, militaire, moine, pèlerin, prince, prêtre, femme du monde, haut dignitaire de l’Église, commerçant ; ils venaient tous, par centaines, et se pressaient autour de lui, pour le questionner, pour l’entendre, pour le voir.

Et que voient-ils ? Un petit vieux «  tout blanc, tout ratatiné, tout sec, aux yeux bleus » et au sourire « incompréhensiblement radieux ».

Un petit vieux qui reçoit chaque visiteur par ces mots : « Bonjour, ma joie », et encore « Christ est ressuscité ! »

Et grâce à sa sagesse, sa « clairvoyance », il accueille certaines personnes par ces mots : « je sais, je sais », les faisant passer devant tout le monde, leur prodiguant conseils et consolation avant même qu’ils aient dit qui ils étaient ou pourquoi ils venaient. Il apportait encouragement et apaisement à tous ces visiteurs, parfois un peu trop pressants.

Sa douceur surnaturelle convertissait les cœurs les plus durs, son humilité abaissait les plus fiers et leur faisait verser des larmes comme des enfants. Pour les aristocrates comme pour les hommes du peuple, la cellule du « pauvre Séraphin » était semblable à l’antichambre du ciel.

Une conversation avec lui, ou une simple bénédiction, devenait un véritable entretien avec Dieu, qui pouvait changer radicalement l’orientation de leur vie.

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Grâce à son don de clairvoyance, il perçait les secrets des cœurs et les révélait aux pénitents qui n’osaient pas les avouer, il répondait à des lettres sans avoir besoin de les ouvrir, et savait donner à chacun le conseil, la consolation, l’encouragement ou la réprimande qui convenait.

Complètement abandonné à la volonté de Dieu, il leur disait, sans examen, la première parole que Dieu lui révélait, et tombait toujours juste. 

Cependant, son empathie – on disait alors : « don de préconnaissance » – et ses conseils ne sont pas les seules raisons de la popularité du Père Séraphin : beaucoup de malades venaient le voir et obtiennent par ses prières des guérisons, dont les plus spectaculaires sont celles de Mikhaïl Mantourov, et de Nikolaï Motovilov.

Et il aura avec Motovilov un long entretien qui, consigné par écrit, est considéré comme l’un des sommets de la spiritualité orthodoxe.

 

Malgré les tracasseries que lui inflige parfois sa hiérarchie – avait-on déjà vu un moine aussi « indiscipliné » ? –, il put, grâce à Mantourov, fonder une communauté monastique de femmes à Diveïevo, à quelques kilomètres du monastère de Sarov.

Un jour, quelque temps avant la fin de son séjour terrestre, Séraphin fit venir une moniale de Divéyevo et lui annonça, en la couvrant de son manteau : « Nous allons avoir la visite de la Mère de Dieu ».

Le moment venu, il la releva et on entendit un bruit semblable à celui d’un vent violent dans la forêt, puis des hymnes de l’église; la porte s’ouvrit d’elle-même, et la cellule fut soudain inondée de lumière et d’un parfum très suave.

Saint Séraphin

Le Saint tomba à genoux, et la Mère de Dieu apparut, précédée par deux Anges, Saint Jean Baptiste et Saint Jean le Théologien, et suivie de douze Saintes Vierges Martyres. La moniale tomba à terre, croyant perdre la vie, alors que le Père Seraphim se tenait debout et s’entretenait tendrement avec la Reine du ciel, comme un ami.

 

Elle lui promit de toujours prendre soin des sœurs de Divéyevo, et en disparaissant la Toute Sainte lui dit : « Mon bien aimé, bientôt tu seras avec nous ! » Quand ils se retrouvèrent seuls, le Staretz confessa à la moniale que c’était la douzième apparition divine que le Seigneur lui accordait.

 

Parvenu à l’âge de soixante-dix ans, souffrant cruellement des suites de ses blessures, mais sans rien relâcher de son activité, Saint Séraphin parlait de plus en plus souvent de sa mort prochaine, avec joie et le visage rayonnant.

 

Dans la nuit du 1er au 2 janvier 1833, quoique l’on fût dans le « temps de Noël », on l’entendit chanter les hymnes de Pâques, notamment le tropaire de la Résurrection.

Ce seront ses dernières paroles. Il est trouvé au petit matin dans sa cellule, agenouillé comme en prière devant une icône de la Théotokos, mort.

Il avait 78 ans.

Saint Séraphin3

Par la suite, l’homme de Dieu continua de visiter et de secourir ses enfants spirituels par de nombreuses apparitions et guérisons, et la dévotion du peuple ne cessa de grandir, malgré les oppositions.

 

Le 19 juillet 1903, soixante-dix ans après sa mort, prenant acte de la vénération dont le starets Séraphin était l’objet, « persuadé de l’authenticité des miracles attribués aux prières du starets Séraphin, et rendant grâce à Dieu glorifié dans ses saints », le Saint-Synode (église russe) procéda à sa canonisation.

Ses précieuses Reliques, alors portées en procession au-dessus de la foule, accomplirent de nombreux miracles.

 

En 1926, les bolchéviks les confisquèrent en vue de les exposer dans la cathédrale Notre Dame  de Kazan devenue un musée de l’athéisme.

Mais elles furent perdues et ont supposa qu’elles n’étaient jamais arrivées à destination.

En 1991, un employé du musée les redécouvrit alors qu’il mettait de l’ordre dans les combles du musée. Elles étaient dans un sac bleu sans étiquette qui contenait outre les reliques du Saint, des lambeaux de vêtements et la croix que lui avait offert sa mère.

En présence du tsar Nicolas II (sa femme a enfin pu donner naissance à un fils très attendu, après une visite à Séraphin de Sarov), d’un clergé nombreux et d’une foule immense eut lieu l’office de canonisation, au cours duquel on chanta ce tropaire composé en l’honneur du nouveau saint :

 

« Tu as aimé le Christ dès ta jeunesse
Et tu fus enflammé du désir de le servir, Lui seul.
Tu as vécu dans la solitude
T’adonnant au travail et à la prière incessante.
Par ta tendresse et ta douceur, tu as acquis l’amour du Christ
Et tu as été l’élu de la Mère de Dieu.
Par tes prières, conduis-nous au Salut, bienheureux père Séraphin.

Durant la nuit qui suit, la foule est toujours là, occupée à prier puis, contrairement à l’usage, on entonne les hymnes de Pâques. »

 

Saint Séraphin (ou Seraphim) de Sarov un saint orthodoxe. Il compte parmi les saints les plus populaires de cette Église, qui le fête 2 janvier, ainsi que le 19 juillet.

On le trouve représenté souvent sur un rocher sur lequel il prie, les bras levés, mais parfois aussi représenté avec les trois brigands qui l’agressent, ou en train de nourrir un ours.

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Plusieurs paroisses de l’émigration russe se sont placées sous le patronage de saint Séraphin.

Ainsi en existe-t-il en France, une à Paris et une autre à Chelle (77)

 

Le riche propriétaire Motovilov, qui avait été guéri miraculeusement par l’homme de Dieu et était devenu son ardent disciple, lui demanda un jour :

« Quel est le but de la vie chrétienne ? »

Le père Séraphin lui répondit :

« C’est l’acquisition du Saint-Esprit, que l’on obtient par les œuvres saintes recommandées par l’Église, et surtout par la prière ».

 

Comme son interlocuteur le pressait de questions pour savoir plus précisément qu’est-ce que la Grâce du Saint-Esprit, le Staretz le prit soudain dans ses bras, le regarda fixement —son visage était devenu plus brillant que le soleil en plein midi—, et il lui dit avec autorité :

« Regardez-moi, Ami de Dieu, ne craignez pas. J’ai demandé au Seigneur de tout mon cœur de vous rendre digne de voir de vos yeux corporels la descente du Saint-Esprit. Et voilà ! Vous êtes devenu, comme moi, tout lumineux. Vous avez été aussi rempli de la grâce du Saint-Esprit, sinon il vous serait impossible de me voir ainsi dans cette lumière. Que ressentez-vous ? »

 

Motovilov répondit :

« Un calme, une paix indicible. Mon cœur est rempli d’une joie inexprimable ».

« Et encore ? »

«Une chaleur et un parfum, tels que je n’en ai jamais ressentis».

«Ce parfum est la bonne odeur du Saint-Esprit, répondit le Saint, et cette chaleur n’est pas extérieure, puisque nous sommes en plein hiver et que toute la forêt autour de nous est couverte de neige, mais elle est en nous, conformément à la parole du Seigneur qui a dit: Le Royaume de Dieu est au-dedans de vous (Luc 17:21) ».

Saint Séraphin vieux

Cet extraordinaire entretien dura encore longtemps et, à la fin, Saint Séraphin demanda à son disciple de le rédiger par écrit et de le transmettre au monde entier. Le manuscrit de Motovilov ne fut retrouvé que bien plus tard, en 1903, à la veille de la canonisation du Saint.

Il a connu depuis une diffusion considérable.

C’est le message ultime de lumière et d’espérance que le Prophète de Sarov laissait à la Russie et à l’Église tout entière, en vue des épreuves de ces temps qui sont les derniers.


Sources :
  « Seraphim de Sarov, sa vie », Irina Gorainoff, Abbaye de Bellefontaine – Desclée de Brouwer, 1973 (rééd. 1987),
(Qui comprend « Entretien avec Motovilov » (1831) et « Instructions spirituelles »)
 « Saint Séraphim of Sarov, an Icon of Orthodox Spirituality », Paul Evdokimov, The Ecumenical Review.
St. Seraphim of Sarov”, Valentine Zander, SPCK, 1975
« The Orthodox Word », La Parole orthodoxe n°50
 “The Book of The End – An Interpretation of the Apocalypse of St. John the Theologian” (Le livre de la fin, Une interprétation de l’Apocalypse de Saint Jean le Théologien), Vladimir Moss, 2005

LES PROPHÉTIES DE CE SAINT.. VONT SUIVRE BIENTÔT !!…….


 

 

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