Extrait d’un sermon de *SAINT BERNARD DE CLAIRVAUX*L’ASCENSION..!!


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EXTRAITS DU SERMON POUR LE JOUR DE L’ASCENSION.

De l’intelligence et de la volonté.

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  1. Si nous recherchons les choses du ciel, appliquons-nous aussi à les aimer, à les goûter, car il me semble qu’on peut sans s’écarter du sens, entendre de l’intelligence et de la volonté le double conseil qui nous est donné de rechercher les choses d’en haut, et de nous appliquer à les goûter, et voir, comme je l’ai dit plus haut, dans ces deux facultés comme les deux membres principaux, les deux mains, si on veut, de notre âme, par lesquelles dans les efforts de la piété et dans les exercices spirituels, elle tend à s’élever vers Dieu. Si je ne me trompe, nous recherchons tous les choses du ciel par l’intelligence de la foi et par le jugement de la raison, mais peut-être ne les goûtons-nous point tous également, c’est comme si sous l’empire d’un violent préjugé de notre coeur nous n’étions affamés que des choses de la terre.

 

  1. De là vient cette différence si grande des esprits, cette disparité de goûts, cette opposition de conduite si profonde dont je parlais tout à l’heure. Mais d’où vient qu’il y en a qui sont comme inondés d’un torrent de grâces spirituelles, tandis qu’il s’en trouve d’autres qui en sont dans le plus profond dénuement? On ne peut pas dire que le distributeur de la grâce est parcimonieux ou qu’il s’en trouve à court, mais c’est que lorsque les vases vides font défaut pour la recevoir, l’huile de la grâce cesse à l’instant de couler. L’amour du monde se glisse partout; il observe toutes les entrées de mon âme avec ses consolations, disons mieux, avec ses désolations, il s’y précipite par les fenêtres, il s’empare de l’esprit, mais non point dans celui qui s’écriait : « Mon âme a refusé toute espèce de consolations; mais je me suis souvenu de Dieu, et j’ai trouvé ma joie dans ce souvenir (Psal. LXXVI, 3). »

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  1. C’est que lorsque les consolations saintes trouvent une âme remplie par les désirs du siècle, elles s’en éloignent, car les consolations véritables ne sauraient se mêler avec les vaines, ni les éternelles avec les caduques, ni les spirituelles avec les charnelles, ni ce qui est si haut avec ce qui vient de si bas; il n’est pas possible de goûter en même temps les choses d’en haut et celles d’en bas.
  1. O heureux, bien heureux les hommes que les livres saints nous représentent comme ayant été les figures de l’Ascension du Seigneur; heureux Enoch qui fut ravi, et heureux Elie qui fut enlevé dans les cieux (Eccli. XLIV, 16 et IV, Reg. II, 11). Heureux sont-ils sans contredit ceux qui seuls jusqu’à présent vivent pour Dieu, ne sont occupés qu’à le comprendre, à l’aimer, à jouir de sa présence. Ce ne sont point leurs corps qui se corrompent, qui appesantissent leurs âmes, ni leur habitation charnelle qui abat leur esprit par la multitude des préoccupations dont elle l’accable, maintenant qu’ils sont avec Dieu. Toute espèce d’empêchements a disparu, toute occasion de péché est enlevée, il n’y a plus de matière, plus rien qui puisse appesantir leur volonté et déprimer leur intelligence; car pour ce qui est du premier, l’Écriture nous apprend qu’il a été enlevé au ciel, pour que la malice ne triomphât point en lui de la sagesse, et de peur que son intelligence ou son âme pût être trompée ou changée.

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  1. Mais nous, au sein de nos ténèbres, où pourrons-nous trouver la vérité, et, dans ce siècle pervers qui est tout entier sous l’empire de l’esprit malin (I Joan. V, 19), où pouvons-nous espérer rencontrer la charité? Pensez-vous qu’il y ait quelqu’un qui soit capable d’éclairer notre intelligence et d’embraser notre coeur ? Oui certainement, il en est un qui peut le faire, c’est le Christ; allons à lui pour qu’il fasse tomber le voile qui recouvre les yeux de notre coeur ; car c’est de Lui qu’il est écrit : « La lumière s’est levée pour ceux qui étaient à l’ombre de la mort ( Isa. IX 2). »

 

  1. En effet, Dieu voyant avec indignation les temps de notre antique ignorance, fit annoncer aux hommes qu’ils eussent tous et en tous lieux à faire pénitence, selon ce que saint Paul disait aux Athéniens (Act. XVII, 30). Rappelez-vous la vertu de Dieu et sa sagesse incarnée; son unique affaire pendant tout le temps qu’il a daigné se montrer sur la terre, converser parmi les hommes, était pour cette vertu ineffable, pour cette gloire et cette majesté, d’éclairer les yeux de nos coeurs, de semer la joie dans nos âmes par la prédication et par les miracles. En effet, « l’Esprit du Seigneur s’est reposé sur moi, dit-il, pour que j’allasse prêcher l’Évangile aux pauvres (Isa. LXI, 1 et Luc. IV, 18) ; » et en parlant aux apôtres, il leur disait aussi :

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  1. « La lumière est encore avec vous pour un peu de temps; marchez donc pendant que vous avez la lumière, de peur que les ténèbres ne vous surprennent (Joan. XII, 35). » Or ce n’est pas seulement avant sa passion, c’est encore depuis sa résurrection qu’il leur parlait ainsi du royaume de Dieu, en multipliant les preuves qu’il était vivant, et en leur apparaissant pendant quarante jours de suite (Act. I, 3). Le jour où nous lisons qu’il-leur ouvrait l’esprit pour leur faire comprendre les Écritures, il formait leur intelligence, bien plus, il purifiait leur coeur.

 

  1. En effet, comment, charnels comme ils l’étaient, auraient-ils pu être touchés des choses spirituelles? Que dis-je, ils n’étaient même pas en état de supporter la vue de la lumière dans toute sa pureté, mais il fallut leur montrer la vertu de la chair, le soleil derrière un nuage, la lumière dans un vase de terre, le miel dans des rayons, le flambeau de cire dans une lanterne. Le Seigneur Christ était un esprit placé devant leurs yeux, mais enveloppé d’une ombre, au sein de laquelle ils devaient vivre parmi les nations. C’est en ce sens qu’il est dit aussi qu’il a couvert la Vierge de son ombre (Luc. I, 35), car autrement il eût été à craindre que les regards d’aigle de cette Vierge elle-même ne fussent éblouis à l’éclat trop vif de cette lumière, à son excessive vivacité, à la splendeur si parfaitement pure de la divinité.

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  1. Mais le nuage léger dont il s’est revêtu n’est point demeuré sans action, la vertu de Dieu le fit également tourner à notre salut, il s’en servit pour s’attacher par le coeur, pendant sa vie mortelle, ses disciples qui étaient incapables de se porter à l’intelligence des choses de la foi, tant qu’il ne s’opérerait point un changement dans leurs sentiments, et qui n’auraient pu sans cela s’élever aux choses spirituelles. Mais en opérant des miracles sous leurs yeux, et en leur parlant un langage admirable, il commença par se les attacher par un amour tout humain, il est vrai, mais si fort, qu’il l’emportait sur tout autre sentiment. On peut dire de cet amour qu’il était comme le serpent de Moïse qui dévora tous les serpents des mages de l’Égypte (Exod. VII, 12). Aussi lui disent-ils : Seigneur, « pour nous, vous voyez que nous avons tout quitté pour vous suivre (Matt. XIX, 27). »

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Heureux, assurément, les yeux qui virent le Seigneur de toute majesté dans son corps mortel, l’auteur de l’univers vivant au milieu des hommes et brillant de vertus, guérissant les malades, marchant sur les eaux de la mer, ressuscitant les morts, commandant aux démons, et donnant aux hommes une puissance égale à la sienne; doux et humble de coeur , bienveillant, affable, débordant de miséricorde, Agneau de Dieu enfin qui porta tous les péchés du monde, bien qu’il fût lui-même exempt de péché.

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Heureuses aussi les oreilles qui méritèrent d’entendre de la bouche même de la vertu incarnée les paroles de la vie éternelle, lorsque le Fils unique du Père, qui est dans le sein de son Père, dévoilait dans ses discours et faisait connaître aux hommes tout ce qu’il avait appris du Père. Heureux furent-ils alors qu’ils burent à la source infiniment pure de la Vérité même les eaux vives de la doctrine céleste qu’ils   devaient plus tard verser à torrent ou plutôt exhaler, comme une douce liqueur, sur tous les peuples de la terre.

 

  1. Aussi, mes frères, n’est-il pas étonnant que la tristesse ait inondé leur coeur quand il leur annonçait qu’il allait s’éloigner d’eux, et qu’il ajoutait : « Vous ne sauriez me suivre là où j’irai (Joan. VIII, 21). » Comment leurs entrailles ne se seraient-elles point émues et leur coeur troublé; comment leur esprit n’aurait-il point été interdit et leur visage consterné; comment auraient-ils pu entendre sans trembler l’annonce de ce départ; comment auraient-ils pu apprendre, avec une âme impassible, que celui pour qui ils avaient tout abandonné allait les abandonner eux-mêmes ?

 

  1. D’ailleurs, il n’avait pas concentré toute l’affection de ses disciples sur sa personne, pour qu’elle n’eût d’autre objet que son corps, il voulait qu’elle s’attachât à son esprit et qu’un jour ils pussent dire : « Si nous avons connu le Christ selon la chair, nous ne le connaissons plus maintenant de la sorte (II Cor. V, 16). » Aussi, entendez-le, cet aimable Maître, leur prodiguer ses douces consolations : « Je prierai mon Père pour vous, leur dit-il, et il vous donnera un autre consolateur, l’Esprit de vérité, qui demeurera éternellement avec vous (Joan. XIV, 16); » et encore: « Je vous dis la vérité : il vous est utile que je m’en aille; car si je ne m’en vais point, le Consolateur ne viendra point à vous (Joan. XVI, 7). » Quel profond mystère, mes frères! Pourquoi dit-il, « si je ne m’en vais point, le Paraclet ne viendra point à vous ? » La présence du Christ serait-elle donc si insupportable au Saint-Esprit? Ou bien lui répugnerait-il d’habiter sur la terre en même temps que la chair du Seigneur Jésus qui ne put être conçu sans son intervention d’en haut, ainsi que nous l’avons appris de l’ange qui fut envoyé à Marie? D’où vient donc qu’il dit : « Si je ne m’en vais point, le Paraclet ne viendra pas? » C’est que si vos yeux ne cessent de me contempler dans ma chair, votre âme, trop remplie, ne peut plus donner place à la plénitude de la grâce de l’Esprit, votre esprit ne peut le recevoir, votre coeur s’y refuse.

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  1. Que vous en semble, mes frères ? S’il en est ainsi, que dis-je ? puisqu’il en est ainsi, qui est-ce qui osera compter sur la venue du Paraclet, s’il est adonné tout entier à des charmes fantastiques, s’il ne songe qu’aux plaisirs de sa chair, d’une chair de péché, conçue dans le péché, habituée au péché, une chair, en un mot, où il ne se trouve absolument rien de bon? Quel est sur ce fumier où il se tient couché dans cette chair qu’il choie et qu’il aime, et dans laquelle il sème, quel est, dis-je, celui qui osera espérer de se voir visité par la grâce et les consolations d’en haut, de se voir inondé de ce torrent de volupté, de cette grâce de l’Esprit de force que les apôtres eux-mêmes, ainsi que l’atteste la Vérité en personne, n’ont pu recevoir tant qu’ils jouissaient de la vue de la chair du Verbe?

 

  1. C’est une grande erreur que de penser que cette douceur céleste, ce baume divin, ce baume de l’esprit peut se mêler à la cendre, au poison et aux charmes de la chair. Et toi, tu es aussi dans l’erreur, ô Thomas, et tu te flattes d’une trompeuse espérance, si tu comptes voir le Seigneur hors du collège des apôtres. La Vérité n’aime pas les recoins, ceux qui font bande à part ne lui plaisent point; elle se tient dans le milieu, c’est-à-dire dans la discipline et la vie commune; les goûts communs lui plaisent. Jusques à quand, ô malheureux homme, te plairas-tu dans les chemins détournés, jusques à quand rechercheras-tu avec tant de peine les consolations de la volonté propre, et les mendieras-tu ? Chasse la servante et son fils (Gen. XXI, 10), car le fils de la servante ne sera point héritier avec celui de la femme, libre. Il n’y a point de pacte possible, comme on dit, entre la vérité et la vanité, entre la lumière et les ténèbres, entre l’esprit et le coeur, entre le feu et la tiédeur.

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  1. Mais, me répondrez-vous, s’il tarde à venir, je ne saurais me trouver, en attendant, privé de toute consolation. Et moi je vous dis : S’il tarde à venir, attendez-le, car il viendra certainement, il ne sera même pas longtemps à arriver (Abat. II, 3). Les apôtres restèrent dix jours dans cette attente, en persévérant, d’un commun accord, dans la prière avec les saintes femmes et avec Marie, mère de Jésus (Act. I, 14). Apprenez de même vous aussi à prier, apprenez à chercher et à frapper, jusqu’à ce que vous trouviez, jusqu’à ce qu’on vous donne ou qu’on vous ouvre. Le Seigneur sait bien de quel limon il vous a pétri, or il est fidèle et ne souffrira certainement pas que vous soyez tenté au-dessus de vos forces. Je suis même si sûr de lui que j’ai la confiance que si vous persévérez fidèlement, il n’attendra même pas le dixième jour pour venir à vous; il préviendra certainement, des bénédictions de sa gloire, votre âme désolée et priant, et fera, qu’ayant le bonheur et 1a sagesse de renoncer à vous consoler vous-même, vous goûtiez le charme de son souvenir, vous vous enivriez de l’abondance de la maison de Dieu et buviez à longs traits au torrent de ses voluptés.

 

  1. Voilà comment nous lisons que jadis Élisée a prié lorsqu’il déplorait la perte de la présence du prophète Élie, sa plus douce consolation, qui devait lui être enlevé (IV Reg. II, 9). Mais remarquez quelle prière il faisait, et quelle réponse il obtint: « Mon seigneur, lui disait-il, je vous prie de me laisser votre double esprit (Ibidem). » Il demandait le double esprit de son maître, afin d’être doublement consolé de son départ. Aussi Elie lui dit-il : Si vous pouvez me voir au moment où je serai enlevé, il vous sera fait selon ce que vous demandez (Ibidem).

 

En effet, en le voyant partir il doubla son esprit, car, en s’élevant ainsi dans le ciel à ses yeux, il emporta en même temps tous ses désirs avec lui, il fit en sorte qu’Élisée commençât dès lors à goûter les choses du ciel, non plus celles de la terre. Oui, la vue d’Élie enlevé doubla son esprit, car l’attachement spirituel se trouva uni de la sorte dans Élisée à l’intelligence, lorsqu’il vit Élie disparaître dans le ciel, avec ce corps auquel il était particulièrement attaché.

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  1. Ainsi en fut-il pour les apôtres et même d’une manière plus évidente encore. Car à peine eurent-ils vu leur Jésus s’élever dans les cieux et fendre les airs si manifestement que personne n’avait besoin de lui demander où il allait, qu’ils apprirent par les yeux mêmes de la foi, si je puis parler ainsi, à élever des yeux suppliants vers le ciel, à y tendre des mains pures, et à demander les dons et les grâces qui leur avaient été promis, jusqu’au jour où il se fit tout à coup entendre dans les cieux un bruit semblable à celui d’un vent violent, le bruit du feu que le Seigneur Jésus envoyait à la terre avec le plus ardent désir de le voir y allumer un violent incendie. Ils avaient bien reçu le Saint-Esprit au moment où, soufflant sur eux, le Sauveur leur avait dit : « Recevez le Saint-Esprit (Joan. XX, 21) ; » mais ce n’était encore que l’Esprit de foi et d’intelligence qui devais éclairer leur raison, non pas l’Esprit de ferveur destiné à embraser leur âme, aussi avaient-ils besoin, comme Élisée, d’un double esprit.

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  1. Le verbe de Dieu avait commencé par leur enseigner la discipline et la sagesse, et par remplir leur coeur d’intelligence : le feu divin, survenant après cela, et les trouvant comme des vases parfaitement purs, les remplit plus abondamment de ses dons, rendit leur amour complètement spirituel, alluma dans leur âme une charité forte comme la mort, si bien qu’à partir de ce moment, bien loin de tenir leurs portes closes par la crainte des Juifs, ils ne purent même tenir leurs bouches fermées. Mais nous, mes bien chers frères, pour nous préparer, dans la mesure de notre néant, à recevoir cette grâce, efforçons-nous de nous anéantir en toutes choses, et à vider notre coeur de toutes ces misérables affections, de ces consolations caduques; c’est surtout en ce moment, puisque la fête du Saint-Esprit approche, que nous devons persévérer dans la prière avec plus de ferveur et de confiance, afin de mériter d’être visités, consolés et fortifiés par cet Esprit de bonté, de douceur et de force qui rend fort ce qui est faible, qui aplani tout ce qui est raboteux, qui purifie les coeurs, qui ne fait qu’un seul et même Dieu avec le Père et le Fils, sans être le même que le Père ou le Fils, en sorte que la sainte Église catholique, que le Père a adoptée, dont le Fils a fait son épouse et que le Saint-Esprit a confirmée, proclame avec infiniment de vérité et de fidélité trois en un Dieu, et un en trois, qui n’ayant tous trois qu’une seule et même substance, n’ont également qu’une seule et même gloire dans les siècles des siècles. Ainsi soit-il.

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Source : http://www.abbaye-saint-benoit.ch/saints/bernard/tome03/homtemps/paques/paques011.htm

 

 

 

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