CONFÉRENCE SUR LA FIN DU MONDE, L’HEURE DE LA MORT, LA GUÉRISON INTÉRIEURE *Père Raymond Halter*


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Extrait de cette conférence donnée à Radio-Notre-Dame..Elle date de 1988, dix ans avant la mort du Père Raymond Halter (1925-1998)

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QUESTION : Raymond Halter, vous avez rencontré récemment Emmanuel Ségatasha.
Pouvez-vous rappeler qui il est et à quels événements est lié son nom.

Père Raymond Halter : Oui, c’est une rencontre inoubliable que j’ai faite récemment à Kinshasa.

Je connaissais un peu Emmanuel Ségatasha par la lecture du livre du père Matron sur les apparitions de Kibého au Rwanda. C’est ce jeune païen de 15 ans qu’un jour le Christ est venu interpeller pour leur donner un message. Et ensuite il formé peu à peu et il a reçu le baptême de l’Église catholique. Il fait partie de l’équipe des voyants de Kibého. Il a subi toutes sortes d’interrogatoires, d’examens par les commissions de médecins et de théologiens. Je n’avais plus entendu parler de lui sauf vers la fin de 1986 par quelqu’un qui revenait du Rwanda.

Il m’a dit qu’Emmanuel Ségatasha avait été envoyé par Jésus pour prêcher. En
quelques jours, il s’est mis à parler de Suhali qui est une des langues africaines les plus
difficiles et c’est dans cette langue qu’il avait donné son message de conversion dans le Kivi, dans le Chaba. Il venait d’arriver depuis quelques jours à Kinshasa pour donner ce même message avec l’autorisation de la hiérarchie épiscopale, chaque soir dans une paroisse différente de Kinshasa, il donnait son message devant des foules de plusieurs milliers de personnes. Ce qui était frappant, c’est le silence avec lequel ces foules accueillaient le message d’Emmanuel Ségatasha.

Or quand il parle, il n’y a aucun effet oratoire. C’est sa parole toute simple qui se déroule. Et c’est par la vérité de ce qu’il dit que les coeurs sont touchés. Or il venait d’arriver à Kinshasa et la langue de Kinshasa et de la région est le Lingala, une langue difficile à apprendre.

Or en 4 jours, Emmanuel Ségatasha avait été capable de parler le lingala au point de tenir chaque soir une conférence de deux heure et demi dans cette langue devant des auditoires qui ne comprenaient pas comment il avait pu faire pour l’apprendre si rapidement. J’avoue que c’est un aspect du don des langues auquel je n’avais jamais songé.

Mais en relisant l’Évangile au chapitre 16 de saint Marc, il est bien dit : « Ils parleront des langues nouvelles ».

Donc j’ai eu l’occasion d’avoir un entretien avec Emmanuel Ségatasha. J’ai vu un homme de 20 ans, dynamique, accueillant, humble, vraiment j’étais assez étonné de voir que c’est ce jeune homme qui chaque soir, devant des foules différentes, est capable de donner le message que le Christ lui a donné, lui a dit de redonner au monde.

Je me suis rendu compte d’ailleurs très vite de cette force avec laquelle il redonne le message du Christ car lorsque je lui ai dit : « Emmanuel, le Christ a bien dit mon retour est proche », avec le temps de la traduction en lingala, il m’a dit : « Non. Jésus a dit repentez-vous, convertissez-vous, mon retour sur terre est imminent ».

Et il ajoutait : « L’honnêteté du messager est de redonner dans les termes propres qu’il a reçu le message que son maître lui a donné ».

Et c’est vrai que chaque soir, quand il donne son message d’après ceux qui connaissent le lingala, il redonne intégralement le message, tel que le Christ lui a dit de le faire.
Il y a quelques points dans la discussion avec lui, qui m’ont particulièrement frappé.

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LA FIN DU MONDE

Le premier est par rapport à la fin du monde. Il dit : « La fin du monde ne sera pas la
conséquence d’une catastrophe cosmique ni d’un cataclysme nucléaire, ni d’une colère de Dieu pour arrêter les péchés des hommes.

La fin du monde fait partie du plan créateur de Dieu ». En même temps que Dieu créait le monde visible, il savait que ce monde cesserait d’exister lorsqu’il aurait accompli le but pour lequel il était fait.

Le monde visible est une sorte de moule immense, je dirais mieux de « matrice » pour faire naître, pour multiplier, pour que s’épanouissent les enfants de Dieu créé à l’image et çà la ressemblance de Dieu. Il est un espace et un temps dans lequel toutes les virtualités de cette image et de cette ressemblance puissent s’épanouir sur le plan de l’intelligence, des sentiments, de l’imagination créatrice de tous les domaines, de la liberté, des relations et de l’organisation d’une société où normalement tout devait se développer et s’épanouir dans l’amour.

Le monde est une sorte de matrice à façonner les saints qui seront les habitants du Royaume de Dieu ou de la Jérusalem nouvelle. Et tout ce monde visible a été ainsi créé pour que l’homme, cet esprit incarné, puisse prendre toute sa dimension d’enfant de Dieu et puisse devenir un saint capable d’être citoyen de la Jérusalem nouvelle. Quand le péché est intervenu pour casser ce monde, la révolte de Dieu contre le mal s’appelle l’incarnation ! Et le don du Fils bien-aimé, le don de l’Esprit Saint sont là pour permettre à cette matrice de continuer à faire naître, à faire grandir et à faire se
développer d’une manière encore plus extraordinaire qu’auparavant les enfants de Dieu, les saints de la Jérusalem nouvelle.

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Et malgré le péché, le monde visible continue ainsi avec ce débordement de la miséricorde de Dieu, à réaliser ce but pour lequel Dieu l’a créé. Et lorsque ce plan arrivera à sa fin, le monde visible n’aura plus de raison d’être. Il disparaitra totalement pour qu’apparaisse dans toute sa splendeur la création invisible, la création nouvelle, la Jérusalem nouvelle. Et de ce monde visible, il ne restera rien..pas  un atome.

Tous les arbres que nous voyons, toutes les montagnes, tous les océans, les étoiles, les astres, il ne restera rien. Comme ce bourgeon ou ce bouton de fleur que je voyais l’autre jour se développer et que j’admirai encore le soir, et qui était devenu un magnifique Lys, tout ce qui était invisible était devenu visible. Le bouton de fleur n’avait plus aucun sens.

Et on comprend comment ceux qui lancent toutes sorte de bruits catastrophiques par rapport à la fin du monde, se trompent totalement.

La fin du monde, ce sera un merveilleux acte d’amour de Dieu, comme à la fin d’un merveilleux feu d’artifice, ce sera le bouquet final. La découverte de cette Jérusalem nouvelle, qui durera pour l’éternité. Bien sûr, en ces temps, plus nous approchons de ces temps, plus nous allons découvrir aussi de souffrances.

Mais la souffrance, les catastrophes, c’est le fruit du péché de l’homme. Ce n’est pas une conséquence de la fin du monde. Et quand je relisais ces jours-ci à la lumière de cette conversation avec Emmanuel Ségatasha, les récits que le Christ donne de cette fin du monde, nous voyons déjà aujourd’hui combien le péché est la cause de souffrances incroyable aujourd’hui dans notre monde. Regardez la haine et tout ce qu’elle produit de guerres, de violences, de terrorisme, de situations dramatiques.

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Je pense par exemple au déchirement de ces familles dont les maris sont prisonniers au Liban. Ils n’ont rien fait de mal. Qu’est-ce qui les tient prisonniers sinon la haine et le péché de l’homme. Mais j’en dis tout autant dans cette souffrance incroyable que l’on voit dans les familles aujourd’hui : l’adultère par exemple fait souffrir et divise, brise et meurtrit les familles, les enfants. Et cela est bien le fruit du péché des hommes et des femmes d’aujourd’hui. Il y a toujours du désordre quand on n’écoute pas la parole de Dieu : « Ce que Dieu a uni, que l’homme ne le sépare pas ».

De même, regardez ce que provoque l’amour de l’argent dans l’économie au lieu d’avoir une économie fondée sur les besoins de l’homme. Que d’injustice, dans notre société, que de disparité et de misère. Dans certains milieux, que de chômage.

C’est toujours le fruit du péché de l’homme. Le péché n’a jamais construit. Le péché divise, détruit, conduit à la mort. Et c’est pourquoi il ne faut jamais confondre la fin du monde telle qu’elle existe dans le plan de Dieu et toutes les conséquences qui se déroulent aujourd’hui dans notre monde par un accroissement incessant, un déferlement du péché dans notre monde. Plus il y aura de péché, plus la souffrance augmentera.


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NOTRE MORT

Et c’est pourquoi, il y a un deuxième point sur lequel Emmanuel Ségatasha insistait dans
la conversation que j’ai eue avec lui. Il me disait : « Ce n’est pas la fin du monde qui est
importante, c’est NOTRE propre fin du monde ».

L’instant de notre mort, car finalement, à la fin du monde, nous serons ce que nous sommes au moment où notre propre fin du monde nous atteint. Si je meurs dans un état où je suis dans l’amour de Dieu et de mes frères, ou bien si je suis dans un état de repentir vrai, au moment de la résurrection à la fin du monde, je ressusciterai dans l’amour de Dieu, je ressusciterai pour la création nouvelle. Mais si au moment, à l’instant où je meurs, je suis endurci dans le péché, je suis enfoncé de plus en plus dans la révolte, dans un état de péché mortel. Je ressusciterai dans le mal. Et cela pour l’éternité. L’enfer n’a pas été créé par les hommes.

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Il a été créé par Dieu pour Satan et les anges déchus. Mais si les hommes dans leur vie, se livrent à la puissance de Satan, ou des anges déchus, ils participeront éternellement à cette vie de souffrance et de séparation de Dieu. Et surtout, Emmanuel Ségatasha me disait que Jésus insiste encore plus non seulement sur ceux qui sont endurcis dans le mal pour les appeler au repentir et à la conversion, mais surtout sur ceux qui font faire le mal aux autres, ceux qui les poussent à la luxure, ceux qui les poussent à voler, à détruire, à tuer. Il disait : ‘Ce sont comme des femmes qui allaitent le mal et qui propagent le mal autour d’eux ».

C’est vrai que ce message d’Emmanuel Ségatasha frappait tout particulièrement les pécheurs car il y en a tant qui vivent dans une irresponsabilité spirituelle terrible, qui profitent de tout dans l’égoïsme, dans l‘orgueil, dans la débauche et qui ne pensent pas à ce moment de leur propre fin du monde, car nous savons bien que la mort peut arriver à n’importe quel moment. Il y a tant d’accidents.

Il y a tant de maladies si durables aujourd’hui. Celui qui vit déjà, aujourd’hui dans l’amour de Dieu et de ses frères n’a rien à craindre de cette rencontre avec Dieu à l’instant même où intervient sa fin du monde. Il sait qu’il ressuscitera éternellement pour le bonheur et la vie de Dieu.

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Mais celui qui n’est pas prêt à cette rencontre, celui qui vit dans toutes sortes d’hypocrisies et d’égoïsmes, celui qui refuse toute conversion, celui qui au contraire s’enfonce de plus en plus dans le mal, qu’il songe à ce moment de la rencontre car ce qu’il est AU MOMENT où l’atteint sa fin du monde, tel il sera éternellement la résurrection.

Bien sûr, Emmanuel Ségatasha insistait beaucoup sur ce point : « C’est notre propre fin du monde qu’il s’agit de regarder ». Il ne faut pas se laisser impressionner par toute sorte de bruits alarmistes, par les faux prophètes. Le Christ nous a prévenu et sa parole est toujours limpide mais il est important de se préparer pour ce jour : « Repentez-vous ! Convertissez-vous.

Mon retour sur terre est imminent ».

Nous avons pu partager avec Emmanuel Ségatasha car au fur et à mesure que le péché semble se développe sur la terre, il y a aussi une grâce qui se déploie extraordinairement par la miséricorde. Une question : Pourquoi est-ce que le Seigneur ne dit pas la date de cette fin du monde ? D’abord, répond-il, il n’y a que le Père qui sache cette date.

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Mais d’autre part, si cette date était connue d’avance, les hommes se convertiraient par peur du châtiment et non pas par amour et Dieu ne veut pas dans son Royaume des esclaves, il veut des hommes libres, des enfants de Dieu libres de la liberté des enfants de Dieu, des hommes et des femmes qui sachent se conduire par amour parce qu’il veut de vrais repentirs d’amour, à cause de l’amour immense que Jésus nous a manifestés sur la croix. Et précisément, plus nous approchons des temps de son retour, plus il y aura un déploiement de l’amour à travers le monde, un déploiement de la miséricorde de Dieu dans les coeurs, comme une sorte d’ultime appel à l’amour du Christ.

Et j’ai compris à la lumière de ce que me disait Emmanuel Ségatasha pourquoi j’ai vu autant de guérisons dans les célébrations eucharistiques au Zaïre. Il y aura surtout une sorte de déploiement de la miséricorde de Marie car, sur la croix, Jésus a confié tous ses disciples à Marie et pas simplement ses disciples, tous les hommes. Et Marie intercède pour tous. C’est un appel maternel incessant pour qu’ils se tournent par amour vers son Fils. Et elle n’intercède pas simplement pour les personnes qui le lui demandent.

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Elle intercède pour les personnes qui ne lui demandent rien.

Elle intercède dans cesse pour les personnes qui la rejettent. Elle accomplit son oeuvre maternelle comme une mère qu’elle est toujours dans un lien unique avec chacun de ses enfants. Marie est dans ce lien unique avec chaque homme, chaque femme à la surface de la terre et elle intercède, et elle appelle de toute la miséricorde de son coeur maternel à se retourner, à se laisser remplir par la miséricorde du Père. Et je pense que cette Pentecôte d’amour dont nous parlait Marthe Robin, c’est cela.

Plus nous avançons vers le retour du Christ, plus l’Esprit Saint répandra l’amour dans les coeurs, afin que nous soyons bien sûrs que c’est lui Jésus, le bien-aimé, qui revient.

Ségatasha : « Repentez-vous, convertissez-vous.  »Mon retour sur terre est imminent« .
Et je comprends que, à la suite de ce message, ces foules de plusieurs milliers de personnes qui écoutaient ce message d’Emmanuel Ségatasha, ne ressentaient aucune panique, aucun ricanement, simplement elles sortaient de l’Eglise avec ce grand silence de l’intériorisation. Il y a une question vraie qui avait touché ces hommes et ces femmes. Et combien je voudrais aujourd’hui que cette question vraie touche le coeur de beaucoup d’hommes et de beaucoup de femmes.

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Et c’est vrai que, relisant les premier versets du chapitre 21 de l’Apocalypse, je suis étonné de voir la ressemblance avec ce que me disait Emmanuel Ségatasha: « Apocalypse 21, 1-8 .Puis je vis un ciel nouveau, une terre nouvelle – car le premier ciel et la première terre ont disparu, et de mer, il n’y en a plus. Et je vis la Cité sainte, Jérusalem nouvelle, qui descendait du ciel, de chez Dieu ; elle s’est faite belle, comme une jeune mariée parée pour son époux. J’entendis alors une voix clamer, du trône : « Voici la demeure de Dieu avec les hommes. Il aura sa demeure avec eux ; ils seront son peuple, et lui, Dieu-avec-eux, sera leur Dieu.

Il essuiera toute larme de leurs yeux : de mort, il n’y en aura plus ; de pleur, de cri et de peine, il n’y en aura plus, car l’ancien monde s’en est allé. » Alors, Celui qui siège sur le trône déclara : « Voici, je fais l’univers nouveau. » Puis il ajouta : « Écris : Ces paroles sont certaines et vraies. » « C’en est fait, me dit-il encore, je suis l’Alpha et l’Oméga, le Principe et la Fin ; celui qui a soif, moi, je lui donnerai de la source de vie, gratuitement. Telle sera la part du vainqueur ; et je serai son Dieu, et lui sera mon fils. Mais les lâches, les renégats, les dépravés, les assassins, les impurs, les sorciers, les idolâtres, bref, tous les hommes de mensonge, leur lot se trouve dans l’étang brûlant de feu et de soufre : c’est la seconde mort. »


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QUESTIONS SUR LA GUÉRISON INTÉRIEURE

QUESTION : Père Raymond Halter, vous êtes Marianiste. On vous connait pour avoir
souvent parlé de la guérison intérieure. Aujourd’hui, vous connaissez l’épreuve de la maladie.

Y a-t-il un lien entre guérison physique et guérison intérieure ?

Père Raymond Halter : Il est vrai que la guérison d’un fémur demande beaucoup de temps. C’est quelque chose de mécanique et pourtant, quel lien y a-t-il entre guérison intérieure et guérison physique ? Je l’ai vécu bien concrètement. Un accident qui m’est arrivé en pleine nuit m’a fait tomber au fond d’un trou avec une jambe fracturée, avec tout ce que comporte cet accident de violence inattendue, de peur, d’absurdité. Mais c’est quelque chose qui ne touche pas simplement le corps, mais toute la vie psychique, avec tant de questions, la vie spirituelle.

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Surtout, il m’a fallu attendre une semaine sans aucun soin avant d’être rapatrier en France. Et pendant la journée, c’est vrai que j’ai appris à me contrôler. Je gardais le sourire avec les gens qui venaient, mais dès que le soir descendait, c’était une sarabande infernale de peur, de cauchemars, de figures grimaçantes. Je ne pouvais pas dormir, même après l’opération ici en clinique. Et j’ai compris à ce moment-là, j’ai analysé la situation, que si j’avais un hématome énorme à la cuisse, il y avait un hématome intérieur encore plus grand. Et il était urgent, si je voulais que la guérison physique puisse progresser, que je connaisse une guérison spirituelle et psychologique.

J’ai fait le tour de mes amis de Paris qui connaissent cela. Mais tout le
monde était absent. Alors j’ai dit au Seigneur : « Écoute, Jésus, c’est à toi de jouer ».

Un quart d’heure après, j’ai reçu un coup de téléphone d’un prêtre ami qui prenait de mes nouvelles. Or je l’avais formé depuis de longues années à la guérison intérieure et qui excelle dans ce genre de prière. Alors, au téléphone, je lui ai tout raconté et il a compris. Au téléphone, il a fait une prière de guérison intérieure extraordinaire et vraiment il y a mis tout son coeur de prêtre.

Je dis parce que c’est la vérité, que la nuit suivante a été très calme et même j’ai fait des rêves heureux. Depuis ce moment-là, tout a été guéri intérieurement. Et donc je vis ma situation vraiment non pas dans une paix que je me fabriquerais mais dans une paix profonde, celle d’accomplir aussi la volonté de Dieu dans ce temps d’épreuve par lequel je passe.

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QUESTION : C’est tout à fait l’humour de Dieu que Celui qui donne habituellement a besoin de recevoir à son tour pour mieux comprendre la nature du don.

Père Raymond Halter : Nous sommes tous semblables et nous avons tous besoin de guérison intérieure. Nous avons tous besoin de l’aide de nos frères. Il n’y a pas quelqu’un qui aurait des pouvoirs particuliers. Nous sommes frères et soeurs en marche dans la même Église et nous appuyant les uns sur les autres, nous rendant service les uns aux autres. Et de même que j’ai ou rendre service aux autres par la prière de guérison intérieure, moi aussi j’en avais besoin et le Seigneur a répondu. Combien je lui rends grâce.

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QUESTION : Mais la guérison intérieure bat en brèche certaines techniques bien humaines ?

Père Raymond Halter : Je pense qu’à travers cela il y a une expérience que je n’oublierai pas. Si dans le petit accident qui m’est arrivé j’ai vécu un tel hématome intérieur, mais les accidentés de la route, du travail, tant et tant de situations que l’on va soigner sur le plan physique et avec quelle compétence la médecine s’occupe de ces cas-là, cela m’a permis de comprendre qu’il y a un autre domaine qui lui aussi a subi les conséquences de l’accident. Est-ce qu’il n’y aurait pas aussi à s’occuper de sa guérison de toutes les conséquences de cet accident qui a pu tellement traumatiser ? Et combien de paix pourrait être donnée pour que la guérison physique puisse progresser davantage ?

C’est l’expérience que j’ai faite. Et bien sûr, je ne garderai pas pour moi cette expérience.

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QUESTION : Ce qui est frappant c’est que nous sommes au mois d’août et que c’est le mois des grandes fêtes de Marie ‘Assomption, Marie Reine).

Vous êtes Marianiste. Quel est le rôle de Marie ?

Père Raymond Halter : Oui je crois que ma vie est toute proche de celui qui A fait de Marie la reine. Elle est reine mais je crois profondément qu’elle est reine de miséricorde, parce qu’elle met tout son amour maternel au service des petits. Et combien, dans cette clinique où je suis, je l’appelle auprès du lit de tant de malheureux.

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QUESTION : Précisément, il y avait peut-être un ministère à exercer justement autour de ceux qui sont malades ?
Père Raymond Halter : Peut-être. L’avenir me le dira. Souvent la volonté de Dieu, on la connait après.

QUESTION : Quand on est par son ministère beaucoup au contact avec les malades, n’est-ce pas précieux de connaître de l’intérieur l’épreuve de la maladie ?
Père Raymond Halter : Bien sûr. C’est trop facile de parler de la souffrance des autres quand soi-même, on n’a pas traversé la souffrance. Et je remercie le Seigneur de me mettre ainsi pendant quelques jours dans ce cheminement avec lui dans la souffrance.

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QUESTION : Quand cela est arrivé, vous étiez en plein ministère en Afrique. Vous avez vu des choses assez extraordinaires ?

Père Raymond Halter : Et même plus précisément au Zaïre. J’avais été invité par le comité de Kinshasa pour le renouveau dans l’Esprit Saint. J’avais un ordre de mission par mes Supérieurs. Le premier but était de former les animateurs des groupes de prière, et de former au discernement. C’est important car un groupe de prière tel que je les ai vus à Kinshasa, ce sont des groupes de 1000 à 1500 personnes. Donc la formation des animateurs est très importante. Pourquoi ? Le Zaïre est une très belle chrétienté mais, après l’indépendance, il y a eu une multiplication de sectes de toutes natures qui ont déferlé sur ce pays.

C’étaient les sectes ésotériques du style Rose-Croix, Fraternité blanche Universelle, qui utilisent ce langage Gnostique pour attirer les chrétiens. Il y a un vocabulaire chrétien avec des idées qui n’ont rien à voir avec la Révélation chrétienne. Il y avait des sectes orientales : les brahmanes, les sakaïs.

C’étaient les prédicateurs indépendants qui arrivaient de France, des USA, de Corée, d’Asie et qui venaient dire au Chrétien que leur baptême ne valait rie, qu’il fallait qu’ils se fassent baptiser par immersion, que leur dévotion à Marie était de l’idolâtrie, qu’il fallait qu’ils reçoivent des prières de délivrance.

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J’avais cette image qui me venait des vols d’éperviers arrivant de partout avec des voix de sirènes pour essayer de disperser et d’affoler la bergerie du Seigneur. Et je dis voix de sirène parce que l’Africain est l’homme de la parole. Il aime parler, pas simplement ceux qui ont de grandes responsabilités, mais tout le monde. Quand ils parlent, il y a le geste, le regard, la vois, le ton de l’orateur. Ils savent ce que c’est que parler et ils aiment ceux qui parlent, mais pas toujours avec discernement.

Et ils peuvent se laisser entrainer ainsi par n’importe qui a une parole forte et vibrante. Et donc, c’était pour cela au départ que le Comité Diocésain de Kinshasa m’a demandé de venir aider les animateurs à avoir des points de repères précis au niveau du discernement : par rapport à la parole de Dieu, à l’Église, au devoir d’état, aux fruits de l’Esprit dans la vie des soi-disant prophètes.

C’est un travail que j’ai accompli à Kinshasa, à Galanga, à Kigouite. Et chaque fois, vraiment, j’ai eu en face et en présence des animateurs, des chrétiens responsables qui ont participé avec quelle ferveur à cet enseignement.

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QUESTION : Père Raymond Halter, au Zaïre, nous parlions de ce retour un peu plus rapide à cause de cet accident. Mais cette ferveur, cette attente par rapport à cet enseignement dont vous étiez le messager, correspond à cette soif, à cet émerveillement de la chrétienté africaine ?

Père Raymond Halter : Oui. J’ai trouvé là-bas une soif de Dieu, une soif de connaissance. J’ai trouvé des chrétiens qui vraiment cherchent à se prendre eux-mêmes en main, bien sûr avec le Seigneur. Je me souviens de cette rencontre avec Mgr Bakolé, un grand évêque, l’évêque de Kalanga dans le Kasaï occidental. C’est un grand spirituel et un constructeur de route et de ponts. Lorsque, avec la petite équipe qui m’accompagnait, nous sommes allés le rencontré, il m’a dit : « Mon Père, je ne demande pas au Renouveau de venir nous apporter du Renouveau.

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Nous sommes la première génération d’Africain dans ce Diocèse. Notre diocèse fêtera son centenaire le 8 décembre 1992. Ce que je demande au Renouveau, c’est de nous faire franchir un pas nouveau, celui de l’intériorité, une religion qui soit basée sur des convictions personnelles et qui retrouve le sens du spirituel et cela au coeur de la vie.

Ce que je demande au Renouveau, c’est de nous aider à faire d’authentiques zaïrois chrétiens ». J’ai beaucoup aimé cette réflexion de l’évêque car c’est cela que j’ai trouvé au coeur des laïcs qui étaient dans le Renouveau. Et c’est pourquoi j’ai rencontré une telle ferveur, une telle attente dans ces séminaires que j’ai donnés pour les animateurs sur la prière et la Parole de Dieu. A Kinshasa, le groupe de Lemba fonde une école pour l’éducation chrétienne des enfants laissés dans la rue. A tel autre endroit, tout un groupe du Renouveau a pris en main la transformation du Soja en lait de Soja pour que les mamans et les enfants aient des protéines dans un pays où il n’y a pas de lait.

Vous saisissez cette unité que je trouvais chez eux entre un engagement dans la prière au service de Jésus et un engagement au service des frères. Nous parfois, sur ce plan, nous avons l’impression que nous avons des combats d’arrière-garde. Pour eux, l’unité de la personne humaine va de soi. C’est dans leur conception de l’homme et de la foi et je dirais avec raison que c’est ce que nous donne la Bible.

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QUESTION : Ce qui est frappant c’est que tout-à-l’heure vous avez prononcé un chiffre
étonnant du nombre des participants qui venaient au groupe de prière. Il faut préciser que pour eux, c’était un jour comme les autres. Vous n’étiez pas annoncé ?

Père Raymond Halter : Non. Ils n’avaient pas voulu m’annoncer pour qu’il n’y ait pas d’afflux ce soir-là. J’ai pu voir les groupes de prière tels qu’ils se réunissaient le mardi soir ou le mercredi soir. Une des églises était trop petite car on ne se réunit pas dans une salle mais dans l’église. Et dans l’église, je l’ai vu chaque fois trop juste pour contenir la foule qui était là pour prier.

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QUESTION : Alors tout à l’heure vous avez évoqué ceux qui prenaient en charge des engagements pour le développement du pays.

C’est aussi le signe d’une prière authentique justement car elle doit renvoyer à l’action ?

Père Raymond Halter : Bien sûr. C’est nous européens qui avons découpé ainsi la vie chrétienne en tranches de saucisson. Mais, dans la réalité, c’est l’unité de la personne humaine. Comment voulez-vous que lorsque j’agis, je sois séparé de la dimension spirituelle de mon être ? Quelle que soit l’action que j’accomplis, je suis tout entier. Si mon coeur est mauvais, quelque chose passera dans l’action. Si mon coeur a été purifié par la prière, s’il est en harmonie avec Dieu, quelque chose passera dans l’action. Combien c’est important et pas seulement pour des prêtres, des religieux, mais tout laïc au coeur de son travail, le fera dans la Présence de Dieu.

Je parlais de cette petite communauté de Kinshasa. Mais ils se retrouvent chaque matin pour prendre un temps de louange et d’adoration avant de partir au travail et le travail commence très tôt, dès 7 heures du matin. Le sens de cette unité (action prière). Ils sont inséparables. Et lorsque nous avons réalisé cette unité, nous ne nous posons même plus la question? Tant que nous nous posons la question, c’est que nous ne la vivons pas.

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QUESTION : Alors en Afrique et au Zaïre plus spécifiquement, vous avez vu des choses étonnantes et pas seulement cette prière enthousiaste, vous avez des guérisons assez
étonnantes.
Père Raymond Halter : Oui, car il y a un deuxième aspect de la mission que m’avait confié le comité Diocésain du Renouveau à Kinshasa. C’était, dans les endroits où il y avait des sessions de discernements, de célébrer une eucharistie pour les malades. Et vraiment, je le faisais avec beaucoup de joie car je voyais tant de souffrances physiques dans ce pays, et en général je choisissais les quartiers les plus pauvres parce que je n’avais pas de technique à leur apporter. Je n’avais pas d’argent à leur apporter. Mais ce que j’avais, moi prêtre, c’est Jésus Christ et Jésus eucharistie.

Et comme je suis heureux dans chacun de ces endroits où je suis passé, de célébrer cette eucharistie au milieu des malades. Mais la première chose qui m’a frappé, c’est la qualité de la louange qui montait de toutes ces foules. Car à chacune de ces eucharisties, c’étaient des foules de 5000, 6000, 10000 personnes, des foules énormes.

Nous ne pouvions pas célébrer dans des églises. Nous célébrions dans des espaces autours de ces églises. C’est vrai que tout homme a été créé pour louer Dieu dit saint Ignace. Mais j’ai ce sentiment que Dieu a créé le peuple d’Afrique pour une qualité toute particulière de louange.

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Ce n’est pas simplement la louange qui monte avec les chants. On sent bien à cette lumière qu’il y a sur les visages, cette joie, que c’est du coeur que monte la louange vers Dieu. Et cette louange passe à travers les gestes, elle passe à travers les danses. Vous n’avez aucune idée de ce qu’est une foule de 6000 personnes de tous les âges, de toutes les conditions, dansant sa joie à Dieu, dansant la gloire de Dieu. L’image la plus belle qui me revient, c’est la 2° célébration dans le Kasaï oriental : Ah ! Quelle beauté de ces danses ! On m’a dit que c’était un peuple réputé pour la qualité de ses danses.

Je voyais les petits enfants de 4 ans qui dansaient et pas seulement les adolescents et les adultes, mais aussi les pépés et les mémés. Il fallait voir cette joie et cette beauté de la louange qui montait vers Dieu. Je disais au curé de la cathédrale : « Regardez comme c’est beau le peuple de Dieu quand il chante la louange de son Dieu ». Donc je ne suis pas étonné des résultats qui suivaient. Je célébrais l’eucharistie comme je la célèbre tous les jours. Je faisais une petite homélie retraduite dans la langue du pays pour rappeler la grandeur de l’amour et de la miséricorde de Dieu et l’appel au repentir et à la conversion.

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QUESTION : Tout-à-l’heure nous évoquions ces si nombreuses guérisons et cela au cours d’eucharisties que vous célébriez normalement et cet appel à la réconciliation et à la conversion et ces exemples tous simple de l’amour de Dieu. Ce ne sont pas des choses extraordinaires mais c’est l’eucharistie qui a ce pouvoir extraordinaire de guérison ?

Père Raymond Halter : Je garde ce souvenir de la gloire de l’eucharistie. Car après l’homélie, je faisais une prière qui est une sorte de méditation au pied de la croix sur toutes les souffrances du Christ durant sa passion et je lui apportais tous les malades de l’assemblée et qui répondaient à ces souffrances puisque Jésus a pris sur lui nous maladies et nos infirmités et que c’est par ses douleurs que nous sommes guéris. Et la messe continuait, l‘eucharistie. Or, je le dis parce que c’était la première fois que cela m’arrivait avec une telle ampleur : il y a beaucoup d’eucharistie où je n’ai pas pu dire de paroles de connaissances !

A partir de l’offertoire, le Seigneur commençait à guérir. C’étaient des mouvements divers qu’il y avait dans une partie de l’assistance puis dans une autre. On sentait ce passage de l’amour du Christ.

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C’était presque tangible et cela se voyait. Les béquilles circulaient au-dessus des têtes car les gens n’en avaient plus besoin, ainsi que les chariots roulant. A la fin de l’eucharistie, il y avait un tas de béquilles, de chariots et même de prothèses. Je n’avais jamais vu autant de guérison dans une célébration de l’eucharistie. Ce chiffre peut vous étonner car nous, européens, nous sommes tellement rationalistes, mais c’étaient une centaine de guérison à chaque eucharistie.

Et cela commençait pendant l’eucharistie mais cela continuait toute la soirée et cela continuait dans la nuit. Et les gens qui étaient chargés du bureau de constatation, c’est le lendemain qu’ils avaient le plus de remontées. Je pense à ces parents qui s’en retournaient chez eux avec un enfant aveugle de naissance (un jumeau). Ils étaient un peu déçus de n’avoir rien reçu et ce fut sur le bord de la route en arrivant chez eux que les yeux de l’enfant se sont ouverts ! Et vous voyez tout l’attroupement des voisins qui se mettent à chanter la gloire de Dieu. C’est vrai que j’ai vu des choses étonnantes. Je n’avais jamais vu autant de paralysés marcher, autant d’aveugles voir, autant de cancéreux se remettre debout.

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QUESTION : Dans l’évangile, le Seigneur dit que ceux qui auront la foi feront de tels
miracles et de plus grands encore. N’est-ce pas parce qu’il y a cette foi à l’état brut qu’il y a cette possibilité de passage du Seigneur ?

Père Raymond Halter : Oui, mais surtout Jésus est là ! Jésus eucharistie c’est Jésus au présent. Je ne peux pas dire que j’ai vu sous mes yeux ce qu’il se passait dans l’évangile. C’est tous les jours le jour de Jésus. C’est tous les jours qu’il est le même. Je me rappelle la réflexion de mon chauffeur à la suite de ce qu’il s’était passé à l’église de Kalanga : « Après ce que j’ai vu, je ne pourrai plus aller à la messe comme avant ! ».

Quelques beaux exemples tout de même qui montrent que l’amour de Dieu est extraordinaire: il y a eu tellement de choses qui se sont passés. C’était à Kikouit. Cette maman qui vient avec son enfant qui était aveugle de naissance et voyait simplement la différence entre le jour et la nuit. Il venait de retrouver la vue.

Le bureau de constatation a fait passer toutes sortes de teste à l’enfant. Et c’était indubitable : cet enfant avait retrouvé la vue. Cette vieille maman de 50 ans aveugle depuis 5 ans qui brusquement aussi retrouve la vue. Elle se met à danser de joie au point que ses voisines se demandaient ce qu’il se passait.

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Ce garçon de 15 ans qui avait une hanche et un genou bloqué et un pied-bot. Et là, sous les yeux de tous les gens, sa jambe redevient normale ainsi que son pied. Cette petite histoire très belle : une maman est venue avec sa petite fille de 4 ans paralysée depuis sa naissance. Elle la tenait dans ses bras et pendant la prière, l’enfant se met à remuer.

La maman ne pouvant pas continuer sa prière pose l’enfant par terre à ses pieds et se remet à prier en fermant les yeux. Un moment après quand elle ouvre les yeux, sa petite fille était en train de trotter sur le terre-plein devant l’autel. Cette autre scène émouvante également à Mokasa. Je crois que Mokasa est un des quartiers les plus
pauvres de Kikouit et je l’avais choisi pour cela. Je crois que dans aucun lieu je n’ai vu autant la miséricorde du Seigneur aussi Sensible, mais aussi la miséricorde de Marie passer sur ce peuple. Il y avait là un couple d’aveugles et après la communion, tous les deux ont retrouvé la vue et se sont vus.

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Que c’était beau, que c’était beau. L’amour de Dieu est intarissable. Et vraiment à ce moment-là, bien sûr, j’étais dans l’émerveillement, dans la joie de tout ce que Jésus eucharistie pouvait faire au milieu de son peuple. J’étais dans la joie de voir la joie du peuple. Mais je pensais aussi à une sorte d’anticipation : « Voici dit Dieu que je viens essuyer toutes les larmes des yeux. Il n’y aura plus de cris. Voici, je viens faire toutes choses nouvelles ».

QUESTION : Alors après quelques exemples de ce que vous avez vu, j’allais dire que de n’est pas un hasard, vous êtes tombé dans un trou et vous vous êtes retrouvé avec une jambe cassée. Cela aurait pu être plus grave. Est-ce que cela n’a pas été un très grand scandale pour ces gens simples que celui qui était l’intermédiaire de Dieu se retrouve ainsi frappé. C’est un peu un vendredi saint cela ?

Père Raymond Halter : La première réaction de cette foule qui est très belle, c’est qu’ils l’ont su, dès le lendemain matin, la cathédrale était remplie d’une foule immense qui venait prier pour moi. Ils avaient vu ce que le Seigneur était capable de faire. Mais, à leur grand étonnement, le Seigneur continuait de guérir dans la foule mais il ne faisait rien pour son messager, apparemment.

Moi-même, au départ, j’ai pensé au mystère de la compassion car compassion pour Dieu n’est pas un pieu sentiment. Elle est un engagement au service de la souffrance, au service du malade. Elle a fait que Jésus est allé sur la croix. Et je pensais que j’avais vu tant de paralysés se mettre à marcher mais je voyais encore tant de paralysés qui ne marchaient pas, que le Seigneur me demandait de participer un peu pour ma part à la souffrance de ces enfants. Mais je crois que c’est l’évêque que Kikouit (le saint évêque de Kikouit) il a vraiment cette réputation de sainteté, c’est lui qui m’a aidé à voir un peu plus long.

Dès qu’il est rentré et qu’il a appris l’accident, il est venu me voir dans ma chambre dès 7 heures du matin. Nous avons prié longuement ensemble, nous avons parlé »ensemble, nous avons essayé de discerner ce que le Seigneur voulait à travers cela. Et le dimanche suivant, il a fait une homélie dans sa cathédrale sur le thème : « Dieu n’a pas épargné son Fils bien-aimé ».

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Et j’ai compris un peu plus quelque chose que l’on appelle le scandale de la croix. Jésus Christ, personne n’a aimé comme lui, personne n’a fait du bien comme lui, personne n’a guéri comme lui et voilà que les hommes l’ont torturé sur la croix. Et il y avait là dans la foule des gens qui pointaient Jésus sur la croix et disaient :Toi qui en as sauvé tant, sauve-toi toi-même, descend de la croix et nous croirons en toi ».

Et Dieu apparemment, n’a rien fait pour son Fils bien-aimé car Dieu savait
que c’est par les souffrances, par le sang versé par la mort de son Fils bien-aimé que
s’accomplirait la grande réconciliation, que s’accomplirait le Royaume de Dieu, que viendrait le pardon. Et Monseigneur Mununi, l’évêque de Kikouit concluait : « Eh bien, ce qui est arrivé au Père Halter, car vous avez vu tout ce qu’il s’est passé dans ces deux jours, est la preuve qu’il n’est pas venu parmi nous pour accomplir des actions extraordinaires.

Il est au milieu de nous et il souffre au milieu de nous pour le salut de nos âmes ». Quand soeur Marthe (qui faisait partie de notre équipe) est venue me rapporter l’homélie de Monseigneur Mununi, j’ai eu un sursaut car au jour de mon ordination sacerdotale, j’avais fait cette prière au Seigneur : « Seigneur fais que je ne sois jamais un prêtre employé d’une institution, jamais le technicien d’une organisation, jamais un constructeur de bâtiments, jamais le fonctionnaire de n’importe quelle oeuvre. Je te demande une seule grâce Seigneur : Être prêtre avec toi pour le salut des âmes ».

Quelques jours auparavant à Kinshasa, j’avais joyeusement fêté le 30° anniversaire de mon ordination? 30 ans plus tard, par la bouche de son évêque, Jésus me disait qu’il avait bien entendu ma prière : « Prêtre pour le salut des âmes ». Tout ce qui m’était arrivé avait un sens.

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QUESTION : Alors est-ce que vous voulez, en guise de conclusion, dire la prière finale, Père Raymond Halter ?

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Père Raymond Halter :

Prière finale:
Seigneur Jésus, Je te bénis et je te loue car tu es toujours présent au milieu de nous par
l’eucharistie et je t’adore dans toutes les eucharisties qui se célèbrent maintenant dans le monde.
Seigneur Jésus, je te bénie et je te loue car tu m’as montré la gloire de ton eucharistie à travers toutes les guérisons que tu as accomplies. C’est vrai que les aveugles voient, que les paralysés se remettent debout.

Seigneur Jésus, Je te bénis et je te loue de me faire participer à tes souffrances pour
m’identifier à toi. Mais tu connais ma faiblesse. Donne-moi le courage avec toi de ne jamais me plaindre mais de rester toujours dans l’amour et dans la paix. Et puisque tu m’as placé ici au coeur d’une clinique, je t’apporte Seigneur tous les malades qu’il y a dans cette clinique. Je t’apporte les médecins, les chirurgiens, les infirmières, les aides-soignantes, tout le personnel.

Je te bénis pour leur compétence, pour leur gentillesse. Et je te demande de les bénir ainsi que leurs familles de ton esprit d’amour et de paix. Je te prie tout particulièrement pour ceux qui ne comprennent pas le sens de leur souffrance.

Pour ceux qui vivent leur souffrance dans l’aigreur et dans l’amertume et surtout pour ceux qui les vivent dans la révolte contre toi alors que toi, tu as tout pris sur toi. Seigneur je te demande pour eux la lumière de ton Esprit Saint. Donne leur de comprendre que la souffrance vécue avec toi, remplie d’Esprit Saint, est la plus formidable explosion d’amour qui peut encore changer quelque chose à notre monde.

Seigneur Jésus, Je te bénis et je te loue toi qui fais tressaillir nos coeurs de la bienheureuse espérance.

Et toi Marie, Marie-Reine, Marie maman chérie ! Jésus nous a tous confiés à ta sollicitude maternelle, à ta prière. Je te confie aujourd’hui ceux qui souffrent le plus mais je te demande aussi cette grâce de pouvoir dire oui avec toi à toutes les exigences de l’amour.

MARIE-mother-of-god
Amen.


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PDF: PERE HALTER-RH Ségatasha.mp3 – copie


 

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A propos Myriamir

''LA PEUR NE VIENT PAS DE DIEU '' *Messages-Prophéties-Par les Saints et les Prophètes* *En cette Fin des Temps-Jésus et Marie parlent à leurs Enfants ! https://myriamir.wordpress.com/
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